Relations avec une belle-famille qui ne se pose pas de question?

Bonjour à tous!

je pense que les fêtes de famille rendent le sujet plus difficile pour moi alors je me lance, désolée de vous raconter ma vie privée, mais je pense que d’autres personnes se reconnaitront.

je me pose plein de questions et suis végétarienne depuis 5 ans (j’ai essayé vegan aussi, mais j’aime trop les pâtisseries alors c’est plus difficle :relaxed: mais l’infographie de OurWorldInData partagée sur le sujet sur le régime 2 degrés me remotive pour supprimer les produits laitiers dans mon quotidien^^). Mon copain a lui aussi beaucoup réduit sa consommation de viande de façon volontaire et consciente, on a commencé notre potager ensemble, on fait nos courses le plus possible en magasin zéro déchet, on a des toilettes sèches, on évite de prendre l’avion pour le travail et le personnel, on n’a pas de voiture, ni de télé etc…

mais sa famille ne se pose aucune question, et quand on rentre chez lui c’est le grand écart, un peu difficile à vivre pour moi, et lui ne veut pas brusquer sa famille donc il fait comme si de rien n’était. Il ne leur parle pas de son évolution, de ses questionnements etc… donc sa famille ne sait rien.
Quand ils sont venus chez nous ils ont découvert qu’on n’avait pas de télé (alors que mon copain vivait sans télé depuis longtemps avant de me rencontrer), et ils ne comprennent pas qu’on ne veut pas planter de la pelouse dans notre potager… et nous on a dû acheter des bouteilles en plastiques, du sopalin, et de la viande, pour leur faire plaisir…

au début je ne disais rien parce que je voulais juste me faire accepter et ne pas passer pour la relou de service, mais là ça commence à devenir difficile, les repas sont exclusivement constitués de viande ou poisson, 0 légumes!!! donc je ne peux pas vraiment prendre juste l’accompagnement, parce qu’il n’y en a pas (ou alors c’est juste une patate…), et quand on me demande ce que je veux manger, la question est toujours orientée: tu veux de la viande ou du poisson demain? Je propose de préparer des repas, et j’essaie toujours des repas végétariens et ils aiment bien, mais ça ne déclenche aucune discussion/échange sur le sujet.

pour vous donner un autre exemple aussi, ils préfèrent avoir super soif pendant toute une nuit plutôt que de boire l’eau du robinet même bouillie (en France), et je me fais engueuler quand je vais me servir un verre au robinet au lieu de la bouteille en plastique… et quand je leur demande pourquoi ils ne boivent pas d’eau du robinet la réponse est « parce qu’on a toujours fait comme ça ».

aussi, la télé est allumée 24/24 même quand personne ne l’écoute, et les enfants de la famille sont sur les téléphones à regarder des vidéos à moins de 2 ans…

si c’était quelques jours par an, je ferai volontiers avec, mais c’est beaucoup plus que ça et ça devient difficile.

et surtout je me pose plein de questions, dans la perspective d’élever des enfants, la famille est très importante pour mon copain donc il voudra qu’ils passent du temps dans sa famille, et moi je me demande comment concilier tous ça, ce grand écart permanent entre ce qu’on créé nous, et ce que sa famille reproduit.

Je sais que le plus simple est d’en parler directement avec mon copain, mais sa mère/famille est hyper importante pour lui, il ne leur en parlera jamais frontalement, et si j’amène le sujet avec lui, il le prend comme une attaque/un jugement sur sa famille.

et dernier détail, sa famille, c’est les oncles et tantes et cousins etc… ils sont extrêmement proches, et ont tous le même mode de vie, ils ne se posent aucune question sur ces sujets, donc je me vois mal moi, seule, essayer de faire réfléchir autant de personnes qui n’en ont rien à faire d’un coup…

si jamais vous avez des idées de comment je peux changer de prisme pour vivre moins mal ces moments de belle-famille, je vous serai extrêmement reconnaissante!!!

Merci beaucoup de m’avoir lue!

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Bonjour et bienvenue,

je n’ai pas vraiment les réponses, mais peut-être que les éléments du papport Shift1team pourraient t’aider.
Notamment à partir de la page 27…

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merci pour le partage (:
mon problème vient effectivement du fait qu’ils sont un groupe très fort et très soudé, ils se voient tous ensemble tout le temps, ont tous les mêmes habitudes et ne se posent pas de question, j’ai très rarement l’occasion de discuter avec une personne en tête à tête, et dans tous les cas je ne serai qu’une personne « étrangère » face à la solidité de leur groupe familial, donc ce n’est pas moi, qui vient 2 jours par trimestre, qui vais réussir à les faire changer d’avis…

du coup vu que je ne peux pas les changer eux (c’est le premier paragaphe de la page 27, le danger du groupe), je me disais que ptet que vous vous avez développé des mécanismes pour mieux vivre la situation…

Salut, j’ai pas de conseil magique ce que je pense c’est qu’il faut accepter de ne pas pouvoir les changer mais au moins ne pas se cacher en se forçant à leur plaire en achetant ce qu’il leur fait plaisir mais qui est contraire à tes valeurs.
Peut être un jour si tu as l’envie tu pourras leur expliquer ta position sans les juger eux pour qu’ils comprennent. :thinking:

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Bonjour Malix,
Seule contre tous, c’est un vaste programme !
Alors je me permets de recommander, comme Enox, de rester fidèle, autant que possible, à tes propres valeurs.
Un jour, le déclic se produit et quelqu’un.e du groupe qui a mûri ou a été interpelé.e par un point de l’actualité, fait son propre chemin et reviens vers toi.
Quelque part, c’est le sujet de « 12 hommes en colère ». (12 angry men) de S Lumet.)
Reste zen !

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Je compatis vraiment.

Je te conseille aussi de rester avec tes principes, sans les imposer, mais sans t’en laisser imposer d’autres. Si tu ne veux pas manger de viande ou de poisson, tu peux te faire ton propre repas et partager (comme tu l’as fait). Si ça devient une habitude, il devrait y avoir à un moment un questionnement : pourquoi tu fais toujours ça au lieu de juste manger ce qu’on te prépare ?

Chez nous c’est les cadeaux, on insiste qu’on n’en veut pas. On en reçoit quand même neufs emballés… mais on insiste à chaque fois que ça ne nous convient pas, qu’on préfère des sous pour acheter ce qui est vraiment utile quand on en aura besoin. Certaines personnes ont déjà ne serait ce qu’une fois fait l’effort de se tourner vers l’occasion, ou nous offrent du neuf en s’excusant de ne pas avoir trouvé d’occasion. C’est déjà une étape.

La télé allumée tout le temps, c’est un truc qui m’énerve aussi. Chez ma belle-mère, c’est la radio laissée « pour le chat ». Ben quand j’y suis je l’éteins. Et souvent ils remarquent pas que j’ai éteint. Ou parfois je demande à éteindre la télévision parce que ça me déconcentre, m’empêche d’entendre les discussions correctement et d’y prendre part. Invoquer des arguments autres qu’écologiques, de l’ordre de la préférence personnelle, ça peut se tenter.

Le « on a toujours fait comme ça » est très difficile à combattre, de même que les croyances sans fondement. Chez mon père, pendant des années j’ai dit qu’il faudrait avoir un stock de pain au congélateur au cas où ; « oui mais le pain congelé c’est pas bon » « mais c’est mieux que pas de pain du tout quand on n’en a plus ! », et il n’a jamais voulu. Un jour, quand je n’habitais plus chez lui, des années après, il avait plusieurs pains en stock au congélateur… Parfois, il suffit de trouver la faille et que la personne se laisse tenter une seule fois pour constater les avantages.

L’effet de groupe, c’est un sacré truc aussi. Chez moi, il y en a toujours un pour mentionner les éoliennes ou placer « énergies fossiles » quelque part. Je rentre dans leur jeu et je m’emballe, mais en mode limite théâtral, sans m’impliquer émotionnellement parce que je sais que ça me détruit. Au fil du temps, j’ai tout de même l’une ou l’autre tante qui vient me poser une vraie question.

Je ne sais pas si j’aurai pu t’aider, n’hésite pas si tu as des situations plus spécifiques… Il faut de l’endurance dans des contextes pareils.

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Ouf, pas facile en effet…
Si tu es prête à prendre un risque et à jeter un pavé dans la marre, tu leurs offres à tous un livre d’initiation éco-responsable pour Noël (dans le genre de « ça commence par moi » qui est une super introduction ou autre) ou encore un bon cadeau de la Fresque pour le climat.
Si possible en même temps qu’un autre cadeau plus matérialiste pour rattraper le coup derrière.

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Bonjour,

j’ai heureusement moins de problemes avec ma belle-famille :slight_smile:
qui est plus respectueuse mais qui mange beaucoup de viande.
Ma stratégie est perso est celle des petits pas/se faire des alliés: repérer dans le groupe qui serait le plus simple à convaincre de changer (les jeunes…) puis leur offrir des cadeaux, genre livre pour les faire réfléchir.
Bon courage!

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Bonsoir
@malix et c’était rien que pour faire « tout à l’envers » en votre présence.
Apporter votre food bag et deux thermos de jus … qui osera vous demander le partage ?

Ne pas se mettre la rate au court-bouillon,
Tout le monde ne peut pas être breton !!!
Kenavo, Corinne depuis Lyon.

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Change de compagnon et de belle famille. :slight_smile: Pas taper, je sort.

C’est de l’humour mais pas tant que cela. Quand je faisais beaucoup de montagne, j’avais pour habitude de choisir mes amis parmi les pratiquants de sports de montagne. Je n’avais de toute façon rien à raconter aux personnes non addict d’activités sportives. M’ennuyant profondément en famille et chez les amis non sportif, je limitais les contacts au stricte minimum.
Aujourd’hui et avec des enfants (et donc beaucoup moins de montagne), je fais plus d’effort notamment vis à vis du cercle familiale élargi. J’accepte de faire semblant.

Dans ta situation, il faut te demander si cela sert à quelque chose d’essayer de les convaincre. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Vous n’êtes pas câblé pareil et n’avez pas grand chose en commun. Il faut l’accepter et en tirer les conséquences.

Par ailleurs, à Rome, fais comme les Romains. Ca me semble important de ne pas vouloir imposer quand on est accueilli chez quelqu’un. Autant je suis intransigeant chez moi, autant j’essaie de mettre de l’eau dans mon vin et de ne pas trop faire la morale chez la belle mère. Je t’accorde que c’est difficile. Mais elle ne changera pas plus que moi. :slight_smile:

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D’un autre côté pourquoi vouloir les changer ?
La plupart des choix que tu décris permettent de diminuer ta dissonance cognitive. Ce n’est pas le fait qu’ils changent qui limitera le changement climatique.
En fait la question est double : 1/comment donner conscience aux autres, qu’ils soient de la famille ou non. 2/ comment accepter une belle famille qui a des valeurs (peut être pas toutes) differentes des tiennes.
Mon conseil suite à mon expérience personnelle. Tu peux t’appuyer sur des valeurs que vous avez en commun. Ça t’aidera à mettre les pieds dans le plat sur ce qui vous différencie.
Continue de t’informer, de construire ta pensée et ton argumentation. Ouvre toi aux autres façons de voir les choses. Prend du recul et des notions d’ordre de grandeur. En ce qui me concerne cela m’a permis d’être moins à cheval sur de « petits » choix personnels du quotidien ( 0 déchets, leure de fin de chaîne logistique, tri des déchets, annihilé par l’industrie d’incinération, éteindre les lumières, pb d’échelle avec l’industrie, trier ses mails, 1 raclette = 300000 mails stockés pendant un an, ce sont des exemples taillés à la serpe…). En me rendant compte qu’une part tres importante de l’action doit être via la régulation donc la legiferation. D’autre part j’ai progressé sur le sujet du véganisme ou du végétarisme en me rendant compte que les bêtes sont nécessaires dans la boucle végétale alimentaire, notamment par leur déjections.
Les actions individuelles personnelles me permettent d’être en accord avec moi même, de diminuer mon malaise sachant ce que nous sachons ( limiter ma dissonance cognitive) et d’un autre côté j’ai conscience grâce à toutes nos lectures des notions d’ordre de grandeur et de la prise de recul nécessaire.
Si tu le peux, mets de côté tes positions fermes et précises afin de passer de bons repas à parler d’idéal et de futur ?

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Bon, j’y vais aussi de mon commentaire, même si c’est principalement des redites de ce qui est déjà mentionné… je plussoie en tout cas le lien vers les retours du projet shift1team qui éclairent sur pas mal de mécanismes (il y a une catégorie du forum sur ça, des vidéos…).
Pour le reste mon avis est qu’il faut à la fois être tolérant et humble par rapport à ses choix (comme évoqué aussi plus haut certains « petits gestes » sont parfois tellement insignifiants voire même parfois à effet négatif selon la manière de les faire qu’il ne faut pas se focaliser dessus), le plus important est certainement que tu sois globalement en accord avec toi-même et avec ton copain sur votre mode de vie et que vous vous questionniez de temps en temps à ce sujet. Pour son entourage, même s’il est important pour lui, ça sera forcément secondaire et le fait que vous vous comportiez un peu différemment et soyez heureux dans cette vie (et notamment sans en faire de polémique) est certainement un moyen de les faire changer d’avis plus que des débats et des reproches.

Si quand ils viennent manger chez vous c’est bon et pourtant sans viande ou avec des légumes de saison uniquement ou bien qu’ils ne s’ennuient pas alors que la télé est éteinte ou si vous allez chez eux en vélo et n’êtes pas plus en retard que les autres, à force certains d’eux intégreront qu’il existe d’autres façons de vivre qui sont aussi heureuses et ça sera déjà un grand pas. Et peut-être que certains te poseront des questions et là ils seront plus réceptifs (pour les autres c’est de toute façon fichu, donc tu ne gagnerais rien à te brouiller avec eux et faire des débats stériles).
S’ils vivent tel que tu le décris, certains auront peut-être la chance de s’en sortir sans problème mais j’ai peur que ça ne soit pas le cas de tous, avoir un autre modèle en cas de problème pourra peut-être les aider… et sinon cela « divergera » naturellement (c’est dommage mais c’est autant de leur responsabilité que de la votre).
Dans tous les cas si c’est plein d’enfants qui regardent en permanence la télé ou leur smartphone et ne mangent que de la viande et pas de légumes au bout de qq années à ce régime vous n’aurez plus trop envie de les supporter si souvent :frowning:

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merci beaucoup pour tous vos messages!

mon malaise dans cette belle-famille n’est pas exclusivement lié au fait qu’ils n’aient pas les mêmes positions environnementales que moi (les miennes ne sont d’ailleurs pas « fermes », car elles évoluent au grés de mes rencontres, lectures et réflexions, et je ne suis pas bornée, puisque lorsque je suis chez eux je fais comme eux sans broncher), mais plus au fait qu 'il n’y a aucun questionnement, et aucune curiosité de l’autre et de la vie en général de leur côté.
Il se trouve que les différences principales entre nos façons de vivre sont liées à nos questionnements sur l’environnement (il y en a aussi d’autres qui sont beaucoup plus faciles à accepter pour moi), ce qui rend la situation plus émotionnelle pour moi car c’est un sujet qui me tient fort à coeur depuis longtemps, et surtout qui me paraît vital car sans environnement on ne vit pas. Donc de mon point de vue ce n’est pas juste une question de goûts et de couleurs, mais une question de vie. Et parfois j’ai l’impression que ça serait plus acceptable pour eux que ce soit une question de goût et de couleurs (ils ont très bien accepté que je ne bois pas d’alcool).
Et ce qui me gêne c’est que quand je vais chez eux je fais comme eux, mais quand ils viennent à la maison on fait tout pour qu’ils ne soient pas dépaysés suivant la volonté de mon copain, donc on achète packs d’eau et viande, et on se déplace avec leur voiture (alors que le train est à 4min à pied de chez nous…) et ils se moquent de moi quand je préfère prendre mon vélo plutôt que la voiture qu’ils me prêtent (et là la raison n’est même pas environnementale, c’est juste que je ne suis pas à l’aise en voiture et préfère largement rouler à vélo). Ils sont même eux-mêmes allés acheter du sopalin car ils ne voulaient pas « me faire plus de travail pour repasser les serviettes en tissu ». Et ils ramènent leurs tablettes et sont parfois avec 3 écrans avec vidéos et son tournant en même temps.
Donc je n’ai même pas cet espoir qu’ils se disent « ah tient ce mode de vie n’a pas l’air si difficile/compliqué/différent/malheureux », puisqu’ils ne l’essaient même pas, ne serait ce que 24h.

j’ai bien dit que je ne voulais pas les changer, car je ne le peux pas, et que ce n’est pas mon rôle, je cherche juste des moyens de mieux vivre la situation (:
donc j’irai faire un tour sur le forum concernant shift1team mais ce n’est clairement pas mon objectif.

pour l’instant je fais comme tu dis, @ChristopheH, comme eux, mais ça me pèse, parce que ça me paraît irraisonné et irraisonnable. En fait si ils m’expliquaient qu’ils préféraient l’eau en bouteille, ou que l’eau chez eux était mauvaise, et qu’ils avaient un distributeur avec des gros récipients, ou bien une carafe etc… ça passerait complètement. Mais là il n’y a aucune réflexion. Et pour les produits animaux, même nutritionnellement ce n’est pas bon à la santé d’en manger autant.
et dès que je fais un tout petit peu différemment sans que ça n’ait un impact sur eux, parfois même juste par réflexe (exemple remplir mon verre d’eau au robinet) je me fais engueuler (« dis t’exagères quand même, y’a la bouteille là! ») donc ça ne m’aide pas spécialement à parler d’idéal et de futur… Ou quand on parle de notre compost chez nous, la réaction n’est même pas de savoir comment ça fonctionne, ou pourquoi on le fait, c’est direct « ah ben moi pas de compost dans mon jardin, hors de question » et quand on demande pourquoi, la réponse reste la même « hors de question, pas de ça chez moi ». Idem pour le potager…

Concernant les « petits gestes insignifiants » @PascalA et @ArthurJazz , je suis partiellement d’accord avec vous, ce n’est pas le geste en lui même qui compte, et c’est exactement pour ça que je ne rechigne pas à faire comme eux lorsque je suis avec eux, pour moi c’est la démarche qui compte, celle qui consiste à remettre en question ce qui est établi, pour faire au mieux, avec la volonté/désir de diminuer son impact. et pour moi la légifération ne fonctionnera jamais si les gens ne sont pas prêts, pas éduqués, pas informés, et surtout pas curieux, y’a qu’à voir les gilets jaunes ou la limitation à 80km/h! si du jour au lendemain on demande à ces gens qui ne mangent que des produits animaux (3 jours de suite du poisson de la viande et des laitages avec 0 légume, 0 féculent, 0 légumineuse, 0 fruit à tous les repas) de passer à ne serait ce que 50% de viande dans leur alimentation, ils vont gueuler! parce que ce n’est pas dans leurs habitudes, qu’ils ont « toujours fait comme ça », et qu’ils ne comprennent pas… Et si on veut enrayer le changement climatique on a besoin de tout le monde maintenant, donc oui leur action a un impact… Et oui je pense que si les gens n’achetaient pas ça ne se vendraient pas, et que donc les consommateurs ont un pouvoir et une responsabilité sur l’impact des industries (et également les lois), et le devoir d’avoir un regard critique sur ce que les industriels proposent et de distance par rapport aux publicités magiques (donc nécessité de curiosité, se poser des questions etc…).
Et pour l’histoire des déjections animales @ArthurJazz qui justifient les bêtes dans la chaîne alimentaire, c’est juste parce qu’on n’a pas envie d’utiliser nos propres déjections, mais ça serait tout à fait possible. les seules raisons que je vois au maintien de quelques produits animaux dans l’alimentation, c’est qu’ils permettent de transformer certaines terres impossibles à cultiver en nourriture; et que ça diversifie notre alimentation gustativement et texturellement. Mais au niveau efficacité énergétique c’est tout pourri.
Et entre « il n’y a pas que les petits gestes qui comptent » et zéro zéro sensibilité/questionnement de son mode de vie, ou entre « quelques produits animaux » et « que » des produits animaux, il y a un monde! c’est justement ça mon problème, je ne veux pas les changer, mais j’ai du mal à gérer ce grand écart là.

je ne suis pas dogmatique, et être ouverte à la discussion, et mettre de côté mes positions avec eux c’est exactement ce que je fais depuis 3 ans, mais il y a un moment où ça devient compliqué pour moi, qui continue à avancer de mon côté, et du leur il n’y a aucun questionnement, et jusqu’à présent je n’ai réussi à lancer de débat à aucun moment.
Parfois mon copain me reproche d’être trop extrémiste, mais pour moi ce sont eux qui sont extrémistes, à préférer mourir de soif pendant plusieurs heures plutôt que de boire de l’eau du robinet dans un hôtel en France, ou à ne pas pouvoir se passer de café en capsule/télé/voiture pendant 2 jours.
alors que moi, je ne suis pas chiante et je m’adapte, pour ne pas les heurter, pour ne pas rentrer en confrontation frontale.

En temps normal j’aurai juste choisi de fréquenter d’autres personnes, mais là je ne peux pas. Et nos routes ne « divergerons » que si je choisi de diverger de celle de mon compagnon (avec qui tout se passe bien quand on est chez nous et dans notre environnement avec nos amis etc…).

Du coup je pense que la solution est juste que je limite mes visites au minimum supportable par moi (:

Merci beaucoup pour tous vos messages et conseils, ça fait chaud au coeur de se sentir lue (:
Et bonnes fêtes à tous!!!

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Pour ma part, je suis intransigeant chez moi. A Rome, fait comme les romains. Chez moi, ce n’est pas à moi de m’adapter.
Dans nos sociétés modernes, offrir l’hospitalité n’est plus vraiment un sujet très important. Néanmoins, ça me semble rester un geste important que d’offrir l’hospitalité. En conséquence, quand je suis reçue chez quelqu’un, je me fais un point d’honneur de m’adapter à son mode d’alimentation et à ses habitudes, y compris si c’est contraire à mes propres habitudes. Chez les autres, je vais donc toujours faire honneur à ce que l’on m’offre, même si je n’aime pas. C’est difficile dans certains pays mais c’est une règle élémentaire de savoir vivre quasi universelle sur la planète. Chez moi, je fais donc comme chez moi. :slight_smile:
De tant à autre chez moi, la belle mère m’explique la cuisine. Bien évidement, elle sait mieux faire que tous le monde. Je l’a remets poliment à sa place en disant que chez moi, c’est moi qui cuisine. Chez elle, c’est elle qui cuisine et je suis ravie de manger sa cuisine chez elle.

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Mais eux le sont ! C’est ça le gros problème. Il y a des gens comme toi qui cherchent à comprendre leur monde, et d’autres qui se satisfont de croyances et qui seraient même perdus s’ils n’avaient pas de croyances (qu’elles soient ancrées ou non dans la réalité, qu’elles soient vraies ou fausses), qui sont difficiles à remettre en question, et quand bien même on y parvient, c’est pour laisser la place à la prochaine croyance (peut-être pire) qui passera par là. Malheureusement, je ne connais aucune méthode face à ces gens.

Ca ne te rassurera probablement pas, mais si ça peut te faire sentir moins seule, je vis exactement la même chose avec le même point de vue sur qui est le véritable extrémiste. Entre autres parce que j’ai préféré emporter une bouteille vide chez moi pour la recycler au lieu de la jeter dans la poubelle de l’hôpital (où j’étais malade rien qu’à voir le gaspillage de matière).

C’est super important que tu parviennes à en parler avec ton copain de façon ouverte et vous mettre d’accord sur une attitude et des règles. Parce que vous n’êtes pas du tout sur la même longueur d’ondes concernant votre relation (avec toi incluse) avec sa famille, et tu dois absolument te sentir apaisée par rapport à ça, sinon ça risque de pourrir peu à peu votre couple sans que vous le remarquiez en laissant ça comme base à de multiples disputes possibles qui y prendraient leur origine.

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Beaucoup de choses très justes ont déjà été dites sur cette situation peu évidente. Quelques remarques de mon côté, pour compléter / étayer :

  • Les réactions de ta belle famille à ton mode de vie semblent, de ce que tu décris, relever plus d’un réflexe défensif que d’un pur je-m’en-foutisme : déclarer de façon ferme « ah non, pas de composteur chez nous » montre qu’au fond cela les turlupine et qu’ils rejettent avec fermeté ce qui menace leurs croyances (dont fait probablement partie leur mode de vie)

  • L’écologie apparait comme une valeur centrale chez toi. Or, si nous pouvons (avec effort et ouverture d’esprit) accepter de mettre occasionnellement ce genre de valeur en sourdine pour la concorde sociale, il n’est pas possible de le faire à chaque fois, cela revient à se trahir. Et, en l’état, c’est problématique si tu te retrouve à devoir faire une concession sur tes valeurs à chaque fois que tu les voies, y compris chez toi. En effet : tu es en droit d’attendre que, à défaut de ne pas les suivre, qu’ils respectent un minimum tes valeurs (je dis bien un minimum), c’est une question de respect pour la personne (ex : ne pas te reprendre quand tu bois l’au du robinet).

  • Dès lors, à mon humble avis (et là je touche à un sujet assez personnel), il semble important que, plus qu’avec ta belle famille, que ce soit avec ton copain que tu sois alignée sur ce sujet (ex : le fait de ne pas transiger sur votre mode de vie chez vous) : il veut éviter de heurter sa famille, ce qui est louable, mais si ça se fait à tes dépends, cela risque d’être source de tension croissante. D’où, comme le disais @ds.laetitia l’utilité d’éclaircir le sujet avec lui : si vous êtes alignés, alors se sera plus facile de surmonter à deux !

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Je vais être beaucoup plus direct. Si j’avais une telle belle famille ce serait « niet » quel qu’en soient les conséquences. On n’a qu’une vie, il faut la vivre comme on le sent ! Se prendre la tête, franchement non !

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merci beaucoup pour vos messages d’encouragement, ça me fait vraiment du bien de ne pas me sentir seule ou marginale!
il ne me reste plus qu’à prendre mon courage à deux mains pour aborder cette discussion épineuse avec mon compagnon… après les fêtes (:

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Salut,

Je vois que tu as déjà reçu énormément de pistes et que tu fais ton chemin dans cette situation pas simple… (:

SI tu veux, je pense que les outils de la Communication Non Violente peuvent être utiles. Je résume rapidement, tu en prends ce que tu veux (:

en gros, tu as 4 étapes pour aborder une situation / relation qui ne te convient pas :

  • décrire la situation que tu considères comme problématique pour toi, dans des termes observables, neutres (« ce que tu pourrais prouver devant un tribunal »)
  • exprimer les sentiments que cela fait naître en toi (en mode « je » : je me sens ceci ou cela, et pas « tu » -> « je me sens blessée » plutôt que « tu m’agresses ». Eviter le « faux » mode je, de type « je me sens agressée »)
  • clarifier le besoin qui n’est pas satisfait dans cette situation. Attention, « boire de l’eau du robinet » n’est pas un besoin. La cohérence, la connexion, la compréhension, le sens, sont des besoins (:
  • exprimer une demande claire : réalisable, concrète, précise et formulée positivement, et idéalement, réalisable immédiatement.

Ce fonctionnement permet de « reprendre les rênes », et d’être active dans la recherche de solution, de moins subir la situation : c’est ta responsabilité d’identifier clairement quel est ton besoin non satisfait, de partager tes émotions de manière à ce qu’elles puissent être reçues et entendues, de formuler une demande claire.

Ce n’est pas magique : peut-être que tes interlocuteurs choisiront de ne pas répondre à ta demande. Mais si tu ne fais pas de demande, il y a encore moins de chance que ça marche :wink:
et leur choix leur appartiendra, mais toi, tu auras fait ta part (et tu pourras, sereinement, choisir la suite à donner éventuellement).

Si tu as envie de creuser, tu as plein d’articles sur le net sur la CNV : https://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_non_violente
(chercher et imprimer une liste des besoins peut être utile pour essayer de comprendre ce qui se joue vraiment derrière des histoires de compost et de bouteilles d’eau qui, au fond, n’ont pas vraiment d’importance :wink: )

Et si tu as envie tu peux écouter cet épisode de podcast que je trouve aussi très utile, sur l’idée d’indépendance émotionnelle : https://changemavie.com/episodes/independance

Bonnes fêtes (:

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Pour aller plus loin, le livre de Marshall Rosenberg est probablement l’un des meilleurs sur le sujet de la CNV : « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) »

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