Ravage 2.0 - Scénarios d’effondrement

Nous sommes en 2025.

Le variant gamma du Covid-19 provoque un 7ème reconfinement et les hôpitaux sont de nouveau submergés.

L’EPR de Flamanville a démarré en 2024 en échange de l’arrêt des 3 réacteurs les plus anciens, malheureusement des fuites de gaz radioactif sur les gaines d’un réacteur se sont fissurées, entraînant l’arrêt total de la centrale au printemps 2025.

Les conséquences du réchauffement climatique commencent à se faire plus sévères en France: l’hiver fut particulièrement doux et sec, les nappes phréatiques ne se sont pas régénérées depuis la sécheresse de l’année précédente. De nouvelles gelées tardives début mai ont une nouvelle fois anéanti de nombreuses récoltes. De plus, une période de pluie torrentielle sur un sol desséché fin mai a provoqué de graves inondations et glissements de terrains. L’état misérable de la végétation n’a pas permis au sol de faire office de tampon, la plupart des sols ont été lessivés et l’eau est tombée si violemment que cela n’a absolument pas permis de restocker l’eau dans les nappes phréatiques.

La Chine a également été touchée par des événements climatiques extrêmes pendant l’hiver qui ont provoqué un black-out pendant une semaine. Le système est reparti, l’armée fait régner l’ordre, le régime a passé à la vitesse supérieure dans son totalitarisme et ne fait plus aucun effort pour maintenir des relations amicales avec le reste du monde : le pays se replie sur lui-même. La plupart des usines de raffinages de minerais et de production de composants électroniques sont à l’arrêt et ceux qui sont encore en fonctionnement fournissent le marché intérieur. Les conséquences sont terribles pour l’économie mondiale, les pénuries de minerai raffinés et de bien de consommation font exploser la plupart des bulles spéculatives : véhicules électriques, semi-conducteurs, jeux vidéos, téléphonie, informatique, les géants mondiaux s’écroulent les un après les autres.

Revenons en France, en plus de l’épidémie en cours, de nombreuses personnes se retrouvent sans domicile à la suite des inondations dévastatrices et la crise économique provoque une inflation sans précédent et des pertes d’emplois à n’en plus finir.

Suite aux inondations du moi de mai, plus aucune goute d’eau ne tombe, un climat chaud et aride s’installe sur l’Europe au moi de juin. Après une série d’orage de grêles particulièrement violant fin juin, la situation évolue avec l’installation durable d’un dôme de chaleur sur l’Europe.
Mi-juillet, les températures atteignent 47,9 degrés à Aurillac et les moyennes se situent autour des 44 degrés dans la plupart des plus grande villes. Les habitants confinés survivent tant bien que mal et montent la climatisation, tout comme les lieux public, la consommation énergétique s’envole.

En parallèle, les centrales nucléaires situées près des fleuves sont contraintes de réduire leurs puissances face aux températures inquiétantes des cours d’eau. Couplé avec l’arrêt définitif des 3 réacteurs et la panne de Flamanville, la production électrique d’origine nucléaire est fortement ralentie. Le dôme de chaleurs bloque la circulation d’air et la plupart des éoliennes sont également à l’arrêt. Le système énergétique européen est au bord de la rupture.

Les conséquences des événements climatiques du printemps se font maintenant sentir sur l’approvisionnement alimentaire, les ruptures d’approvisionnement renforcent l’instabilité générale.

Au cours de la seconde partie du mois de Juillet, de nombreux feux de forêts se déclenchent progressivement malgré les efforts de prévention considérable qui avait permis de réduire leur occurrence jusque là. Les villes sont également frappées par de nombreux incendies. En effet, de nombreux véhicules électriques sont équipés de batteries chinoise de mauvaise qualité : couplé à la chaleur extérieure et l’usage de borne de recharge ultra rapide, ces véhicules finissent par exploser les uns après les autres. Des incendies généralisés s’entendent progressivement en France. Ces incendies sont renforcés par la formation de pyrocumulonimbus, ces orages de feux qui provoque la diffusion exponentielle des incendies.

Le ciel est rapidement recouvert d’épais nuages de cendres.
Les panneaux solaires ne fournissent plus d’électricité.
L’ensemble des centrales à gaz européenne tournent à plein régimes mais la Russie n’avait jamais envisagée qu’une telle demande Européenne puisse subvenir et elle est contrainte de limiter le débit de gaz des pipelines.

Fin juillet, le système énergétique européen s’écroule.

Les conséquences cumulées des crises sanitaire, économique, climatique, alimentaire et énergétique plongent l’Europe dans le chaos.

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Pas mal écrit tout ça mais, ca va sinon ? Tu devrais prendre du Climax© je pense ^^

C’est bien écrit et ça semble plutôt réaliste. Par contre, d’expérience ça peut peser sur le moral a la longue. Une petite pause scenario ce week-end, boire des coups avec des potes ou autre, c’est mieux que le Climax :slightly_smiling_face:

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Du coup, je compte sur vous pour, au choix :

  • Démonter ce scénario et montrer que cela n’a aucune chance d’arriver.
  • Réfléchir à comment éviter que ce genre de scénario n’arrive.
  • Proposer d’autres scénarios de chocs peut-être un peu moins dramatique (là j’ai essayé de mettre le maximum de contraintes et un effondrement le plus rapide possible).
  • Proposer un récit montrant comment la société peut se relever par la suite.
  • Globalement, proposer des récits plus positifs mais réalistes.
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J’ai ne peu hélas proposer que des scénarii pires.
Par exemple, il suffit de 8 jours de blackout pour que le système s’effondre :

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Suffit de suivre les news pour avoir 2-3 idées

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Pour compléter ces bonnes nouvelles :

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Tu peux rajouter une mousson en Belgique et en Allemagne
:sweat:

C’était sous entendu là.

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https://www.ouest-france.fr/monde/chine/chine-deux-barrages-s-effondrent-apres-des-pluies-torrentielles-pres-de-22-000-hectares-submerges-76924078-e89a-11eb-80ca-f52084547a2e

Je vais peut-être affiner mon scénario, dans les catastrophes climatiques qui peuvent provoquer un black-out en Chine, il y aurait l’effondrement de barrages. Par exemple si le barrage des 3 Georges ou leur dernière merveille de 16GW à Beihetan ont un jour un problème, il y a des risques important.
J’ai l’impression que les risques sont plus importants en Chine qu’ailleurs, probablement du à des problèmes de qualité ou de sous-estimation des risques climatiques.

Ou à l’inverse, une sécheresse extrême pourrait également avoir de forte conséquence :

Et les deux peuvent se cumuler, la Chine est suffisamment grande pour qu’il ai une longue sécheresse avec des barrages hydroélectriques à sec d’un côté du pays et à l’inverse des précipitations extrêmes d’un autre côté (il faut bien que l’eau tombe quelque part :thinking:) qui submerge des barrages. S’il y a en plus un problème sur un réacteur qui provoque son arrêt, ce pourrait faire basculer la situation.

Pour l’instant pas de nouvelles de Taishan j’ai l’impression, ils doivent continuer à fonctionner en mode « dégradé » alors qu’il devrait l’arrêter s’il respectez un minium les normes de sécurité :

Ils ont pris 200 mm d’eau en une heure, vs ~250 en allemagne en trois jours. Toujours la démesure ces chinois !

Du coup, tout se passe bien aux US :sweat_smile:

Je continue à donner quelques détails de pourquoi chaque élément a de l’importance dans ce scénario :

Ça c’est la prévision pour demain :

On se rend compte que des orages de grêles violents peuvent ravager une part assez importante des récoltes. Si ça se passe dans une situation à peu près normale, c’est pas hyper grave, la sécurité alimentaire n’est pas forcément menacée car il y a toujours des imports, les assurances paieront les dégâts… mais lorsque cela se passera au beau milieu d’une crise à multiple facteur, cela peut faire empirer la situation.

Au passage, une musique sympa dans le thème de la sécurité alimentaire :

Ahah bon, je sais pas si mon commentaire à une quelconque utilité mais je rejoins quand même MichelB, faut peut être pas trop s’étouffer avec ce genre de choses certes plausibles voir même certaines probables. Et ce bien qu’on ait plein d’indices montrant que ça risque de se passer comme ça : gaffe au biais de confirmation.
Avec mon coloc on appelait ça faire du doomporn, c’est assez exutoire mais au fond, entre le avant / après, le monde n’a pas changé et je doute d’un effet bien positif sur nos santés mentales ! Un peu comme la vidéo d’Absol sur l’effondrement de la civilisation thermo industrielle, il n’a pris que le pire et ça fait un effet coktail / mille feuille argumentatif franchement flippant dont l’effet sur les gens qui sont déjà conscients me parait peu productif.

Bref, boire des bières, tout à fait, mais j’ajouterais aller en manif de n’importe quoi rencontrer des gens motivés/inspirants qui veulent changer le monde, partir marcher 5 jours en montagnes, trouver des groupes de gens en mode woofing ou chantier collaboratif cet été… ça me semble mieux encore que le climax.

(j’adore zippo)

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Thanks, je vois bien ce que tu veux dire.

Je vais essayer d’expliquer pourquoi j’ai lancé ce fil :

On a tous des idées plus ou moins détaillées des catastrophes qui vont arriver, en gros ce qu’on connaît déjà en plus extrême.
Par contre, j’ai pendant longtemps eu du mal à voir les choses de façon plus globale, je pensais à chaque catastrophe de façon indépendante et séparée des autres. Or, ce qui arrive de plus en plus, c’est que les événements arrivent en même temps et chacun a des répercutions cumulées avec les autres. Et ça, personnellement je trouve que c’est assez dur à visualiser pour bien comprendre les implications de crises multiples.
Pendant assez longtemps, j’ai été sceptique sur la possibilité d’un effondrement rapide de la société car je regardais les événements possibles un par un. Or quand tu regardes l’ensemble, les risques sont multipliés.
Donc, cela me semble important de ne pas se voiler la face, de regarder la réalité en face et d’essayer de comprendre comment chaque chocs peut se cumuler avec les autres.

Je penses que pour éviter, ralentir ou s’adapter à une forme d’effondrement de la société, il faut comprendre les causes possibles. Sans cela, on risque de passer à côté de quelque chose, voir peut-être nous diriger vers des solutions technologiques ou des modèles de société qui résolvent peut-être certains problèmes mais ne sont pas résilient face des chocs cumulés.
Est-ce que c’est mauvais pour la santé mentale ? Peut-être bien mais cela permet également de ne pas tomber dans l’effet inverse : croire qu’on va s’en sortir ou amortir des chocs grâce à telle solution potentielle et donc avoir un optimisme qui soit contreproductif car il empêche de traiter les vrais sujets de l’adaptation radicale aux chocs potentiels.
Et je dis ça principalement pour moi-même car c’était ma façon de penser pendant longtemps.

Ensuite, une fois qu’on a bien compris le problème, qu’on a accepté émotionnellement et rationnellement qu’une sorte d’effondrement est probable, alors on peut chercher les solutions de manière plus réaliste et pragmatique.

J’ajoute également ce super schéma :

Je penses qu’il faut faire plusieurs oscillations sur la courbe avant d’avoir une vision cohérente, je ne penses pas l’avoir encore, il me faudra probablement d’autres aller-retour.

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Très intéressant ! Cela dit, je pense qu’on parle plus de sensibilités personnelles que de données factuelles, d’analyse « objective ».

Je reviens sur le cadrage « scénario du pire », car par ailleurs on converge sur plein d’aspects.

C’est sans aucun doute vrai, mais de la même manière, on n’a pas idée des réactions face à l’état d’exception, face à une escalade de chocs. Si on considère que des externalités nous font sortir du régime de ce qu’on connait à ce jour, il parait rationnel d’envisager que les comportements et réactions seraient différentes de ce qu’on connait à ce jour.

Je reconnais avoir utilisé ce terme, non pas pour passer un message de style « préserve toi, respire, en vrai ça va aller, c’pas si pire », mais plutôt pour faire relativiser un potentiel emballement dans les infos anxiogènes : si on en cherche, on en trouve, et du coup on pense moins bien. Et particulièrement dans ce genre d’analyse pour lesquelles il est facile de trouver des prédictions / expériences de pensées / anecdotes qui convergent car justement tout est possible. Tant le meilleur que le pire, alors ne prenons pas que le pire.
De la même manière que penser innovation et ne pas envisager que ça se passe mal ça enferme dans un cadre de pensée, se dire que tout s’emballera, ça enferme aussi dans un cadre de pensée, ça force certains raisonnements et en interdit d’autres.

Et là je ne suis pas psychologue mais j’aurais tendance à être d’accord. Cela dit, est ce que la partie doomporn était nécessaire, j’en sais rien. Peut être on peut aussi l’admettre intellectuellement, sans y croire. Faut voir si des travaux de psychologie s’intéressent au sujet, ça doit surement exister.

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Ma conclusion, on doit réfléchir à cela de plein de manière.

A ce jour, j’ai tendance à me dire que faire des modèles, des prédictions ne sert à rien.
De ce que j’en vois, les approches déductives [enchaînement de situations, d’évènements pour arriver à un état final], ça suppose l’état final ou un enchaînement d’évènement qu’on pense se produire. Ca peut être du tonneau « on va forcément s’adapter », dérivé du « je suis jamais mort jusque là donc je suis immortel », ou de celui « ça s’effondre », dont on parle précédemment.

Je préfère les approches inductives [comment éviter telle situation indésirable, éviter tel comportement] ou par scénarios [un mix des deux], car elles amènent à ce que faute de dire où on va, on essaie de manier les tendances, les incitations.
Un peu comme s’il y avait une échelle macro et micro. En matière d’imaginer le futur : l’approche déductive tente de dire ce qu’il va se passer et de décrire des évènements micros, l’approche inductive tente de décrire les tendances, les grandes forces à l’oeuvre et le côté macro, pour éviter que des évènements précis ne se produisent (mais sans focaliser dessus).

Bon, c’était un peu théorique mais voilà, je voulais pointer qu’il y avait plusieurs manières d’aborder le sujet.

Ps : c’est rigolo à la fin du schéma, il y a quand même « croissance ». Bouh !

Je sais plus si quelqu’un l avait posté sur le forum, mais c est pile dans le thème. Où on apprend que la sécurité civile est sans le sou à cause du COVID…

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Tellement sans le sou, que bien que j’ai adressé 3 coups de fil (10 min d’attente à chaque fois) et 2 mails à la Mairie de Marseille au sujet du lien DICRIM pété, le lien n’est toujours par réparé : voir en bas de page le lien ‹ risques majeurs ›:

C’est glaçant.

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On pourrait également considérer alors que le scénario présenté ici est optimiste.
Après, je sais plus quoi dire ou faire alors…
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