Toilette sèche versus toilette classique

Je suis en train de m’interroger sur les toilettes sèches. Ayant 2 toilettes dans la maison, je pensais remplacer la toilette du RDC par une toilette sèche.
Objectifs :

  • Réduction de la consommation de l’eau.
  • Réduction de mes déchets.
  • Fabrication de compost pour le jardin. J’utilise déjà l’urine humaine et voudrait aller plus loin.

Bien évidement, toutes les vidéos du net disent que c’est fantastique, sans odeurs, sans contraintes … Ces vidéos sont des actes militants et ne peuvent donc pas être négatives. :slight_smile:

Je recherche donc des avis différents et notamment de personnes plutôt de la « ville », sous-entendu pas trop habitué à la « rusticité ». :slight_smile: Je n’ai aucun doute que cela me conviendra mais je souhaite également que cela ne soit pas trop un repoussoir pour d’autres personnes.

Avez-vous donc installé et/ou utilisé des toilettes sèches ? Qu’en pensez-vous ?

Pour la toilette à l’étage, je comptais mettre en place une récupération de l’eau du lavabo pour remplir la réserve d’eau de la toilette. Qui a déjà installé ce genre de chose ? Bien/pas bien, avantages versus inconvénients ?

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hello ((:
pour mon anniversaire j’ai eu la surprise de recevoir une toilette sèche de la part de mon compagnon :star_struck:
je ne m’y attendais pas du tout car il était totalement contre, mais du coup il a choisi des toilettes extérieures pour qu’on n’ai « pas ça à la maison »^^ Donc ça ne répondra que partiellement à ta question.

Depuis juin, je suis vraiment ravie, personnellement je trouve qu’il n’y a aucune odeur, il y a l’odeur de la sciure à côté (et du vinaigre des 4 voleurs que je stocke à côté pour nettoyer le seau). Contrairement à des toilettes conventionnelles ou parfois les odeurs stagnent voire peuvent s’inviter dans les pièces voisines, je n’ai jamais eu de mauvaise surprise odorante dans les toilettes sèches même en passant juste après quelqu’un. Pareil, en terme de « bruit » et de discrétion, rien à voir, si on se lève en pleine nuit il n’y a pas le bruit de cascade (ou autre…) ni le bruit de chasse d’eau, bref le bonheur <3
Pour être complètement exhaustive, j’espère ne choquer personne, la seule situation où je préfère utiliser les toilettes conventionnelles sont au plus fort de mes règles. Mais bon, peut être qu’avec le temps je trouverai un mode de fonctionnement compatible avec les toilettes sèches (:

Il y a juste le seau à vider, toutes les semaines pour moi, sûrement plus fréquemment pour des foyers plus nombreux ou plus présents à la maison. C’est la seule partie pas forcément agréable, mais bon ce n’est pas horrible non plus.

Concernant les autres personnes passant à la maison, seuls mes amis, dans le même état d’esprit que moi, l’utilisent, mon oncle m’a dit « j’espère qu’il y a encore un toilette normal chez toi quand même!! ». Donc c’est ptet effectivement pas mal que tu puisses garder un toilette plus conventionnel pour les gens plus réfractaires^^

bref, je suis vraiment trop contente d’avoir des toilettes sèches, ça me crevait le coeur à chaque chasse d’eau (et continue de me crever le coeur quand je vais ailleurs…), surtout concernant les nutriments qu’on redilue à mort en station de traitement de l’eau… C’est la vidéo du Réveilleur sur le Phosphore qui a été un gros déclencheur chez moi.

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Concernant les eaux que nous utilisons au quotidien, je vous invite cordialement à regarder en détails les travaux du grand monsieur qu’était Joseph Orszagh. Ce dernier nous a malheureusement quitté il y a quelques mois. Ses travaux (TLB, récupération eau de pluie, etc) sont généreusement disponible sur le site suivant : Eautarcie, La gestion durable de l'eau dans la monde

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Bonsoir,

Il y a en effet beaucoup d’enthousiasme pour les toilettes sèches chez les écolos (et consors), mais, y’a des mais :

Directement liés à tes questions :

  • Est-que ça sent : Oui, Non, Peut-être = En intérieur, c’est surtout fonction de la gestion par l’utilisateur. Et ça demande pas mal d’effort (enfin de discipline plutôt) pour avoir quelque chose de « sans odeur ». Les gens qui en installe sont généralement des convaincu donc ils bichonnent facilement leurs toilette et donc y arrive. Les odeurs ne viennent pas du sceau en usage normal (c’est à dire avec la bonne quantité de sciure), contrairement à ce qu’on pense naïvement mais plutôt du fait que la plus part sont en bois (faites maison) et à la longue elle s’imprègnent possiblement.

Par rapport à tes objectifs :

  • Réduction de la consommation d’eau, ça semble évident. Mais l’utilité est une fonction très variable de ta localisation. En effet selon que l’eau coule à flot par chez toi (Bretagne par exemple) ou non l’intérêt d’économiser l’eau peut-être n’importe où entre absolument nul et primordial.
    Pour faire simple l’eau qui n’est pas évaporée, n’est pas consommée ! (Et l’NRJ/impact de distribution, traitement et épuration est la plus part du temps quelque par entre risible et négligeable, en France. Une fois les installations en place.).
    Pour faire simple, si ta contrée ne connait pas de période de stress hydrique dans l’année, l’intérêt, de ce point de vu ci, s’effondre.
  • Réduction des déchets : l’intérêt ici aussi est très faible à très très faible. Encore une fois c’est une fois les installations dimensionnées. Les impacts avals sont très liées à la taille des infrastructures d’épuration donc si tu décide de pas les utiliser pour tes excréments, et toutes les âmes de ta commune avec toi. L’impact de l’épuration ne bouge pas. (toujours à un cheval près bien sûr)
  • Fabrication de composte pour le jardin : C’est le point le plus important pas d’amendement direct du potager avec des excréments, même fermentés de manière artisanales. C’est pas une règle d’or, c’est un conseil. Le problème étant un peu plus compliqué qu’une question de « bon-sens »/hygiène, je développe.
    Le problème ce n’est pas de manger son caca/urine, si y’a des traces sur les légumes, c’est sale au pire tu chopes une bonne gastro et fin de chantier. Le problème c’est de mettre en place un cycle avec un nombre d’étape et donc d’intermédiaire insuffisant.
    Et ce cycle est une menace très importante et de long court pour la santé. La tienne et la santé publique. (C’est une façon de dire que les normes en termes d’épuration ne servent pas à rien.)
Qu'est-ce que j'appelle un cycle trop court, et quel problème

Cycle trop court : De la « matière » part de vous, est décomposé par des micro-organisme, entre en contact avec vous quand vous jardinez ou avec des légume puis vous. Et on recommence. Ce cycle s’il est stable dans le temps devient par construction un éco-système. (on peu y ajouter plein de truc comme vos animaux de compagnie, enfants, etc…) Le nombre « d’objets » impliqué dans le cycle ne compte pas pour augmenter la complexité de l’éco-système. (En fait ci, mais pour faire simple si l’on rapporte tout à vous-même alors ça ne compte pas)
Un éco système trop simple est dangereux car des micro-organismes peuvent en faire le tour complet, et donc plusieurs tours en évoluant à chaque fois… (ou juste proliférant)
Pour augmenter la complexité de l’éco-système il faut augmenter le nombre d’objets successifs, créer une chaîne plus longue quoi. Afin que les micro organismes soit « compartimentés ». Et donc faire digérer de manière fiable vos excrément, puis les faire digérer encore, puis les utiliser en non alimentaire, puis les faire digérer par vos légumes puis les manger. (Exemple fosse-septique, pelouse, paillage ou composte, tomates, miam)
C’est un exemple je ne vous dit pas que ce nombre d’étape est suffisant ou insuffisant…
Ce qu’il faut garder à l’esprit c’est que la frontière entre toutes les étapes n’est jamais complète. (C’est à dire que quand vous faite pousser du gazon avec du lisier vous mettez du lisez sur le gazon et que du coup quand vous composté votre gazon (tonte) vous mettez aussi du lisier directement dans le composte.) Donc en multipliant les étapes c’est statistiquement que vous évité un tour complet mais si vous amenez votre sceau d’excrément à composter directement dans votre petit potager, il faut considérer que vous en épandez un peu sur vos légumes. Parce que vous utiliser les mêmes outils, ou mêmes d’autre raisons auxquelles on ne pense pas. Et donc compostez/épandez les ailleurs.

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grâce à quelqu’un qui se reconnaitra (merci beaucoup (: ) j’ai enfin pu lire la suite de ton message (je n’aurais jamais pensé à cliquer sur la flèche par moi même…) et ma petite question demeure: pourquoi est ce que c’est plus compliqué de gérer de l’excrément d’humain que de l’excrément de cheval (par ex)?

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Je me suis posé une question similaire : Dans une zone où l’eau n’est pas un problème ou que l’on peut régler le problème via une récupération d’eau de plui par exemple, est-ce que des toilettes « japonaises » ne serait pas déjà un pas vers moins de déchets ? (plus ou peu de papier).

Concernant la question de @malix, la composition des excréments des herbivores/ruminants est très différente de la composition des excréments des omnivores et des carnivores.
Sans compter que nos excréments sont plus susceptible de contenir des traces de médicaments.

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Tu penses aux « Toto » automatiques avec jet d’eau pour le nettoyage ?

Ca me semble tout de même relativement simple pour le compost. Il suffit notamment d’attendre suffisamment longtemps avant d’utiliser son compost, le retourner … Je recycle déjà du carton dans mon compost et attends donc plus d’un an pour l’utiliser, si la règle est 2 ans avec mes excréments, je ferais 2,5 ans pour voir de la marge et basta. Il ne faut pas non plus se faire des nœuds au cerveau et compliquer inutilement les choses simples. De la même façon, je collecte mon urine à l’automne, hiver pour l’utiliser après plusieurs mois à la fin du printemps.

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ça me déprime totalement de me dire que plus je me pose de questions moins je fais bien en fait…

@AlixLP est ce que l’être humain est la seule espèce qui produit autant de trucs irrecyclables? il y a des espèces dont les excréments servent directement à nourrir les nouveaux nés!
en fait on est l’ultime producteur d’entropie c’est ça?

@LePoint et si on est végétarien et qu’on ne prend pas de médocs? Et même, en quoi c’est pire de faire du compost par rapport à diluer ses nutriments et particules médicamenteuses dans les ressources en eau via les stations d’épuration?

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@jchelary Yep, je parle bien de ça… Ou l’utilisation d’un bidet avec serviette lavable plutôt que de papier toilette.

@malix je ne suis pas expert de la question, mais j’ai des doutes sur le côté fertilisant des excréments des carnivores en général (canins, félins, ursidae, … ), à voir si quelqu’un peut nous éclairer là dessus.
Après, même si on est végétalien, je ne sais pas vraiment ce qu’on rejette (mis à part la cellulose que l’on ne digère pas contrairement aux ruminants).

@ChristopheH à 200g par jour d’excrément, ça fait 182kg à stocker ^^

ça se tasse (;

concernant les excréments des carnivores contiennent tout de même des nutriments (N,P,K) qui sont dilués en station d’épuration, non?

dans tous les cas je vois mal une justification de déverser tout ce qu’on rejette dans l’eau (qui finit dans l’océan?), de manière diluée, plutôt que de façon concentrée sur terre /-:

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Oui mais n’oublie pas, comme l’écrit pus haut @AlixLP qu’on a des procédés efficaces maintenant pour ne pas avoir à utiliser des toilettes sèches dans beaucoup de cas, ce qui ne veut pas dire que les utiliser n’est pas une bonne chose pour d’autres raisons.

Je pense à une vidéo que j’ai vue passer dans un fil très récent sur l’agriculture et la microbiologie, où l’intervenant parlait de l’agriculture au 19e qui nourrissait Paris avec des surface bien plus réduites qu’aujourd’hui et qui récupéraient les excréments humains, etc. après la vente de leurs produits pour les recycler. J’imagine que là aussi il avaient des systèmes comme ce décrits ici qui faisaient tourner l’ensemble sur le long terme avant utilisation. Mais ces procédés à échelle on les a perdus.

Merci du calcul.

0,2kg x 4 personnes x 3 ans x 365j = moins d’une tonne d’excrément, et 3 m2 au sol. C’est jouable pour la plupart des personnes ayant une maison avec un petit jardin.

Ce n’est pas grand chose en terme de compost mais ça permettra de supprimer 1 trajet par an pour chercher du compost.

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On mangeait moins de viande à l’époque. Il est donc logique que la surface « cultivée » était moindre.

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Un peu plus délicat pour trois personnes vivant dans 50m² à Paris ^^

Je pense qu’il faudrait pailler pour limiter les odeurs, et mettre le tout sur un emplacement permettant de gérer les eau pluviales pour éviter de polluer les sols trop rapidement.

J’accélérais le compostage du fumier de chèvre avec du lactosérum issu de la fromagerie quand j’avais une exploitation caprine, il est peut-être possible de faire pareil. Il faut 3 chèvres, 1 bouc et 4 tonnes de foin par an ou un équivalent de pâturage ^^

Oui, mais il parlait spécifiquement de la culture de végétaux, qui étaient produits en quantités bien plus importantes avec des techniques qu’on retrouve en agriculture naturelle avec associations de plantes qui font tourner une parcelle sur toute l’année, sans compter qu’à l’époque il n’y avait que des végétaux locaux, pas de serres etc. Donc pas besoin de créer des environnements spéciaux.

Mais quelle idée d’habiter à Paris. :slight_smile:
Tu peux rajouter : être au 5ième étage sans ascenseur. :slight_smile: Autant la toilette sèche est peut être/probablement une contrainte assez faible en étant de plein pied avec le tas de compost au fond du jardin juste à coté.
Autant c’est rédhibitoire/stupide en ville dans un immeuble collectif et sans utilisation direct du compost. Quand j’habitais en plein centre de Lyon, je n’imagine même pas descendre & remonter à pied mon sceau d’excrément, le nettoyer sur les quais du Rhône … Si plusieurs millions de personnes compostent leurs excréments en pleine ville (et en été), j’ai le sentiment qu’il y aura moins de touristes en ville :slight_smile:

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Merci pour le lien très intéressant.

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Oui, il y a des décennies d’études et d’expérimentations sur la gestion des eaux domestique (récupération des eaux de pluie, potabilité, toilette à litière biomaîtrisée ou TLB, gestion des eaux grises, etc). Une véritable mine de réponses :slight_smile:

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Autant le système Pluvalor complet doit couter 10-20k€, voir plus, et n’est donc vraiment pas à la portée de tous le monde. Il est également préférable de ne pas en calculer le payback. :slight_smile:
Autant, je suis étonné du relativement faible coût (200€) du système d’Osmose inverse proposé Osmoseur domestique sans pompe
Ca ouvre des possibilités.

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