Valorisation tonne de carbone ou de CO2?

Une question au sujet du « prix du carbone qui bat des records ». On a atteint 50€ / tonne récemment : s’agit-il de la tonne de carbone? Ou de CO2 (le rapport entre les 2 est de 3,7 : 44 pour le CO2 (16*2+12), 12 pour le carbone.
Je pensais qu’il s’agissait du CO2 mais je suis en train de lire un rapport qui parle de 90€ / tonne de CO2 en 2020…

On parle du CO2 ou d’équivalent CO2, ton autre rapport doit parler d’autre chose je pense.

Bonjour, à 90€/t c’est proche de la tonne captée - liquéfiée sur le marché en qualité industrielle sur la région parisienne… Si tu as de l’historique, c’est facile à vérifier : tous les ans, à l’approche de l’été le marché se tend et le prix monte jusqu’à 140€/t à mi juillet si l’été est chaud (grosse demande de l’agroalimentaire, serristes, boissons, etc)
Au creux de novembre ça descend vers 60.
Il y a généralement une corrélation directe avec la luminosité, décallée d’une dizaine de jours (du fait des stocks de LCO2)

@Fab merci pour ces éléments, je découvre complètement ce sujet… il y a un marché de la tonne de CO2 captée et liquéfiée ? Dans l’atmosphère? Ou en sortie d’usine?
Du coup le prix de 90€ que j’ai vu passer n’a rien à voir avec un prix du carbone ayant pour but de faire baisser les émissions, mais plutôt à un « produit industriel » ? En quelque sorte les prix s’ajouteraient : un industriel économise 50€ / tonne en mettant un dispositif de capture de CO2 sur son usine, et en plus il gagne 90€ / tonne en le revendant sur le marché? Et on est toujours en CO2, pas C?

@Arnaud Le coca et la perrier, c’est pas la marmotte qui leur met les bulles dedans :rofl:
Pareil, pour faire pousser les concombres et la salade hors sol, la glace sèche pour conserver la bouffe dans les avions, pour tamponner le pH des stations d’épuration, tout ça marche au CO2, soit juste capté soit capté, purifié (pour l’alimentaire en particulier), liquéfié (pour le transport)… La conso française est autour de de 500kT/an en liquide, le triple si on inclut le capté simple.

Pour la partie économique, c’est plus compliqué, déjà il faut que le CO2 de l’industriel soit de bonne qualité, c’est à dire le plus chargé possible en CO2, exempt d’impuretés dangereuses, etc… Le gazier va lui acheter son flux par un contrat OTF (over the fence) puis le processer pour son utilisation. C’est ce dernier qui vendra 90€/t. L’industriel lui n’aura pas à payer son émission mais ensuite c’est très variable, de presque rien à pas tant que ça selon qu’il met à dispo le terrain pour le process gazier, qu’il l’exploite pour le compte du gazier, qu’il consomme lui même une partie du produit… Y’a pas deux contrats identiques.

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Merci pour ces explications. Tu as une idée des volumes annuels? Au niveau du procédé de capture je comprends qu’il y a différentes choses? Le plus simple n’est pas par exemple en sortie de centrale à gaz ou charbon?

Oulà, surtout pas, le charbon c’est plein de mercure et autres furanes… Et puis de toute façon on n’en a plus tellement en Europe (ou alors en pointe)
On est plutôt piqués sur des procédés fermentation (éthanol, méthaniseur) ou bien Fisher tropsh (production d’ammoniac), Delta (oxyde d’étylène) voire reformeur de méthane (dans la théorie, il ne sort que CO+H2, en pratique il y a + de 10% CO2, que l’on sépare assez aisément aux amines)
Pour les volumes j’ai indiqué celà plus haut, environ 500kT liquides, 1,5GT au total, sur de chiffres un peu anciens de l’EIGA. Mais sur d’autres pays comme les Pays-Bas c’est bien plus et il y a des hérésies, comme des serres chauffées au diesel ou au gaz avec des aérothermes pour enrichir l’atmo en CO2… Tout ça pour faire des tomates à exporter au Qatar…

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Petit message du bon Janco, une idée d’où sort ce x100 nécessaire ?

Pas compris la différence entre 500.000 et… 1,5 milliards!?
500.000 tonnes de CO2, à l’échelle de la France c’est un peu plus d’un millième de ce qu’on émet… donc ça ne semble pas en mesure d’avoir un impact sur les émissions globales.

Ah j’ai pas dit que ça avait un impact, je dis juste ce qui est capté et objet d’une transaction financière.

Les 500 000t sont du LCO2, du CO2 liquéfié (donc purifié), tandisque les 1 500 000t sont le total du CO2, gazeux et liquide, qui a été objet d’une transaction financière sur une année, sur le périmètre France.

Ok merci.
Quand tu dis « total du CO2, gazeux et liquide », tu veux dire non purifié? Parce que si je me souviens bien de mes cours de physique, la masse reste constante que ce soit solide liquide ou gazeux :slight_smile:

C’est tout à fait correct pour la masse, comme je l’indiquais celà reflète plus le fait qu’une partie des volumes sont traités/purifiés/liquéfiés tandisque les volumes gazeux sont généralement du transit simple, donc brut. Le cas classique c’est la fonction « production d’eau chaude » sous traitée qui avec une reprise de fumées avec un débimètre qui sert à facturer un volume extrapolé de CO2.
C’est la magie des contrats « OTF » (over the fence, par dessus la clôture) où on peut saucissoner un process en X unités qui se revendent les flux les unes les autres.