Redéfinir, repenser et/ou structurer les actions locales des Shifters?

Bonjour ViceMama,

je suis désolé mais si vous me permettez d’apporter quelques question à vos propos.

Au regard du développement actuel du nombre de membres de l’association, se serait-il pas nécessaire de redéfinir, repenser e/out structurer les actions locales des Shifters ?

L’association est très dynamique et compte aujourd’hui beaucoup de gens motivés qui, il me semble, serait prêt à s’engager encore plus sur des consignes plus claires.

Je pense que l’accroissement de l’association devrait donner des opportunités à laquelle l’association pourrait réfléchir (duplication du festival du cinéma Projection Transition dans d’autres villes, création de nouveaux évènementiels,…).
Par exemple, étant Marseillais, en 2021 a lieu congrès mondial de la nature. Ce serait une belle vitrine pour le Shift de préparer un évènement. Mais avec quel moyen ? Quel relais ? (Marseille | 07 au 15 janvier 2021 | Congrès mondial de la nature | Centre de ressources pour l'adaptation au changement climatique).

Participant en local sur des actions de ramassages de déchets, je constate par exemple que les enjeux climatiques d’associations « écolos » ne sont pas tout le temps à la hauteur de tous les enjeux environnementaux et qu’un travail sur le secteur associatif pourrait être possible. Un ami expert comptable se lance dans du conseil de défiscalisation sur des projets de réduction d’impact carbone et me demande parfois des infos. Ainsi, au niveau professionnel local aussi des actions sont possibles.
Je ne parle même pas également du champs d’action sur les politiques, l’action politique ne se jouant pas qu’au national, même dans un état jacobin :slight_smile:

Je suis désolé d’être peut-être trop critique mais je pense que cela est un ressenti de pas mal de Shifters aussi j’aimerais savoir si l’association à une vision et un projet clair à ce sujet ou si c’est les sections locales qui ont liberté de proposer (ou pas) des projets ?

Je me permets de vous poser la question car actuellement sur le projet d’identité graphique mené par Sylvie Daumal, et ne voulant la mettre dans l’embarrât car c’est à titre personnel que je m’exprime, c’est un constat - dont je lui ai fait part - car en écumant bon nombre de communications des Shifteurs et je n’ai pas trouvé de consensus à ce sujet.

BAV.

Bonjour,

Je tiens d’abord à préciser que je ne fais pas partie du CA des Shifters et que les éléments que je vais apporter ne relèvent en aucun cas d’une position officielle du CA, mais plutôt de ma compréhension personnelle de l’organisation de l’association.

Déjà, je tiens à te rassurer, tout n’est pas pensé qu’au niveau national. Des organisations locales de l’association, les Groupes Locaux (GL pour les intimes), existent. Ceux-ci orchestrent et mènent des actions locales pour le compte des Shifters. Tu peux en trouver une liste non-exhaustive (car leur nombre augmente rapidement) ici. Par exemple, au moins 2 GL à ma connaissance continuent activement le projet TOP10 lancé dans le cadre des municipales de 2020 afin de faire du lobbying auprès de la mairie et/ou de la communauté de communes afin de peser dans l’élaboration des politiques locales en vue d’une décarbonation de la société. Pour le GL de Loire-Atlantique, par exemple, cela passe par la rédaction de dossier sur des thèmes particuliers (place de la voiture pour le gt transport, rénovation thermique pour le gt logement).
De manière générale, les GL ont une grande autonomie sur les projets sur lesquels ils souhaitent travailler. Bien sûr, certains projets d’ampleur nationale (Régionales, Big Review, TOP10, bientôt les présidentielles 2022, etc.) devraient être la priorité, mais il n’y a en soi aucune obligation à cela. La seule et unique obligation à toujours respecter est de parler en nom propre et non au nom des Shifters ou du Shift Project. Ceci est valable pour les discours oraux comme par écrit, où le logo des Shifters ne peut être apposé qu’après validation du document par le CA (ou bientôt par le Comité des Experts). L’objectif est de respecter la Charte de l’association, notamment ses valeurs d’impartialité politique, d’objectivité vis-à-vis des solutions de décarbonation et de respect de l’approche scientifique. Toutes ces valeurs qui nous réunissent sont autant d’atouts pour le rayonnement du Shift Project et des Shifters comme des acteurs sérieux et de confiance. D’où les protections qu’il y a actuellement autour des communications externes de la part des Shifters.

Pour le festival du cinéma Projection Transition, à moins de problèmes d’organisation/sanitaire/que-sais-je, celui-ci aura lieu dans 3 villes cette année : Paris, Grenoble et Nantes. En cas de succès de l’opération dans ces 3 villes, il n’est pas impossible que la présence géographique du festival continue de s’élargir (mais il ne faut pas oublier qu’organiser un tel festival, c’est beaucoup de logistique et de travail, et qu’il faut un certain appui local pour que cela se fasse).

Enfin, si jamais tu souhaites travailler sur un sujet qui a plutôt une envergure nationale (et qui ne relève donc pas d’un GL), les Cercles Thématiques sur plusieurs sujets commencent à se mettre en place.

Si tu souhaites davantage de renseignements, ou si tu as d’autres questions, n’hésite pas, je viendrai y répondre en attendant une réponse officielle du CA :wink:

Arthur

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Bonjour @Marcing13 (et coucou depuis la mensuelle d’hier)!

Concernant les actions locales, le mieux est de voir avec le référent de son groupe local pour pousser des initiatives. Aujourd’hui, rien n’empêche un GL qui aurait une idée d’initiative à l’échelon local de s’en saisir, de la valider auprès des coordinateurs de GL (pour s’assurer qu’elle est en ligne etc) et de la mener.

C’est à vous, Shifters impliqués dans les groupes locaux, de proposer ce type d’action. Par exemple, ce que tu proposes sur la formation au sein d’autres assos est une excellente idée : libre à vous, GL Aix-Marseille, de monter ce genre de projets.

Je rappelle aussi que le meilleur moyen, pour des Shifters motivés, d’agir pour l’association est de réaliser, aussi vite et souvent que possible, des BigReview. C’est LA mission qui est la plus importante aujourd’hui et surtout celle qui peut se faire avec le plus d’indépendance vis à vis de la structure globale.

Tu as parlé hier (en mensuelle) d’un gros projet, quel est-il ? Si c’est un projet à l’échelle nationale, je peux t’inviter à en faire part sur contact@theshifters.org. Si c’est à l’échelle locale, à voir avec les animateurs de ton GL pour leur proposer.

Enfin, merci à @ArthurG qui t’a également fourni des réponses tout à fait pertinentes sur les questions que tu soulèves, en citant notamment la Charte qui est notre cadre commun.

Un dernier point sur la syntaxe ‹ forum › : si tu veux interpeller un utilisateur, penses à ajouter un @ au début du nom, Discourse ira directement chercher l’user dans sa base et lui enverra un message (sauf s’il a désactivé ses notifs, de mémoire). Par exemple : @ViceMama

Bonne journée au pays du Vieux Port
Matthieu

Bonjour,

J’ai participé à un projet local, à savoir l’écriture d’un rappoet sur le projet de la LEO d’Avignon. Le CA des Shifters a été très réactif et a validé très rapidement le document, je tiens à vous en remercier.

Toutefois, j’aimerais faire part de deux petits points :

  • L’importance de mettre un système qui laisse un maximum de liberté d’un point de vue local, avec une validation en local plutôt que nationale. À mon sens, couloir toujours tout faire valider par le CA national est répéter les erreurs de notre société, à savoir tout centraliser. Or, je rejoins Arthur Keller dans son analyse, rien n’est plus pertinent qu’à l’échelle locale. Le CA national doit être un support, mais ça me semble maladroit de devoir faire passer toute validation par lui. Ça va créer, au bout d’un moment, une frustration chez les adhérents. En effet, l’association grossit et vous allez avoir de + en + de projets à relire. Les délais vont s’allonger, ce qui fait qu’on sera bien moins réactifs sur le terrain. Or, parfois, on a besoin de réponses (très) vite. Une gestion en local et un reporting hebdo/bi-hebdo par les référents me semble être une solution pertinente.

  • Ce point découle du premier : faire confiance à vos adhérents. La grande majorité des adhérents est de bonne voire de très bonne constitution. Je ne pense donc pas que c’est en les contrôlant qu’on tirera le meilleur de chacun. Au contraire, la lassitude va finir par s’installer à force d’infantilisation. Je comprends qu’il faille garder une « approche scientifique », mais nous ne sommes pas une association scientifique pour autant. Ne pas parler « en tant que Shifters » ne permet pas de s’identifier à l’association. Ça fait 3 mois que je suis membre, mais on m’a davantage répété de ne pas parler au nom des Shifters que de decarboner l’économie. Je comprends qu’il faille protéger l’association et le Think Tank, mais ce n’est pas incompatible avec faire davantage confiance aux adhérents.

Ne voyez pas de mal à mon post, je vous parle de mon ressenti pour que l’association soit plus efficace et que l’on se sente + « Shifters » et + épanouis en tant que tel. De ma petite expérience, je n’ai pas l’impression que les Shifters ait atteint un équilibre optimal qui lui permette de fonctionner efficacement en local. Ce qui est normal au vu du fort engouement et de la vague d’arrivée massive de 2020.

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Concernant l’autonomie des GL, n’est-ce pas ce qui a été dit lors de l’AG et d’autres mensuelles ? J’ai compris ainsi que la modification des statuts lors de l’AG pour que les groupes locaux puissent se constituer en établissements secondaires allait dans ce sens, ainsi que la mise en place de coordinateurs GL ?
La création des groupes thématiques est aussi un axe permettant des travaux sans devoir tout faire valider par le CA et j’ai compris aussi que c’était une des actions du CA pour permettre cette autonomie.
Du coup je trouvais que ça allait dans le bon sens mais est-ce que tu penses que cela ne va pas dans le bon sens ou n’est pas suffisant ? Après je trouve que ces nouvelles actions mettent toujours du temps à se mettre en place mais c’est certainement indispensable de bien réfléchir et prendre le temps de mettre en place des structures pérennes. Je fais partie des milliers de Shifters qui sont arrivés en 2020 mais après tout si on avait rejoint l’association en 2016 on serait beaucoup plus avancés désormais :frowning:

Pour ce qui est de la confiance envers les adhérents, hormis ton exemple sur le fait de ne pas parler au nom du shifters, il y a t’il d’autres faits qui t’ont semblé frustrants ?
Sur le fait de ne pas parler au nom des Shifters, comme tu le dis toi même tu as 3 mois d’ancienneté dans l’association et potentiellement la seule démarche que tu as eu à faire est de remplir un formulaire sur internet : du coup ça ne me semble pas aberrant de te demander de ne pas parler au nom de l’association. Tu es peut-être très bien formé mais tu peux tout aussi bien être totalement novice sur le sujet. Sans parler du risque de confusion Shifters/Shift Project dans ce genre de communication. Et le but n’est pas tant de faire la promotion des Shifters que de faire évoluer la société

Pour ce qui est du fait que tu n’aies quasiment pas entendu parler de décarbonation de l’économie depuis que tu es aux Shifters, je suppose que tu le dis sur le ton de la taquinerie, ou alors nous n’avons pas reçu les mêmes appels à projets, pas lu les mêmes échanges sur le forum, pas assisté aux mêmes mensuelles ni eu accès au même PTEF…

Oui c’était taquin. Je plaisantais. C’était pour souligner que j’entendais très souvent qu’il faille protéger l’association, ce que je comprends. Mais à force de l’entendre, ça finit par fatiguer. Il faut trouver le bon dosage pour bien faire passer l’idée que l’on se doit d’être vigilant pour ne pas mettre en péril l’association, tout en évitant de tomber dans le matraquage.

Je ne dis pas le contraire et je suis tout à fait d’accord avec toi. Toutefois, il faut aussi prendre en considération que cette posture rend l’intégration à l’association plus difficile pour celles et ceux qui portent des projets. De +, ça ne favorise pas l’appropriation par chacun de l’association. Donc je suis d’accord avec toi, mais là encore lorsqu’un projet est avancé, abouti et validé, on peut dès lors faire confiance ou, du moins, offrir + de lattitude et être moins dans le contrôle.

De +, je n’aime pas trop résumer ça à une période de présence. Combien restent des années dans des assos et ne font rien ou presque ? Combien sont au diapason dès leur entrée dans une asso ? Si je me suis permis la remarque, c’est parce que j’ai été membre d’un projet sympathique sur lequel l’ensemble des membres a démontré son efficacité, son professionnalisme et son intégrité vis-à-vis des Shifters. Du coup, asséner en permanence le fait de « ne pas engager les Shifters » malgré notre investissement ne me semble pas aller dans le bon sens. L’équilibre est difficile à trouver, j’en conviens.

J’avoue ne pas avoir suivi. Je ne suis pas assez ancien pour me permettre un comparatif. Aujourd’hui, je donne mon ressenti en tant que membre d’un projet pour lequel il y a eu une interface (très positive) avec le CA et je me permets quelques constatations pour tenter d’améliorer les choses. C’est peut-être en cours d’amélioration et j’ai été vite en besogne. Je m’en excuse. Mais j’ai préféré écrire tout ça avant de passer à autre chose, ça me permettra aussi de constater les améliorations une fois en place et les points d’insuffisance qui restent.

Oui, j’ai fait une longue réponse mais c’était surtout pour éclaircir les points et donner ma compréhension en tant qu’adhérent lambda. J’ai en tout cas compris que cette problématique était bien prise en compte par le CA (qui ne veut de toute façon pas partir en burnout je suppose et qui n’a pas de velléités despotiques non plus a priori) qui met en place les évolutions pour y remédier, même si cela prend un peu temps pour bâtir sur l’existant.
(donc en gros je voulais te rassurer mais ça ne s’est peut-être pas vu :slight_smile: )

Après je n’ai pas trop de ressenti sur ce qui se passe en GL (et puis certains sont très anciens et d’autres très jeunes) et dans tous les cas ces exemples peuvent conforter sur le besoin d’apporter ces modifications ou d’aller encore plus loin.

Pour finir un partage de ma petite expérience de l’association depuis un peu plus d’un an : l’explosion du nombre de sympathisants et adhérents sur la période est impressionnante et est aussi bien due au travail des années précédentes que de l’évolution de la situation climatique et il a fallu adapter voire réinventer beaucoup de fonctionnements et le CA l’a a mon avis rapidement vu venir et a mis en place de nombreuses actions, mais qui chacunes prennent du temps.
Par ailleurs il y a un nombre impressionnant de projets en cours (sur la décarbonation ET sur l’évolution de l’association) mais il est extrêmement difficile de s’en rendre compte quand on arrive car on ne parle surtout que des projets à leur lancement et quand ils s’achèvent (rien que ça, ça fait beaucoup mais difficile d’avoir une vision d’ensemble à moins de revoir toutes les mensuelles et relire toutes les communications des 2 dernières années… le projet de refonte du site intranet doit répondre en autre à ce besoin de communication… là aussi patience !).
Je me trompe peut-être mais j’ai quand même l’impression que les Shifters sont beaucoup plus visibles qu’il y a un an de part leurs projets (il y a qq productions au nom des Shifters quand même, le Shift présente leurs travaux dans ses ateliers, JMJ en parle plus il me semble aussi…). Cela devrait s’amplifier si on arrive à s’assurer de pouvoir bien le faire)

Bonjour @Kaldebaran @PascalA,

Je vais apporter quelques réponses à vos questionnements. Mais auparavant, je signale (comme dans mon message précédent sur ce sujet) que je ne suis pas membre du CA et que mes réponses sont à prendre en tant que telles : celles d’un membre impliqué de l’association.

Je vais commencer par la « lenteur » de la mise en place des choses. Il faut voir que l’association est globalement jeune et son nombre d’adhérents a littéralement explosé ces 2 dernières années (et ça n’a visiblement pas l’air de se calmer tant que ça). Ainsi, alors que l’association commençait doucement à se structurer, cet afflux massif de membres chamboulent pas mal de choses et demande d’autant plus de réflexions sur les structures mises en place : il est en effet différent de mettre en place une structure pour 100-200 personnes que pour 10000. De plus, ces structures demandent non seulement de la réflexion mais également de véritables infrastructures numériques à mettre en place (potentiellement à devoir intégrer dans les infrastructures mises en place par le SI, déjà bien chargé en projets). Tout cela demande du temps, d’autant plus que tout le monde est bénévole (l’association n’a, aux dernières nouvelles, aucun salarié/stagiaire/etc.). Et malgré la suractivité de nombre de membres, il s’avère difficile de compresser certaines activités.

Vis-à-vis du rôle centralisateur du CA, il y a plusieurs raisons à cela. Le but n’est clairement pas d’étouffer la créativité et le travail des Shifters à toute échelle, bien au contraire. Toutefois, l’association cherche à se créer une réputation, forger son identité propre dans l’univers des associations et ONG environnementales. L’approche scientifique défendue par TSP et par la Charte des Shifters est primordiale et fait montre qu’aucun dogmatisme n’est accepté par les Shifters. Or, la méthode scientifique s’est construit un outil indispensable pour faire de la science solide : la revue par les pairs (peer-reviewing dans la langue de Shakespeare). Cela signifie que les travaux produits doivent être validés par d’autres membres de la communauté scientifique (le protocole, les hypothèses et les conclusions principalement font toute l’attention de ces relectures). Ce principe évite que n’importe quoi soit publié par des scientifiques et de fait considérés comme de la science alors qu’il peut y avoir des choses à redire. Et bien, pour ce qui est de la relecture des documents par le CA, il faut voir cela comme une analogie de la revue par les pairs. L’idée est de relire les travaux pour s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes flagrants dans les calculs, dans les hypothèses et dans les conclusions. D’aucuns diront « en quoi un membre du CA est-il plus qualifié qu’un autre membre de l’association pour valider de tels travaux » ? Question tout à fait légitime pour quiconque défend l’approche scientifique. Et la réponse est simple : absolument rien. Mais le CA en est parfaitement conscient et considère de plus que ce n’est pas réellement son rôle. C’est pour cela qu’une nouvelle structure nationale est en train de voir le jour : le Comité des Experts (CE). Ce Comité en cours de formation (et dont les outils sont en train d’être créés également) devrait voir le jour dans les 2-3 prochains mois normalement, et son rôle sera justement de relire et valider le sérieux et la solidité scientifique des documents produits à toute échelle par les Shifters. Si le recrutement des membres de ce comité est clos, il est toujours possible de demander à le rejoindre.

Alors, vous allez peut-être me dire « mais il s’agit toujours d’une validation centralisatrice nationale » ! Certes, mais cette validation est nécessaire. Pour faire valoir son sérieux et son approche scientifique, l’association doit contrôler ces deux points dans les documents qu’elle publie officiellement en son nom. Rien n’empêche des Shifters de signer en leur propre nom, voire même d’indiquer qu’ils sont membres des Shifters (avec la possibilité de préciser leur appartenance à un GL en particulier). Toutefois, il reste préférable que les documents soient validés pour le bien de tous. C’est long, mais c’est ça la Science moderne, et tous les bienfaits et la solidité de résultats qui en découlent.
Mais il faut aussi se dire que n’importe quelle association fait cela. Vous ne verrez aucun document publié de la Fondation Nicolas Hulot, de Greenpeace ou du WWF qui n’ait pas été validé par les instances officielles de ces ONG. Notamment car ces ONG défendent certaines lignes politiques/idéologiques/rédactionnelles/autreAdjectifPlusAdapté. Et bien, il en est de même pour les Shifters, et il n’y a rien de mal à cela. D’autant plus lorsque l’on voit l’objectif à « court-terme » : peser dans le débat des présidentielles 2022. Et oui, TSP et les Shifters ont l’intention de mettre la décarbonation de la société sur le devant de la scène de ces élections. Et pour être pris au sérieux (ce qui est déjà le cas de TSP !) lors d’un événement aussi important, il faut que rien ne puisse entacher cela. Contrôler la qualité des documents publiés au nom de l’association contribue à cela.

Pour ce qui est de la possibilité des GL de se former en établissements secondaires dont a parlé @PascalA, cela va effectivement apporter de l’autonomie (mais également des responsabilités) auxdits GL. La constitution en établissement secondaire donnera la possibilité de gérer un budget local (avec le lot de responsabilités qui en découle), la possibilité de toucher certaines aides locales (car association locale), l’accès à des locaux, une liberté dans sa gestion administrative, etc. Toutefois, la validation des documents continuera de se faire par le Comité des Experts pour toutes les raisons cités précédemment. Les Cercles Thématiques (CT), également cités, rentrent dans la même logique : ce sont des groupes de travail nationaux autour d’un sujet donné, dont toutes les productions doivent être validées par le Comité des Experts dès lors qu’elles ont vocation à être publiées en externe de l’association. Tant que cela reste en interne, les documents peuvent librement être publiés auprès des Shifters, notamment pour relecture, débattre, étoffement, mais dès qu’un document sort du cadre interne, alors il doit être validé par le Comité des Experts.

Enfin, un petit point à soulever aussi sur l’autonomie locale des Shifters : les Shifters peuvent tout à fait participer à nombre d’événements locaux, et même de revendiquer clairement leur adhérence à l’association. C’est de la responsabilité des coordinateurs de GL de s’assurer que les propos tenus sont en alignement avec la Charte des Shifters. Mais, dès lors qu’il s’agit d’une publication écrite, validation il doit y avoir.

En espérant avoir répondu à certains de vos questionnements :wink:

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Il est donc bon de se poser la question de savoir si toutes les activités réalisées sont nécessaires. Une validation par le CA national ou un éventuel CE national se pose donc, afin de fluidifier la vitesse d’action ou, au contraire, rendre le travail le plus propre possible. Je pense que cette décision doit se prendre au cas par cas, certains projets nécessitant une relecture plus approfondie alors que d’autres ne nécessitent pas le même niveau de relecture. L’approche scientifique, que vous revendiquez tous, marche aussi de cette manière. On ne relit pas tous les documents au même niveau, même si il y a souvent deux niveaux de relecture.

Pour le reste du paragraphe, je suis d’accord. Les shifters sont en pleine refonte, ça prend du temps. Encore une fois, je soulignais juste des axes d’améliorations, que vous prendrez en compte ou pas.

Encore une fois, tout dépend du document et tout ne se relit pas à la même échelle. Un rapport peut simplement porter le nom de Shifters Nantais ou de Shifters Aix-Marseille si il est relu à ce niveau. Ce même rapport peut porter le nom de Shifters si il est relu au niveau national. Ce qui me pose problème, c’est de faire relire par un organe national un rapport qui portera le nom d’un groupe local. C’est, à mon sens, une perte de temps. Un document produit localement doit être relu localement, cela permet :

  • de gagner en réactivité,
  • de ne pas engorger le CA ou le CE avec des rapports qui ne seront validés que par les groupes locaux.

Idem concernant les rendez-vous médiatiques & co, qui doivent être gérés de manière locales lorsqu’ils concernent une affaire locale. Du moins, c’est mon avis. Toutefois, cela implique de faire confiance aux antennes locales.

Je ne vais pas répondre au reste car, en gros, nous sommes du même avis. Je suis loin d’être contre une relecture des documents, mais j’aimerais que cette relecture soit + structurée. Comme je l’ai dit précédemment, je pense qu’il est nécessaire de faire relire localement un document destiné à être local et nationalement un document destiné à être national. Je prends le cas du projet dans lequel j’ai été, à savoir la LEO d’Avignon. Il a été relu par le CA des Shifters au niveau national mais porte l’estampille Shifters Aix-Marseille et Nîmes-Montpellier (travail collaboratif). Même si, pour notre dossier, la relecture a été rapide, il en va sans dire qu’avec 10000 adhérents le CE va finir par être submergé et les délais vont s’allonger. D’où la nécessité d’agir en local et de relire en local. Cela ne veut pas dire que je suis contre la relecture, je suis juste pour une relecture plus efficace et pour plus de latitude offerte aux Shifters locaux lorsque nous devons agir vite. Ce qui a été le cas pour le dossier monté par les Shifters pour lequel j’ai contribué.

Cette phrase m’a un peu fait rire. Je trouve qu’elle illustre le biais cognitif de la conformité. Pour moi, même si les autres associations font ça, nous pouvons penser un système différent. Cela n’est pas incompatible. Encore que ce que je propose est loin d’être une nouveauté, je l’applique tous les jours dans mon boulot dans un cadre scientifique.

Ca illustre que mon propos a été mal compris. J’espère que ce nouveau post aidera à mieux faire comprendre mon opinion.

Pour le moment, je n’ai pas ce ressenti. Je me trompe peut-être, mais je suis toujours en train de penser à « ne pas exposer l’association » et « ne pas faire telle ou telle chose car l’association pourrait voir son nom y être associé ». Je suis toujours en train de demander si telle action est OK, preuve que je ne me sens pas en confiance vis-à-vis de l’institution Shifters et que je ne sens pas de confiance vis-à-vis de mon travail et de mon implication. Toutefois, comme on l’a dit précédemment, les Shifters commencent à être une grosse association en terme de taille et cette confiance se construit. Je préfère dès à présent vous alerter sur un sentiment qui m’anime et dont je ne parviens pas à me débarrasser.

La création du CE vise justement à fluidifier ce processus de relecture et à « garantir » qu’il se fasse plus rapidement car ce sera la mission principale de cet organe, contrairement au CA qui a tout un tas d’autres missions à mener. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’actuellement, les GL n’existent que comme structure interne à l’association. Ainsi, techniquement, signer « Shifters Aix-Marseille » engage l’association nationale. La validation de qui que ce soit dans un GL n’a aucune valeur pour estampiller un document du logo et du nom des Shifters et revendiquer qu’il s’agit d’une production officielle de l’association. Même si vous écrivez « document rédigé par les Shifters Aix-Marseille » in fine, signer en tant que tel engage bel et bien l’association nationale, qui a donc un droit de regard sur ce quoi elle s’engage.

De plus, faire relire un document par des personnes qui ne sont pas dans le GL permet une plus grande objectivité et prise de recul sur le document produit : c’est aussi ça la force de la relecture par les pairs.

Ce que je voulais surtout signaler, c’est que si d’autres associations font cela, c’est qu’il y a probablement une bonne raison à cela. Rien n’empêche de penser à un système différent, tout dépend de l’objectif poursuivi. Et, encore une fois, pour se montrer comme un acteur sérieux, objectif et scientifique, l’association se doit de contrôler les productions où son nom et son logo sont adossées. Ce n’est pas une question de manque de confiance, loin de là. C’est une question de qualité et de sérieux.

C’est bien de se poser la question, mais il ne faut pas que ça devienne un point d’obsession ou de blocage. A partir du moment où tu ne parles pas « au nom des Shifters », il n’y a aucun problème à revendiquer que tu es adhérent de l’association. Tes propos te sont propres. Après, cela fait 3 mois que tu es parmi nous, c’est peut-être normal si tu ne te sens pas encore à l’aise sur toutes ces questions. Encore une fois, ce n’est pas une question de confiance ou non, c’est une question de « garantie qualité ». Ce n’est pas parce que l’association poursuit un objectif de qualité et la volonté d’être reconnue comme un acteur sérieux qu’elle n’a pas confiance en ses membres. Personne n’est à l’abri d’une étourderie, d’une faute de frappe, d’une erreur de calculs, etc. Faire relire par des personnes qui ne sont pas impliquées dans le projet permet une relecture plus objective. Et s’il s’avère que le CE est débordé, il y aura de nouveaux recrutements. L’objectif de cet organe est bien de permettre une validation plus rapide mais tout aussi sérieuse.

Donc quand tu dis ça tu calques le fonctionnement des Shifters sur ce qui se fait dans la recherche et pas dans l’industrie scientifique c’est ça ?

Ok pour le reste, je ne partage pas tout, mais c’est pas grave, c’est aussi le propre d’une asso que de ne pas être d’accord sur tout.

À bientôt

Je ne connais pas « l’industrie scientifique » donc je ne pourrais pas te dire. Mais ce dont je parle n’est pas moins une question de « calquer ce qui se fait dans la recherche académique » mais plutôt de pallier à de la sociologie/psychologie : on est davantage objectif pour relire les travaux de quelqu’un que l’on ne connaît pas (pas de peur de froisser la personne que l’on connaît notamment). Cela peut éviter les problèmes de pression, de biais de « personnalité » (je ne sais pas comment nommer ce phénomène qui consiste à faire davantage confiance à quelqu’un de reconnu dans un domaine qu’à un « novice » dont les travaux peuvent tout aussi bien recevables). Le seul intérêt derrière tout ça, c’est d’obtenir la plus grande qualité possible.

Le biais d’autorité.

Pour le reste, OK, je vois le principe. Je reste donc sur ma position de :

  • Relire localement si le document est destiné à être local, pour davantage de flexibilité et de rapidité d’action,
  • Relire nationalement si le document a une vocation à être utilisé par l’ensemble des Shifters (ou pour être compilé dans un dossier Retour d’EXpérience)

Ce qui n’enlève que très peu à la rigueur attendue du document. Ça me semble plus pertinent d’agir comme une entreprise nationale avec des antennes locales qui se gèrent toute seule plutôt que de la manière dont tu le décris, avec une remontée systématique des documents vers un centre névralgique national.

Bon, puisque vous vous amusez à chipoter à deux, je vais me permettre moi aussi de rajouter mon grain de sel en changeant un peu de sujet : « faire davantage confiance à quelqu’un de reconnu dans un domaine qu’à un « novice » » ce n’est absolument pas le biais d’autorité !
C’est au contraire un comportement rationnel et c’est ce qui fait qu’à chaque fois qu’on entend un avis sur un sujet quelconque (la couleur des chaussettes à mettre, la meilleure recette de gâteau au yaourt, etc… ) si c’est quelqu’un qui est reconnu comme expert du domaine tu lui fais confiance et tu ne redémontres pas la validité de tous les articles scientifiques sur le sujet. Cela te permet de gagner du temps.
Le biais d’autorité c’est plutot quand cette expertise est surévaluée/ou concerne en fait un autre domaine/ou alors qu’elle n’est justifiée que par une position hiérarchique.
Du coup il s’agit de « seulement » vérifier l’expertise de l’autorité en question et l’enjeu de la question (qui est un autre motif pour ne pas faire pleinement confiance à l’expert car une erreur aurait une importance capitale à tes yeux et donc tu te dois de vérifier)

Voilà, rien à voir avec le sujet du départ mais bon c’était pour faire diversion

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Je me suis basé sur ça : Biais d'autorité

Et ça : Cinq biais cognitifs à connaître pour ne plus se tromper - L'Express L'Entreprise

J’ai peut-être mal compris

J’irais presque jusqu’à dire que ce que tu as dit correspond à la définition d’un biais cognitif tel que le démontre Daniel Kahneman dans Système I système II. Livre passionnant au demeurant.

Un biais cognitif est une erreur de jugement basée sur quelque chose de supposément logique, évident. Le biais d’autorité est donc donner confiance à quelqu’un d’expert, ayant + de références, sous prétexte qu’il est reconnu comme tel. Le biais cognitif permet de gagner du temps, puisque dans 99% des cas il permettra d’avoir juste. Cependant, il reste ce 1% où le biais nous trompe.

Du coup, je maintiens que oui, c’est bien le biais d’autorité. Ou alors, j’ai pas compris ce qu’est un biais cognitif.

Oui, dans la première définition que tu mentionnes je pense que le mot important est « surévaluer ».
Il est normal/sain de faire plus confiance à un expert qu’à un novice (si on est bien dans le cas où c’est un expert du sujet, pas si c’est un responsable hiérarchique ou un expert d’un autre domaine car la on surévalue). Cela ne veut pas dire que l’expert ne peut pas se tromper mais ça veut dire qu’a priori on fait plus confiance à l’expert (on n’attribue pas la même proba de véracité). Ensuite selon l’enjeu du choix (couleur de chaussette ou désamorçage d’une bombe) ou si le résultat semble en décalage avec ses croyances/convictions on peut voire on doit quand même décider de creuser le sujet.
Pour moi le biais c’est quand on se trompe sur l’autorité réelle sur le sujet. Le fait aussi d’évaluer s’il faut rechallenger la conclusion de l’expert (d’autant qu’on peut rarement être sur à 100% qu’il est expert d’un sujet précis) est aussi assez sensible car remettre systématiquement en cause est contre-productif

Du coup pour moi le biais c’est quand le choix dérape parce qu’on a mal évalué les critères, ce n’est pas le fait de faire plus confiance à un expert dans un cas légitime (c’est ce que j’en ai compris)

Un biais cognitif n’est pas la signification d’une « erreur » de jugement. L’erreur de jugement vient du biais cognitif, il en est la conséquence. En gros, on fait tout le temps confiance à notre cerveau reptilien, source de nos biais cognitifs. Parfois, ils nous induisent en erreur. Dans la grande majorité du temps, ils sont positifs. C’est ce que moi j’en ai compris.

Bref, on s’éloigne du sujet, continuons en privé si ça vous intéresse. Ma simple position dans ce débat est de donner + d’importance et de pouvoir aux groupes locaux et de faire valider ce qui est local par les groupes locaux. Si les Shifters veulent s’approprier le travail d’un groupe local, alors le passage en comité d’experts est pertinent. Car le monde de demain s’organisera de manière locale, autant commencer avec les Shifters

Encore une fois, ne faire valider un dossier qu’en interne d’un GL peut ne pas donner une qualité optimale (manque de temps des relecteurs, manque de recul, ne pas vouloir froisser les Shifters que l’on côtoie plus régulièrement, etc.). L’objectif du CE est de garantir la qualité tout en permettant la liberté des choix de dossiers des GL. Tout ça a été réfléchi, et n’a pas été décidé pour embêter qui que ce soit. Si le CE tourne correctement, cela ne posera pas de problèmes sur les questions de temps/deadlines (seule raison pour laquelle une centralisation peut apporter un inconvénient).

Ok, je te remercie.