Séquestration CO2 par les arbres. Vieux vs jeune. Lequel est le mieux?

Salut,
Je lis ça et là au sein de l’asso des gens qui défendent le fait que pour séquestrer plus de carbone, il vaut mieux couper de vieux arbres et en replanter car les jeunes poussent plus vite que les vieux.

D’une part il faut savoir qu’un arbre ne cesse jamais de grossir c’est la raison pour laquelle on peut déterminer son âge grâce aux cernes, ceci démontre que même si l’arbre atteint une hauteur maximum, il ne cesse de s’épaissir.

D’autre part, je vous livre ici une vidéo de Francis Hallé qui, je l’espère, permettra de faire évoluer cette croyance (tout du moins chez les personnes les plus ouvertes) : https://youtu.be/2t2c1t6GpB4?t=4534
Enfin, pour aller plus loin, l’arbre et adapté au changement climatique puisque en son sein, il détient plusieurs génomes (https://youtu.be/2t2c1t6GpB4?t=3850) donc inutile de spéculer sur quelle espèce il vaut mieux planter. En tous cas, entre les scientifiques qui prévoient une hausse terrible des températures et ceux qui prévoient une aire glacière à cause de l’arrêt du Gulf Stream… plantons des arbres indigènes, ça ne fera de mal à personne :slight_smile:

Bon visionnage !

2 J'aimes

Bonsoir @JulienGarrigue, petit conseil amical, d’un planteur d’arbres depuis plusieurs décennies, pose la question à ceux de l’association, s’ils ont déjà planté des arbres, arbustes, cépées, etc… et s’ils ont bien observé la croissance sur plusieurs années… rien que ça, sans rentrer dans les mesures scientifiques de captation -fixation, mais juste de l’empirique et de mise en connexion de leurs sens, de leur intuition… et sans doute reverront-ils leur conclusions hâtives… diantre! un peu de bon sens, nous avons vraiment perdu ce lien de cohérence avec la Terre!!!

1 J'aime

Ah oui, c’est une bonne idée, d’autant plus que j’ai déjà planté des arbres. Merci :slight_smile:

Salut à vous, je pense que je vais faire un peu de biblio mais attention, il me semble que si par croissance vous regardez la largeur des cernes, alors oui, la largeur des cernes d’un arbre jeune est en général supérieure à celle d’un arbre âge.
Par contre, si vous raisonnez en terme de biomasse accumulée, alors c’est différent, il me semble (mais il faut que je vérifie ce sont des vieux souvenir) qu’un gros arbre (donc en général vieux)
accumulera plus de biomasse. En effet, à largeur donnée la biomasse est supérieure pour un cerne plus éloigné du centre du tronc (effet géométrique) que un cerne proche du tronc.
Et d’ailleurs, les vieux arbre ont généralement un système racinaire plus développé, ainsi qu’un feuillage plus important ce qui leur permet d’accès à plus de ressources.
Ci-joint, un article un peu complexe à lire j’en conviens!
Tree_allometry_and_improved_estimation_o20170727-2982-bf1ujg.pdf (d1wqtxts1xzle7.cloudfront.net)

1 J'aime

Alors par contre sur l’adaptation, c’est bien plus compliqué que ça. Pour tout vous dire, on se sait pas si les arbres ont les capacités de s’adapter au changement climatique. En fait, on a même de sérieux doutes là-dessus.
Déjà première question, ou exactement vous vous situez dans l’aire de répartition de l’espèce? Par exemple, les sapins sur le Mont-Ventoux sont tous entrain de crever. Ca c’est pour les arbres adultes. Est-ce que dans la descendance de ces arbres, vous avec des individus qui eux ont le bagage génétique pour s’adapter, en l’état actuel de la recherche, on en sait rien.
Ensuite, dans le cas ou vous avez ce qu’on appelle de l’adaptation locale, c’est-à-dire, une adaptation qui diffère entre population sur l’aire de répartition due à leur histoire évolutive, est ce que les mécanismes naturels de restauration de l’adaptation suffiront, ça non plus on en sait rien pour le moment.
Ce ne sont que quelques unes des multiples questions qui sont encore à traiter, et vu comment on traite les chercheurs actuellement , à mon avis c’est pas demain la veille qu’on pourra répondre à ça … on est plutôt inquiet.
Et pour revenir à l’histoire des gros arbres, on les appelle aussi des gros semenciers … produire beaucoup de graines, c’est plutot utile pour pouvoir s’adapter! :wink:

1 J'aime

En fait, comme dirait JMJ sur les humains, pas de doute qu’on va s’adapter, mais à combien à la fin? C’est un peu pareil pour les arbres! :slight_smile:

Bonsoir Aurore,
Merci pour tes informations.

oui mais le diamètre est bien plus petit. Mais mon intention avec les cernes était juste de démontrer que l’arbre ne cesse de grossir, peu importe la vitesse à laquelle il grossit.

Ce n’est pas ce qu’affirme Francis Hallé dans la vidéo, l’as-tu regardée ? il en parle ici : https://youtu.be/2t2c1t6GpB4?t=3850

De quels sapins il s’agit ? ceux-là ? Forêt De Sapins Du Mont-Ventoux, Vidéo Drone (hosiho.com) si c’est ça, c’est une plantation mono espèce qui utilise peut-être une espèce qui n’a rien à faire là. Si j’en crois la flore répertoriée ici : Flore du mont Ventoux — Wikipédia (wikipedia.org) le sapin indigène à la région serait plutôt celui-là : eFlore – Tela Botanica (tela-botanica.org)
D’après les images, il me semble que ce sont 2 espèces différentes. Qu’en penses-tu ?

Hello!
Sur les cernes, je suis d’accord, c’est exactement ce que je vous disais, l’effet de « dilution » de la biomasse sur un périmètre supérieur due à un diamètre supérieur pour les gros arbres peut masquer le fait qu’ils fixent plus matière (la hauteur compte aussi, ils sont plus haut, voir l’aticle joint).
J’avoue que je connais pas Francis Halle mais j’ai travaillé dans des laboratoires spécialisés dans l’adaptation au changement climatique des plantes dont les arbres et en l’état actuel de la recherche on a aucune certitude sur la capacité des arbres à faire face à des changements brutaux du climat.
Concernant, les sapins (Abies Alba) dont je vous parlais, il s’agit de sapins issus de recolonisation naturelle, ils ont autour de 100 ans et ils sont le plus souvent mélangés à du hêtre et d’autres espèces moins dominantes. Sur le Ventoux, ils sont sur la marge chaude de l’aire, c’est à dire dans les conditions les plus chaudes qu’ils connaissent. On n’est pas sur que ça soit les réchauffements récents qui soient à l’origine de la mortalité. Mais sur une plus grande étude, incluant plusieurs espèce de ce qu’on appelle des mortalité massives, on peut être plus affirmatifs:
A synthesis of radial growth patterns preceding tree mortality - Cailleret - 2017 - Global Change Biology - Wiley Online Library

2 J'aimes

Je vais faire un peu de recherche sur cette histoire de biomasse accumulée par les gros arbres vs jeunes arbres, je pense que ça peut être intéressant d’obtenir des graphes pour avoir une meilleure idée de ce qu’il se passe. Je vous communiquerez ce que j’ai trouvé :slight_smile:

2 J'aimes

J’ai trouvé deux articles à ce sujet. Il semble y en avoir beaucoup d’autres.

« Does individual-tree biomass growth increase continuously with tree size? »

« Dynamic allometric scaling of tree biomass and size »

1 J'aime

D’une part il faut savoir qu’un arbre ne cesse jamais de grossir c’est la raison pour laquelle on peut déterminer son âge grâce aux cernes, ceci démontre que même si l’arbre atteint une hauteur maximum, il ne cesse de s’épaissir.

Je ne connais pas grand chose au sujet, et je ne conteste pas la conclusion en tant que telle, mais constater que la masse continue d’augmenter ne prouve pas qu’un vieil arbre fixera, par unité de temps, plus qu’un arbre plus jeune (une fonction peut être croissante, avec une dérivée décroissante !). On peut tout à fait imaginer qu’il existe un âge « optimal » au delà duquel il vaut effectivement, du point du vue du CO2, couper et replanter. Je n’en sais rien, et la question est passionnante, mais la réponse demande probablement d’aller au delà de la constatation qu’une arbre continue toujours de grossir.

Même la formulation de la question ne me semble pas si anodine que ça : s’agit-il d’une comparaison pour un seul arbre, ou par surface occupée (des arbres destinés à être coupés jeunes, peuvent être plantés de manière plus rapprochée) ?

Au delà de la masse de carbone capturée par le bois, il faut probablement regarder aussi celle capturée par les feuilles mortes et autres résidus organiques « stockés », de manière relativement prolongée, dans le sol.

Re! Quelques éléments de discussion sur la biomasse si ça vous intéresse.
Donc j’ai trouvé cet article qui montre que globalement un gros et vieux arbre va fixer plus de biomasse dite aérienne(je ne suis pas sure mais je crois que la biomasse des feuilles est négligeable), quelques chiffres donnés:
-arbres de 100 cm de diam « produisent » en moyenne 100 kg de biomasse
-arbres de 50 cm de diam « produisent » en moyenne 30kg de biomasse (1/3 en fait des arbres de 100 cm)
Et 100 kg c’est égal au poids moyen d’un arbre autour de 10cm de diam
Attention il s’agit de moyenne :slight_smile:
Donc en effet, à l’échelle de l’individu les gros arbres ont beaucoup plus de capacités à fixer le carbone et cette capacité à fixer la biomasse s’accroit avec la masse de l’arbre.
A l’échelle du stand c’est moins sur car, il y a des effets de compétition qui en fait emmène les autres arbres à mourir (d’après les auteurs). En effet, à l’échelle du stand il y a surement des optimum à déterminer :slight_smile:
Question complexe, mais il me semblait avoir lu quelque part comme conclusion que ces gros arbres étaient d’une importance primordiale dans les forets dites de régénération naturelle…
C’était d’ailleurs la grande spécialité des ingénieurs issus de la FIF, c’est dire si la question est complexe! Et d’ailleurs tout comme l’ONF est entrain d’être littéralement sabordée, les ingénieur de la FIF ont été « mélangés » aux ingénieurs d’AgroParisTech, ils restent des forestiers mais bon …
L’article
Rate of tree carbon accumulation increases continuously with tree size

1 J'aime