Séquestration carbone au niveau individuel (jardins...)?

Salut les Shifters,

Pour atteindre la neutralité carbone, il faut non seulement diviser par 6 nos émissions mais également doubler les capacités de séquestration dans la biomasse et le sol d’ici 2050.

Du coup, je me demande si, comme pour les émissions, on peut « faire sa part »…?

J’ai un jardin de 800 m2 environ. J’aimerais bien calculer ce que cela représenterait de remplacer une part de la pelouse par de la prairie fleurie, de planter un ou deux arbres en plus, de démarrer un potager etc, en terme de séquestration carbone (en plus des bénéfices biodiversité / désimpermeabilisation etc).

Est ce que qqn s’est déjà penché sur cette question ? Est-ce totalement marginal ou est-ce-que ça vaut le coup de s’y mettre ?

Bonsoir,

Je cite @M.L qui gère une ferme bio auto-suffisante, peut-être qu’il aura des infos à ce sujet ? Merci Mickaël :wink:.

Mickaël, paysan Bio, Laval [Mayenne] - Les Shifters / Présentation - The Shifters

Je pose des liens également que j’ai recherché à la volée, pour ne pas les oublier, je les relirai plus tard.

Microsoft Word - Rapport Carbone Aéro biodiversite-FRB_v16122019-PC_RG.DOCX (fondationbiodiversite.fr)
Ademe PTC
Carbone organique des sols : l’énergie de l’agro-écologie, une solution pour le climat - La librairie ADEME

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Il y a le rapport 4 pour 1000 de l’INRAE qui étudie précisément le potentiel de stockage de carbone dans les sols en France.

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Bonsoir et merci à @Martin_L de sa sollicitation et de ses liens de l’Ademe et à @Fanny35 de sa question et initiative mais malheureusement je ne dispose pas d’outil de calcul d’évaluation de séquestration de carbone d’un transfert de pelouse versus prairies fleuries/arbres/potager.
Je soumets à @AlixLP qui réfléchit souvent sur TSP sur ces questions [voir le fil "tondre sa pelouse avec des ruminants vs tondeuse]

Dispose-t-il peut-être de « super » calculateurs de ce genre?

D’autres discussions sur la séquestration par les arbres existent aussi avec un fil très intéressant et étayé notamment par @AuroreB qui aura, elle aussi peut-être des sources à proposer?

De mon point de vue de paysan - évidemment très critiquable - éleveur en système herbager ayant abordé ces questions d’évaluations via plusieurs bilans aux modes de calculs différents, il me semble que la question posée par @Fanny35 dénote une réelle prise de conscience des mutations à entrevoir à grande échelle et qui, sans aborder les notions de calculs, ne peut qu’être bénéfique pour le Vivant. Il faut comprendre ici, qu’avoir les yeux rivés uniquement sur la comptabilité de séquestration est certes nécessaire mais ne doit pas rester l’unique critère de prise de décision. D’autres rentrent en ligne de compte et notamment les nombreuses interactions et effets symbiotiques de disposer d’une flore végétale et arborée complémentaire, diversifiée, multi-stratifiée. A notre niveau, nous travaillons sur ces nombreuses « connections » en essayant de mieux les comprendre. Les implantations de nouvelles prairies se font avec de nombreuses espèces et variétés botaniques différentes ce qui va enrichir la complexité botanique et attirer toute une faune auxiliaire nettement plus variée que sur prairie à 2 ou 3 espèces. La présence d’arbres - bien réfléchir aux essences choisies en fonction des critères agronomiques mais aussi sur le plan des intérêts pour les cultures avoisinantes type potager, bande fleurie pour oiseaux et insectes pollinisateurs.

Nous faisons actuellement des essais sur petites surfaces pour notamment alimenter nos 15 ruches sur des bandes fleuries nectarifères complexes et sur arbustes miellifères résistants à la sécheresse avec l’objectif d’observer dans un premier temps les comportements des insectes et la résilience de ses plantes en conditions limitantes.

En résumé de votre questionnement et de la « méthode agro-scientifique » que nous tentons d’appliquer à notre échelle, l’un des objectifs à la captation et séquestration doit résider dans la capacité de la couverture du sol à photosynthétiser donc capter sur un laps de temps le plus long possible. Donc si votre couverture se résume à une prairie ou pelouse qui va « griller » sur 3 à 4 mois de l’année - évidemment sans arrosage artificiel! et fonction du lieu géo pédo-climatique de résidence - il est certain qu’une surface avec une flore préservée en gestion différenciée - fauche uniquement sur zone de passage - combinée avec la présence de quelques arbres de hauts jets à fort potentiel de captation type chêne, associé tout cela à un espace où vous pourrez y semer, récolter et vous nourrir en lieu et place de ressources qui auront générée engrais, pesticides, mécanisation, irrigation, uniformisation génétique, robotisation numérique, transport, stockage, etc… sera - même sans modèle de calcul performant - d’une efficience et acceptation éthique nettement plus pérenne et empreinte de sens!

Voilà, désolé pour la longueur et sans doute faible clarté de mes propos… la lucidité du paysan qui se repose rarement se perd parfois dans des méandres sinueux…

bien à vous
M.L

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Merci Mickaël, toujours très inspiré et détaillé. De plus tu as entièrement raison sur l’aspect biodiversité auquel je n’ai pas pensé. J’espère pouvoir visiter ta ferme un jour, si je rentre au Mans voir mes parents, je ferai le détour peut-être ? :wink:

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Un très grand merci à tous et particulièrement à Mickael @M.L pour ces réponses vraiment très éclairantes. Ça m’aide beaucoup !

Quelle merveille que ce forum et cette communauté des Shifters :heart:

Bon, c’est décidé, j’attaque le semis de bandes fleuries et non fauchées, et j’aggrandis le potager. Et aussi, il faut que j’augmente notre capacité à récupérer l’eau de pluie.

Prochaine étape, choisir le type d’arbre à planter et son emplacement dans le jardin, avec les contraintes de type voisinage etc. Je vis en Bretagne, et j’ai déjà un gros bouleau pleureur, un très grand noyer et un cerisier fort mal en point hélas, plus quelques petits machins à droite à gauche.

Merci encore !

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Bonjour @Fanny35,
En arbre, je vous recommande - si vous disposez de suffisamment de place à l’âge adulte [20 mètres], un tétradium Daniellii [ou arbre à miel] qui attire les pollinisateurs.

Bon courage à vous.
M.L

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Bonjour !
Auriez vous de ressources concernants les arbres ? Savoir que planter, connaitre les spécificités des essences, l’agroforestrie ?
Merci d’avance !

Avec plaisir pour une visite in situ!
Nous avons reçu un Shifter du Mans, en visite il y a quelques mois et servi de support pour une vidéo pour une association de « solidarités internationales ». Des échanges toujours très riches qui nous permettent d’avancer dans nos réflexions!

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Bonjour @ArthurJazz , votre demande est-elle d’ordre littéraire (conseil livres, doc techniques…)? humaine (spécialiste du domaine, exemple près de chez vous) ? autres???

Bonjour, littéraire dans un premier temps. D’une part pour la culture et curiosité enrichissante. De plus nous avons un terrain en Bretagne que nous comptons boiser. L’idée est de ne pas faire trop d’erreurs !

Bonjour @Fanny35,
M.L. à dit ce qu’il fallait dire :wink: .
J’ajouterai simplement un grand principe auquel on ne pense pas toujours : Il ne faut pas évacuer de matière organique !
Le stockage de carbone dans les sols (et végétaux) c’est principalement l’accumulation de matière en décomposition (plus ou moins lente) qui le constitue.
Donc pour maximiser le stockage il faut des végétaux qui produise un maximum de tige et feuille, et ne pas accélérer la fermentation des résidus.
Les arbres permettent de produire efficacement car ils pratique la photosynthèse en hauteur et il faut éviter de composter les végétaux au delà de son besoin de compost. (pas de ramassage de feuille, laisser la tonte sur place, etc…).

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bonjour @ArthurJazz , il existe pléthore d’ouvrages sur les arbres et pas toujours simple de s’y retrouver.
Toutefois, je vous recommande "Gros plan sur les arbres » de Grégor Aas, botaniste, sylviculteur de la chaire de botanique forestière à l’Université de Munich en collaboration avec Gérard Luquet du Muséum National d’Histoire Naturelle. Ouvrage dans lequel vous trouverez les principales essences européennes avec description approfondie sur la reconnaissance. Une bonne base pour la dendrologie. Toutefois assez peu de liens avec les différents types de sol…
Je regarde si je peux vous conseiller mieux…
N’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un pépiniériste près de chez vous, c’est ce que nous avons fait pour le choix des essences. J’ai également suivi plusieurs jours de formation sur cette thématique par des spécialistes de la plantation à la taille.

De belles plantations à tous!

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