Que penser du projet HERCULE?

Bonjour,
Je fais suite a l’article de Meko sue HERCULE Le projet de réorganisation d'EDF entériné?

Je n’arrive pas à me faire un avis sur cette question du projet HERCULE, pourtant si cruciale pour l’entreprise publique EDF et bien peu démocratiquement débattue (comme Suez d ailleurs…)
A priori je suis contre car :

  • privatisation au moins partielle d’une entreprise publique historique qui marche malgré tout
  • qui plus est sous la contrainte de Bruxelles
  • potentiellement vente des actifs historiques hydros et ENR et Enedis a des étrangers
  • risque de privatisation des profits et socialisation des pertes (et ou augmentation du prix de l energie) pour servir les actionnaire de la branche ENR et les banquiers de la branche Nucléaire
  • complexification du marché énergie qui semble dejà inutilement compliqué

MAIS

  • peut on dire que séparer le nucléaire peut permettre à l’état de mieux le relancer ?
  • qu’ouvrir une grosse entreprise publique de ce type peut la rendre plus efficace et que ce gain soit repercuté sur le prix payé par les clients ?
  • y a t il d autres arguments pour le projet?

Enfin je suis aussi surpris de la grosse campagne de pub du Csec d EDF sur le sujet dans les rues et en ligne https://energie-publique.fr/ que j ai signée faute de temps pour mieux comprendre la question.

Merci à vous,
Nicolas

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A-t-on des exemples où c’est le cas ? Est-ce que l’efficacité (mesurée comment ?) s’est déjà répercutée sur le prix payés par les utilisateurs (pas « clients », s’il te plait, on utilise un service publique).

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EDF dans sa forme actuelle a déjà une part de son capital ouverte au privé (15% env.) donc avec la réorganisation, je pense que l’équilibre reste sensiblement le même avec les 35% d’EDF vert.
Le noeud du problème, c’est qu’EDF a besoin de capital pour financer son développement EDF car il est jugé en retard face à ses concurrent européens ; et comme l’Etat actionnaire « n’a pas les moyens de le soutenir ».
Quant à la nationalisation des pertes, et la privatisation des profits, il faut raison garder. Pour l’instant, l’Etat actionnaire ne se prive pas d’inscrire le dividende d’EDF à ses recettes, même quand l’entreprise vacille (cours de bourse -82% entre 2006 et 2016 - on peut aussi se poser la question de la pertinence de l’Etat en tant qu’actionnaire). Pour les profits de la branche ENR, ils sont tout de même hypothétiques sur le long terme puisque sur ce même forum on discute de l’intérêt même des ENR (hors hydro).

Ca, ça me parait être extrêmement problématique car la politique de la concurrence européenne pousse à l’absurde (cf. ouverture à la concurrence du marché du rail).

La complexité du marché pour EDF, c’est déjà qu’on l’oblige à vendre de l’électricité à ses concurrent à des prix beaucoup trop bas et qui fragilisent EDF.
En aparté, je ne comprends pas qu’on laisse des acteurs parler d’offre d’électricité 100% verte ou ENR, comme si les électrons avaient une couleur. Le client habitant au pieds d’une centrale nucléaire aura beau souscrire un tel contrat, il aura l’électricité produite par la-dite centrale… Raisonner en silos n’a pas vraiment de sens puisque c’est le mix énergétique qui compte, et s’adapte pour tous le monde.

Je pense en effet que c’est la meilleure stratégie si on veut avoir une vraie politique nucléaire. Néanmoins c’est à double tranchant puisqu’on rend la filière encore plus dépendante des revirements politiques à courte vue.

Pour conclure, je n’ai pas réussi à me faire un avis sur la question! Mais j’ai tout de même du mal à voir le sens de ce démantèlement et son intérêt pour l’entreprise actuelle. EDF a cependant besoin de se restructurer pour affronter son avenir mais est-ce la bonne stratégie?

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Je n’ai pas l’impression que ce soit de la « stratégie », mais plutôt une contrepartie dans les négociations avec la commission européenne ?
EDF a absolument besoin que les tarifs de l’ARENH soient relevés, et j’avais l’impression que la commission demande en échange un pas de plus dans la libéralisation. C’est ce que sous-entend cet article Qui veut la mort d’EDF ?, par Anne Debrégeas & David Garcia (Le Monde diplomatique, février 2021)

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Dans le fond, c’est déjà le cas actuellement avec l’ARENH: le nucléaire est une rente (investissements faits il y a plus de 40 ans) dont le profit finance en partie des fournisseurs privés.

Ou de mieux le couler ? :slight_smile: Par exemple j’entends déjà l’argument « EDF vert fait plein de profits, mais EDF bleu a des pertes abyssales : ça montre bien que le nucléaire ne marche pas ».
Mais d’un autre côté ça permettra peut-être de renflouer le nucléaire sans être emm…dé par la commission pour distortion de concurrence ?
J’imagine que ça peut partir dans les deux sens, et j’ai aussi du mal à me faire une idée…

C’est le but affiché de la libéralisation. Parfois ça marche (fournisseurs téléphonie / internet par exemple ?). L’Europe se rêve un peu en championne des consommateurs !
Mais comme la production d’énergie va être le principal problème à l’avenir, je trouve qu’aborder le secteurs de l’électricité sous l’angle d’optimisation pour le consommateur est vraiment pas malin. Il faut prendre les décisions intelligentes pour les 50 années à venir, pas faire baisser la facture demain.

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Merci pour vos réponses et vos avis, tres intéressant!!
En resumé quand même je dirais qu’on voit bien ce qu’on perd, mais pas très clairement ce qu’on gagne. Et la difficulté que nous avons à faire la lumière sur les bénéfices ne me dit rien de bon. Je vais faire tourner la petition :slight_smile:

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L’article du Diplo est éclairant avec la scission en 3 activités :
1 - Nuke et systèmes associés, dont ERDF
2 - Hydro et production stratégique
3 - « Energies vertes » et réseau de distribution.

C’est la partie 3 qui serait privatisée.

Quand il s’agit d’indiquer l’apport de la libératisation, la commission ne donne pas de réponse. IE, bande de bétas, c’est forcément mieux si c’est privatisé.
Quand on voit les enjeux gigantesque liés à la décentralisation et à l’entretien des réseaux terminaux, je ne vois pas en quoi privatiser et saucissonner des pertes potentielles va permettre une meilleure gestion et un meilleur entretien, ni meme rammener dans les structures 1 et 2 assez pour les péréniser.

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Si les « Energies vertes » et réseau de distribution sont privatisés, ca veut dire que nos impots ne subventionneront plus les éoliennes et le PV inutiles en France?

Alors tes impots non, mais ta facture, oui… Or vu la répartition du prix de l’électricité, je ne suis pas certain que ce soit à l’avantage de la solution que tu cherches à promouvoir…

Non, ce que fait l’État de tes impôts n’a rien à voir avec le caractère public ou privé de l’organisme vers lequel l’argent de l’État est redistribué.

EDF est un « monstre » par rapport à la plupart de ses concurrents Européens. Si nous souhaitons organiser un marché commun Européen, avec une concurrence entre les acteurs, il n’est pas illogique de « réguler » certains cas, à fortiori si l’état actionnaire a besoin d’y injecter de l’argent. Si l’état souhaite injecter de l’argent, il est logique de séparer les activités pour limiter les distorsions de concurrences.
On peut également préférer conserver des marchés domestiques avec des entreprises d’états monopolistiques dans chacun des pays, et ne pas construire l’Europe. Les monopoles d’états, ou même privé, ne me semblent pas compatibles avec un marché commun Européen.
On peut refuser la construction économique Européenne avec un marché commun unique. Mais pour moi, les avantages de la construction Européenne dépasse très largement les inconvénients. Cette construction a déjà permis que nous ne nous tapions plus dessus. C’est déjà un grand pas en avant par rapport à l’histoire Européenne mouvementée des x derniers siècles. Grosso-modo, nous sommes en paix depuis 70 ans ! Un historien confirmera que c’est une première depuis quelques siècles.

L’autre solution est peut être de construire des entreprises publiques monopolistique à l’échelle Européenne. Mais quand on connait les difficultés d’intégration pour une entreprise rachetant une autre entreprise dans un autre pays, je ne crois pas un instant qu’il soit possible de construire rapidement un EDF à l’échelle de l’Europe. Par ailleurs, tous les pays vont se tirer la bourre pour être le patron de l’ensemble.
De plus, ces mastodontes vont probablement générer de la bureaucratie supplémentaire. La gestion de Covid avec ses bataillons de bureaucrates dans d’innombrables divisions/organisations illustre bien les limites du modèle « armée mexicaine ». :slight_smile:

In fine, le sujet est avant tout la construction Européenne. Mais, compte tenu de l’élargissement trop rapide de l’Europe empêchant la poursuite de l’intégration, cette construction est en fond de cale depuis un moment.
Pour ma part, je suis pour un modèle Européen totalement intégré grosso-modo comme les USA. Mais nos gouvernants politiques actuelles utilisent surtout l’Europe comme repoussoir pour se faire élire, sous-entendu c’est pas moi, c’est la faute de l’Europe.

Pour le climat, le débat n’est de très très loin pas « publique versus privé ». Que l’état fasse déjà son boulot (cf les innombrables retards pris sur le sujet climat, les aller-retours timorés sur le nucléaire …) ! Une entreprise publique n’est pas plus ou moins vertueuse qu’une entreprise privé, à fortiori avec un état actionnaire piètre dirigeant d’entreprise.
Pour le nucléaire, c’est néanmoins préférable d’avoir une organisation publique, notamment pour gérer le temps long. Mais si l’état ne sait pas ce qu’il souhaite faire dans 10 ans, 20 ans, 30 ans, ce n’est pas l’entreprise, publique ou privé, qui le saura à sa place.
On en revient toujours au même sujet. Nos hommes politiques de tous les bords confondus sont mauvais; où plutôt des crétins inconséquents ne regardant pas plus loin que le bout de chaussure et la prochaine élection.

En conclusion, le vrai sujet n’est pas l’organisation interne de tel ou tel entreprise. Il faudrait déjà avoir défini précisément ce que nous souhaitons faire pour le mix énergétique électrique Français pour les 50 prochaines années, et ne pas changer d’idées à chaque élection. Mais avec un commissaire au plan ayant la lumineuse idée de reculer le remboursement de la dette Covid de 50 ans, on n’est pas sorti le cul des ronces. :slight_smile:
Je ne pense donc rien d’Hercule car ce n’est pas le bon sujet. :slight_smile: On fera des choses bien, ou de la merde, avec ou sans Hercule. Commençons déjà par décider de faire des choses biens. :slight_smile:

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C’est surement en partie vrai mais il y a aussi eu un énorme bouleversement de la société après la seconde guerre mondiale. A mon avis c’est difficile de dire que la paix est due à untel ou untel. On pourrait aussi soutenir que c’est l’abondance énergétique pour tous les pays riches (voir l’explosion de l’utilisation du pétrole et du gaz post 1945 : usage_petrole_graph8-1024x503.png (1024×503) (jancovici.com)). Celle-ci conduit notamment à spécialiser l’armée et à déplacer les conflits (grâce au pétrole) loin de France et d’Europe (de l’ouest) : Liste des guerres de la France — Wikipédia (wikipedia.org)
Il y a aussi la dissuasion nucléaire qui est un élément totalement nouveau et qui date aussi de cette époque. D’ailleurs je me permets de copier-coller l’introduction Wikipédia de la page Dissuasion nucléaire — Wikipédia (wikipedia.org) qui résume assez bien la situation :

« Depuis la fin de la guerre froide, la question de la légitimité et de l’efficacité de la dissuasion nucléaire est plus que jamais débattue. Il n’y a eu que peu de conflits directs depuis 70 ans entre des pays pratiquant la dissuasion nucléaire, un fait mis en avant par ses partisans mais cela ne constitue pas une preuve absolue aux yeux de ses détracteurs, qui attribuent davantage cette paix relative à d’autres facteurs comme le traumatisme immense laissé par la Seconde Guerre mondiale, l’accroissement spectaculaire des échanges économiques et culturels qui gomment les clivages géopolitiques traditionnels1 la conscience du danger de « l’hiver nucléaire » qui pourrait être provoqué par une guerre nucléaire régionale, pas seulement par une telle guerre entre deux superpuissances nucléaires2, la création de diverses organisations comme l’OTAN, l’Union européenne et les Nations unies. »

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Est-ce qu’il y a une définition scientifique de « monstre » ?

Est-ce qu’un tel souhait est basé sur des postulats scientifiques ? Est-ce que la méthode scientifique nous permet de voir la différence entre un marché avec et un marché sans concurrence (c’est quoi la définition scientifique de « concurrence ») ?

Est-ce que c’est la méthode scientifique qui pose le caractère logique de cette séparation ? C’est quoi la définition scientifique de « distorsion » quand on parle de « concurrence » ?

Est-ce que c’est la méthode scientifique qui permet de déduire que la « conservation de marchés domestiques avec des entreprises d’État monopolistiques » ne permet pas la construction de l’Europe ?

Est-ce que la méthode scientifique permettrait d’établir la différence entre la conservation de marchés domestiques et la conservation d’entreprises d’État monopolistiques (ou non) dans les facteurs qui contribuent ou freinent la construction de l’Europe ?

Est-ce que cet avis est basé sur une démonstration scientifique ? Ou est-ce que c’est juste un sentiment basé sur des notions empiriques qui pourraient faire l’objet d’une étude scientifique ?

Est-ce que des démonstrations scientifiques étayent cette affirmation qu’il n’existe pas d’alternative ?

Est-ce que cette opinion est basée sur une démonstration scientifique ? Ou est-ce que c’est juste un sentiment basé sur des notions empiriques qui pourraient faire l’objet d’une étude scientifique ?

Est-ce que le conflit pluriel/singulier suggère qu’il n’y a qu’un avantage à la construction européenne ?

Est-ce que c’est la méthode scientifique qui nous permet d’ignorer qu’on a tapé sur les Grecs et en général sur les mouvements sociaux qui apparemment protestent contre les inconvénients de ladite construction européenne ?

Est-ce que la méthode scientifique ne nous permettrait pas d’identifier des zones où la construction européenne est directement responsable de « violences » (pris pour le terme « se taper dessus ») à l’égard de populations intra ou extraeuropéennes ?

Est-ce que le même historien pourra confirmer scientifiquement que l’absence de conflits armés intraeuropéens (à l’exception de la liste trouvée ici : List of conflicts in Europe - Wikipedia) est due à la construction européenne et pas à d’autres facteurs ? Par exemple, il n’y a aucune construction internationale en Asie extrême-orientale, mais il y a aussi peu de conflits (même moins si l’on considère l’explosion de la Yougoslavie dans les années 90).

Est-ce que des études scientifiques ne pourraient pas apporter des réponses précises au sujet des difficultés d’intégration des structures de cette taille ? Est-ce qu’il existe un consensus scientifique qui affirme que la construction d’entreprises publiques monopolistiques ne peut se faire que par le « rachat » ?

Est-ce que des études scientifiques ne pourraient pas nous montrer si c’est déjà le cas dans d’autres institutions européennes ?

Est-ce que cette « probabilité » est Schrödingerienne ? Est-ce une affirmation basée sur des études scientifiques ?

Est-ce qu’il y a eu des études scientifiques qui ont abouti à ces résultats ? Dans le cas de la France, est-ce qu’il existe des études scientifiques qui montrent que le « Conseil de défense sanitaire » mis en place par l’exécutif s’apparente à une « armée mexicaine » ?

Est-ce que le débat n’est pas ab ovo plutôt une solution internationale à la crise du climat ? Et la construction européenne peut ou pas être un outil qui amène à cette solution, mais ça serait bien d’en avoir la preuve scientifique ?

Est-ce qu’il existe des études scientifiques qui valident cette perception de la « construction » européenne ?

Est-ce que la crise énergétique récente au Texas n’a pas montré de manière presque scientifique qu’il y a justement un grave problème d’intégration aux USA ?

Est-ce que cette perception apparemment distordue de la réalité américaine (qui est un contributeur majeur aux émissions de GES) ne pourrait pas être l’objet d’études scientifiques qui nous montreraient des partis-pris incompatibles avec une position rationnelle sur la question de la crise climatique mondiale ?

Est-ce que des études scientifiques ne montreraient pas que des discours similaires de défausse aux États-Unis ont des causes similaires et que les politiciens américains ont pour l’essentiel des préoccupations similaires aux politiciens européens ?

Est-ce qu’il existe des études scientifiques qui montrent que les profits du « privé » se répercutent de manière efficiente sur le bien « public » ?

Est-ce que les études scientifiques qui existent sur la perception que des quidams ont de l’action de l’État montrent (ou pas) que cette perception n’est basée sur rien d’autre que des notions floues de ce que « fait » l’État ?

Est-ce que le concept de « vertu » est un concept à effet de sens dans l’étude du fonctionnement et de la finalité des entreprises ?

Est-ce que des études scientifiques ne pourraient pas montrer qu’il y a incompatibilité entre la gestion d’un bien commun et l’extraction de profit à usage privé ?

Est-ce qu’il existe des études scientifiques qui montrent que les autres énergies peuvent se gérer sur le temps court avec bénéfice pour la collectivité ?

Est-ce que des études scientifiques sur l’augmentation de la participation publique aux débats qui portent sur le temps long ne pourraient pas indiquer des pistes pour améliorer les orientations de l’État sur ces temps ?

Est-ce qu’on n’a pas déjà pléthore d’études scientifiques sur le concept de champ qui montrent que la finalité des transactions dans un champ donné n’a que peu de rapport avec la finalité que ce donnent les acteurs de ce champ ? Est-ce que ces études concluent que les acteurs dans ces champs sont des crétins inconséquents ?

Est-ce que cette affirmation n’est pas en conflit avec une autre affirmation dans un autre message selon laquelle il faudrait de « l’agilité » dans les structures de l’État (et donc a fortiori dans les structures des entreprises publiques) ?

Est-ce qu’il existe des études scientifiques qui montrent que cette définition n’est pas en cours de constitution à l’heure actuelle ?

Est-ce que des études scientifiques ne montreraient pas que la situation actuelle extrêmement fluctuante ne peut générer que des incertitudes et des hésitations dans l’élaboration de cette définition ?

Est-ce qu’il n’existe pas déjà des études scientifiques qui montrent que le remboursement de dettes n’est qu’un problème d’écriture comptable quand il s’agit d’États, au contraire des entreprises privées et des individus ?

Existe-t-il des études scientifiques qui montrent que ce report d’un remboursement qui peut être démontré comme étant inutile a un quelconque rapport avec la mise en place d’une politique énergétique pour la France et l’Europe ?

N’existe-t-il pas des études scientifiques qui montrent que pour faire passer un message il est préférable d’aller droit au but et d’éviter de noyer le message dans du bruit ?

Etant Alsacien, je suis assez sensible au sujet des guerres notamment franco-allemandes. Sur la place de la République de Strasbourg, il y a une piétà symbolisant une mère pleurant ses 2 enfants, mourant l’un pour la France, l’autre pour l’Allemagne.
Ca me parle comme à beaucoup de familles de ces régions.

Attention, je ne dis pas les français de l’intérieur sont moins sensibles aux guerres. Mais en Alsace et dans toutes les régions baladés d’un camp à l’autre depuis plusieurs siècles, « on » nous à en plus forcé à avoir les 2 camps ennemis dans les familles, frère contre frère, oncle contre oncle, en étant bien évidement critiqué (je reste poli) par les 2 camps.
En conséquence, une paix franco-allemande durable est un point essentiel pour moi.

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Si tu as envie d’entendre les arguments des deux parties, je te conseille la vidéo de l’audition sur l’avenir du nucléaire qui a eu lieu il y a un an. :slightly_smiling_face:

De mon point de vue, cette scission risque de fragiliser EDF, en temps de crise les grosses boites qui touchent plusieurs domaines sont en général plus résiliantes. Hercule c’est surtout une demande de l’UE pour faire en sorte qu’EDF ne soit plus un opérateur historique d’état. Si le projet abouti, EDF Vert qui contient toute la partie commerciale n’aura plus la priorité sur la fourniture nucléaire historique, il entrera lui même dans le mécanisme ARENH et sera traité comme un fournisseur alternatif. C’est là le but de l’UE.

Même si économiquement on peut penser que le fait de créer deux entités (EDF Bleu qui sera entièrement publique reprendra toutes les charges nucléaire et EDF Vert qui reprendra toutes les activités lucratives et en partie privatisé) permettra de relancer les investissements dans le renouvelable, l’histoire nous montre pourtant que les investissements se font en grande majorité sur la partie commerciale et pas la partie production…
Le but de l’ARENH à l’époque était de permettre à d’autres fournisseurs de se développer pour pouvoir installer leurs moyens de production, il n’en a rien été… Ils profitent juste du mécanisme quand ça leur chante et vont ailleurs quand les prix spots sont plus bas. À par pénaliser EDF et ses clients, cette reforme n’a servi strictement à rien si ce n’est répondre aux exigences de libre marché.

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Pour répondre à ta question, les champs d’éoliennes et de PV sont déjà exploités par des compagnies privées comme Total par exemple. Les subventions sous forme d’obligation d’achat qu’on leur donne sont prélevés sur ta facture d’électricité, c’est la CSPE (Contribution au Service Public de l’électricité). Donc c’est ta facture qui risque d’augmenter. Sans parler du mécanisme de l’ARENH qui oblige EDF à revendre 100TWh de sa production nucléaire aux autres fournisseurs qui quand il en ont envie vont soit acheter à EDF quand les prix de marchés sont élevés, soit au contraire aller sur le marché car les prix spots sont moins cher. Les seuls a ne pas l’utiliser c’est Enercoop il me semble.

Donc c’est triple peine pour un client d’EDF : tu subventionne d’autres fournisseurs pour leurs EnR, tu paye une partie du mécanisme ARENH car les tarifs de rachat sont dérisoires, et en plus ils vont voir ailleurs quand c’est moins cher donc EDF se retrouve avec une partie de sa production sur les bras qui se répercute forcément sur ses clients…

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Grosse boite, petite boite, collectivité locale, état, individu … c’est la même chose pour tous le monde et c’est le célèbre BSP (bon sens paysan) dument documenté depuis des millénaires (depuis qu’il y a des poules) consistant à « ne pas mettre tous les œufs dans le même panier ».

Néanmoins, nous (La France et les français) ne mettons déjà pas tous nos œufs dans le même panier électrique en ayant du nucléaire, de l’éolien …
Que ce mix soit réalisé par une ou plusieurs organisations spécialisées n’est pas nécessairement le sujet le plus important. On peut avoir plusieurs paniers dans une seule organisation, plusieurs organisations avec 1 seul panier, et toutes les combinaisons possibles.

Néanmoins et d’une manière générale, le mélange des genres me semble rarement la stratégie la plus efficace et la plus efficiente. SI (c’est donc une hypothèse) on souhaite que l’activité nucléaire & distribution soit publique (avec ses avantages et ses inconvénients), et que l’activité Eolien & Solaire soit soumis aux lois du marché Européens (avec ses avantages et ses inconvénients), il est logique de séparer les activités dans des organisations distinctes strictement séparées, organisées en fonction des objectifs & moyens spécifiques.

Compte tenu que les accidents du nucléaire se sont produits à la fois dans des organisation 100% publique d’une société collectiviste (Tchernobyl), dans une entreprise privé d’une société capitaliste (Fukushima, Three Mile Island), dans un truc hybride à la Française, il n’y a pas de solution miracle en terme d’organisation.
On peut tout de même noter que Tchernobyl, c’est des « gaziers » s’amusant à faire des « essais » sur un réacteur industriel. J’imagine, à vue de pif sous-entendu sans savoir, que le manque de contrôle par une organisation strictement indépendante, est un des points faibles expliquant en partie les délires de Tchernobyl.

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Le plus gros problème de Tchernobyl à mon sens c’est l’implication militaire soviétique. Les opérateurs n’avaient pas le droit de dire non, et l’ingénieur Anatoli Diatlov qui supervisait les tests était un gars complètement taré quand tu regarde ses antécédents… Pour les tests il a désactivé tous les systèmes d’arrêt automatique, il a fait ça en cachette, et malgré les ingénieurs en dessous de lui qui lui tenait tête il a tout de même continué. C’est le problème de la hiérarchie militaire dans toute sa splendeur… Et faire joujou comme ça avec un réacteur RMBK qui pour être rechargé sans arrêt (fabrication de plutonium militaire) ne possède pas d’enceinte de confinement, c’est clair qu’on cours à la catastrophe. Et il avait déjà été présent quelques années avant dans un autre incident nucléaire ou tous les soupçons étaient sur lui, mais c’était un protégé du système.

Pour Three Mile Island il me semble que les systèmes de sécurité ont fait le job, le corium est resté dans l’enceinte de confinement malgré de mauvaises indications du tableau de bord et des erreurs faites par les opérateurs.

Pour Fukushima, c’est la faute à pas de chance, même si ils auraient dû prévoir des murs de protection plus haut dixit l’AIEA qui demande aussi que l’ASN Japonaise devienne indépendante.

Je ne pense pas que l’organisation aide réellement pour le développement des énergies vertes. Ce sont des énergies à basse capitalisation contrairement au nucléaire, donc si investisseur il y avait, ils feraient comme fait déjà Total, ils créent leurs outils de production. Je ne vois pas bien pourquoi vouloir séparer EDF en 2,3 ou 4. Surtout que toutes les activités lucratives (Enedis, EDF commercial, Dalkia (délégation de service public avec contrats garantis),… se retrouvent privatisés en plus grande partie.

Je pense surtout que c’est la folie libérale du pouvoir en place qui a déjà vendu pas mal de boites françaises et qui veut continuer. Aéroports de Paris, les routes nationales, les ports,… on vend toute notre industrie pour soit disant rembourser une dette, ce qui n’a pas de sens du point de vue macro-économique, on ne gère pas un pays comme on gère une famille. La dette d’état est une bonne chose si elle intervient pour l’investissement et encore plus si il est vert. Maintenant on s’arrache les cheveux d’avoir vendu Alstom à GE alors que c’est une industrie stratégique pour le civil et le militaire…

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Le problème est que dans nos 3 000 milliards de dettes (30 fois le plan Covid), il y a une part significative qui ne provient pas des investissement et encore moins du vert. Ces 3 000 milliards de dettes auraient pu servir à la transition climatique mais on a préféré les dépenser pour vivre à crédit depuis 40 ans.

Grosso-modo, au lieu d’investir dans l’isolation de la maison, on a préféré se payer un nouveau canapé, une nouvelle voiture, un voyage … le tout à crédit. :slight_smile: 40 ans plus tard, quand tu es au chômage, tu t’étonne de plus avoir de marge de manœuvre et de ne plus pouvoir payer ta facture de chauffage. Il faut tout de même être très con pour vivre durablement au-dessus de ses moyens à crédits.

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Comme le dit si bien JMJ, ont a plus de croissance. Le seul moyen de penser être réélu c’est de fabriquer de la croissance grâce à la dette… Mais sur ces 3000 milliards il y en a plus du quart qui est détenu par la BCE elle même qui pourrait très bien l’annuler exceptionnellement contrairement à ce que raconte Mme Lagarde sans mettre qui que ce soit dans le pétrin. Pour ce qui est du plan de relance c’est une esbroufe… L’UE nous donne 40 milliards mais on doit en cotiser 60 par solidarité européenne donc sur 100 milliards il nous reste 40 milliards réels, sur ces 40 milliards, 30 étaient déjà budgétisés en 2021 pour la SNCF ou l’industrie. Ce plan de relance est réellement de 10 milliards qui sont des investissements de long terme certes intéressants mais qui ne relanceront rien rapidement…

La monnaie circule de plus en plus doucement, ce qui fait que le PIB va continuer de baisser, car le PIB ne mesure rien d’autre que la rapidité des flux monétaires. Si l’on continue sur ce chemin c’est la déflation assuré qui nous attend et le ratio dette/PIB ne va faire qu’augmenter et sera une bonne excuse pour des politiques d’austérité. D’ailleurs Gaël Giraud a fait de bons travaux là dessus.

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