Une transparence des émisions des produits concurrentiels? Une utopie?

Qui est capable aujourd’hui de faire des choix économiques écologiques?

Peut-être ceux qui ont l’information et ont accès aux produits les plus écologiques. Qu’est-ce que cela représente? 1% de la population? Moins? 0,01% de la population? Mon impression: il faut avoir fait l’équivalent d’une thèse sur le sujet pour savoir quoi acheter.

Qu’arriverait-il si les émissions des produits devenaient transparentes?

  • Ne pensez-vous pas que les gens pourraient plus facilement faire des choix éco-responsables et que cela favoriseraient les produits à plus basses empreintes?
  • Ne pensez-vous pas que les politiciens pourraient faire des choix de subventionnement/taxation plus judicieux?
  • Ne pensez-vous pas que les enseignants seraient capable d’aiguiller leurs élèves beaucoup plus facilement?
  • Ne pensez-vous pas qu’une telle transparence permettrait une compétition pour atteindre des émissions plus faibles? Un cercle vertueux?

Une utopie? Peut-être, mais je ne crois pas.

Vous trouverez sous ce lien une présentation qui propose un plan européen pour atteindre une telle transparence.
La proposition en très très court: il s’agit d’un plan itératif réparti sur 5 à 10 ans au cours desquels il est requis d’abord que les émissions des produits d’abord de grandes consommations soient rendus transparentes (par exemple les produits avec un chiffre d’affaire supérieurs à 1 milliard d’€ pour une entreprise), l’année d’après tous les produits ayant un chiffre d’affaire un peu moins élevé, (par exemple un CA de plus de 100M€ - notez que cela comprend ceux de plus d’1 G€, qui font évoluer le calcul de leurs émissions sur base des autres produits rendus publiques l’an passé, processus itératif) et ainsi de suite jusqu’à ce que les émissions de tous les produits soient rendus transparentes et que tous les acteurs puissent tenir compte des emissions de tous leurs fournisseurs qu’ils soient grands ou petit.

C’est bien entendu une simple idée… à améliorer donc! mais je crois personnellement qu’atteindre cette transparence n’est pas infaisable.

Qu’en dites-vous?

Seriez-vous également favorable à la création d’un groupe de travail sur ce sujet?

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Je ne vois pas d’obstacle majeur à indiquer les émissions de CO2 estimées par type de produit ; en revanche, sans comptabilité carbone à la source (donc pour le moment en Chine, et de manière générale sur toute la chaîne de production et de logistique), c’est difficile d’évaluer les émissions associées de façon précise et de faire la distinction entre plusieurs produits de même catégorie.

Pour ce que tu proposes, en fonction du chiffre d’affaires d’un produit, les entreprises vont facilement décliner un produit pour le faire considérer comme nouveau parce que version améliorée ou autre, pour éviter de devoir ajouter une étape à leur chaîne de valeur, surtout si le résultat est un risque de non-ventes.

Mais sur la nécessité et l’utilité d’une telle transparence, oui, oui, et reoui ! Difficile à mettre en oeuvre par contre…

Il y a des choses qui commence à bouger côté européen :

@YoannG et @ds.laetitia merci pour vos réponses.

@ds.laetitia en effet tout à fait d’accord la faisabilité est clairement à évaluer. Après ce n’est qu’une proposition. Je pense personnellement qu’on pourrait améliorer et de loin la transparence et que c’est nécessaire pour avancer. Si on est d’accord là-dessus, c’est déjà top, pour les détails, Je ne crois pas qu’on puisse régler ceci dans un forum, la question pour moi, c’est: pourrait-on créer un groupe de travail sur le sujet ? Y serais-tu favorable ? Sais-tu comment cela peut être initié ?

@YoannG oui et c’est certainement une avancée, mais je pense aussi que ça risque d’empirer partiellement les choses: par exemple : le système des carbon allowances ne s’applique qu’à 40% des émissions. Il ne devrait viser que le b-to-b et les gros montants, ne penses tu pas que cela favorisera le modèle aliexpress où les utilisateurs finaux achètent directement chez le producteur ? (Pour une livraison avec emballage surdimensionné par avion avec une logistique pas du tout optimisée contrairement au modèle classique de livraison par intermédiaires et grossistes). Je penses aussi que l’utilisation de benchmarks et l’absence de tenue en compte des émissions de livraisons ne sont pas adéquates. Dans ce modèle, pour prendre un simple exemple, on considérerait que des kiwis produits en nouvelle Zélande ou en Italie ont la même empreinte… est-ce que c’est correct? Est ce que ça favorise une amélioration ? Je ne penses pas… Et finalement, cela se fait sans aucune transparence! Transparence et transmission de l’information au cours de la chaîne d’approvisionnement qui est à mes yeux la base d’un cercle vertueux.
Sinon que penses-tu du besoin de transparence ? Serais-tu favorable à la création d’un groupe de travail sur le sujet ? Sais-tu comment cela peut être initié ?

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La transparence implique beaucoup d’acteurs, j’ai vraiment du mal à imaginer comment obtenir ça…

Pour la création d’un groupe de travail, je ne pourrai pas en faire partie, mais il y a plusieurs options :

  • projet autonome, les Shifters s’arrangent entre eux, et par la suite il y aura un cadrage prévu pour coordonner les projets et que ce qui est en cours soit listé quelque part + une procédure pour validation par le CA pour estampiller le résultat « Shifters »
  • cercle thématique, qui regroupe des Shifters intéressés par une thématique (minimum 10) pas trop restreinte ni trop large, au sein duquel peuvent se développer plusieurs travaux, des réunions, mensuelles, etc.

Il est toujours possible de créer un groupe de travail « hors Shifters » avec les Shifters comme point de rencontre, auquel cas c’est l’autonomie totale.

Bonsoir Arnaud,

La transparence est certainement une des clés pour s’en sortir, et aujourd’hui, clairement on est loin du compte.
« Measure what matters » Les organisations n’agissent que sur ce qui est mesuré et rapporté de manière consistante. L’idéal serait d’harmonisé tout cela comme pour le reporting financier.

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Merci pour ta réponse.

Perso, quand je pense à ce que l’Europe a fait sur les produis chimiques avec REACH, je suis convaincu que c’est possible (avant : tous les produits étaient autorisés à moins d’avoir une interdiction spécifique, après : les produits sont interdits à moins qu’ils n’aient été enregistrés (et testés). C’est un énorme bouleversement, toute l’industrie chimique s’y est collé et c’était pour beaucoup inimaginable!).

Quelles options mèneraient à passer par un appel à volontaires? Je crois que pour faire un tel projet, il faudrait des profils experts sur les aspects réglementaires européens, sur les empreintes carbone… comment passer un tel appel à volontaires? Pour moi faire un appel à volontaires pour participer d’abord à une session de brainstorming sur « Comment améliorer la transparence des empreintes carbone des produits? » serait déjà une belle étape. Sur base des résultats on pourrait voir si la création d’un groupe de travail aurait du sens.

Je trouve que c’est une excellente proposition, qui devrait se traduire par une mission Shifters !
Créer la visibilité autour des émissions de CO2 est vraiment un premier pas nécessaire.
En pratique, l’application Yuka - qui référencie la qualité nutritionnelle (et dans une certaine mesure environnementale - huile de palme-) est une piste à suivre, qui permettrait de scanner des produits (ou des services) et comptabiliser son bilan carbone.
Il y aurait des synergies utiles avec Carbone4 (et sans doute d’autes).
Mission ambitieuse certes, mais qui permettrait de dégrossir une partie du chemin.

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Pour continuer à suivre ce qui se dessine pour l’UE : les imports d’acier, ciment, aluminium, fertilisant et électricité vont être soumis à une taxe carbone. Ce sera pleinement mis en place en janvier 2026 (période de transition simplifiée jusque là).

Bon, c’est limité aux matière premières et c’est dans longtemps mais c’est déjà un pas dans la bonne direction et ce pas là semble avoir des conséquences politiques et diplomatiques déjà énormes.
Donc d’ici à ce qu’on puisse passer à des produits finis avec une transparence complète, c’est pas gagné.
Mais ça aura au moins le bénéfice de montrer qu’on est capable de faire des calculs d’empreintes carbone simples et de les taxer.

Oulà, en fait je connais pas vraiment le sujet, j’essaie de m’y intéresser mais je manque un peu de temps pour aller voir en détail. Par contre, si tu as des documents simples qui explique le fonctionnement des carbon allowances et ce que ça implique comme problèmes, je suis preneur.

:+1:

Personnellement, je sais que je n’aurai pas le temps sur ce sujet, mais c’est une bonne idée.
Attention tout de même à bien définir quel est l’objectif et l’ambition du groupe de travail.
En effet, c’est un sujet ultra complexe qui se décide d’abord à l’échelle Européenne combiné avec toutes les contraintes qu’implique l’OMC, donc très technique et avec de la politique commerciale high level.
Donc pas de facile de voir comment avoir une quelconque impacte sur ce sujet sans être déjà une grosse ONG international avec des liens à Bruxelles, le Shift a-t-il pour l’objet de travailler aussi à l’échelle Européenne ?
Définir une méthodologie sur le sujet de la transparence des empreintes carbones serait sans doute parfait mais le sujet est bien de savoir quoi en faire ensuite et comment la diffuser là où il faut, donc de bien définir l’échelle d’action et de calibrer le contenue et l’ambition du travail en fonction.

Exactement ! Je vois ça comme ça aussi !

Bonjour François,

Merci pour ton enthousiasme!

La transparence à laquelle je pensais est plus une transparence complète au même titre que le prix d’un produit. Comme mentionné, personnellement, je pense que les produits concurrentiels doivent être différenciés en fonction de leur empreinte respectives. Je pense donc qu’on fait mieux de ne pas se baser sur les Database de carbon footprint qui sont remise clairement en question dans la littérature

(je me demande quelle est la position de carbon4 sur le sujet)

Ta proposition d’app reste très intéressante et est certainement un autre volet sur lequel il pourrait être intéressant de travailler. à voir lors d’un brainstorming comment l’exploiter. (Par exemple voir si nous ne pourrions pas faire un projet avec Yuka pour qu’on puisse les aider à le faire / ils puissent nous aider à le faire avec l’aide probablement de carbon4 en effet :slight_smile: ).

J’espère que nous pourrons lancer une mission shifters! Si tu sais comment lancer une mission, ton aide me serait précieuse ! :slight_smile:

Merci Yoann de supporter le lancement d’une telle mission!
Malheureusement je n’ai pas de documentation simple sur la politique des carbon allowances. Je ne suis pas un expert non plus mais j’ai pas mal lu. J’ai mis mes conclusions dans https://1drv.ms/w/s!Anpv0vy0igfkiAKWBhncdm-by69D

Comme indiqué à Laëtitia, je souhaiterais faire appel à des volontaires pour participer dans un premier temps à un brainstorming pour définir les contours du projet et se mettre d’accord sur les objectifs pour finalement former un groupe de travail.
Peux-tu m’aider pour trouver quelles options mèneraient à passer par un appel à volontaires? Je crois qu’en effet c’est un sujet complexe et qu’il faudrait des profils experts sur les aspects réglementaires européens(+OMC), sur les empreintes carbone… comment passer un tel appel à volontaires?

Je suis conscient que le shift n’a probablement pas les ressources au niveau lobby pour faire passer ça. Mais si on a étudié le sujet, on pourrait convaincre des ONG du bien fondé d’une telle proposition et les faire participer au lobby. Je pense que le shift avec sa rigueur, son grand nombre et ces expertises variées est une structure adéquate pour étudier la question.