Que penser des techniques de géo-ingénierie Solar Radiation Management et Direct Air Capture?

Bonjour les Shifters!

J’ai l’impression que JMJ parle très peu des méthodes de géo-ingénierie, comme la gestion du rayonnement solaire (SRM en anglais: Solar Radiation Management) et les méthodes de capture et stockage du carbone (dont la méthode DAC en anglais: Direct Air Capture).

En particulier, les méthodes de gestion de rayonnement solaire sont largement absentes du débat. Dans le cadre des accords de Paris, le GIEC prévoit une part de capture et stockage de carbone, mais parle très peu de ces méthodes de rayonnement solaire.

Je suis totalement partisan du fait que les démarches de sobriété doivent être notre priorité, néanmoins je trouve qu’il est important d’au moins communiquer sur les autres méthodes plus technologiques.

Je trouve qu’il serait intéressant de parler du scénario où nous combinons les méthodes de SRM + DAC. Cela pourrait nous permettre de ne pas avoir à baisser de 5%/an nos émissions et d’étaler la transition énergétique sur du plus long terme. Le DAC nécessitant de grandes quantités d’énergie, celle-ci pourrait être générée dans un un premier temps par de la fission nucléaire avant de passer à de la fusion nucléaire. → Du moins ce paragraphe pourrait représenter un argument contre la sobriété, comment répondre alors à cet argument si nous ne connaissons pas bien ce sujet ?

Voici quelques sources d’informations sur les méthodes de

  • SRM:

-Solar geoengineering

-Geoengineering: A Horrible Idea We Might Have to Do + Sources Geoengineering

-Explainer: Six ideas to limit global warming with solar geoengineering

  • DAC:

-Direct air capture

-Direct CO2 capture machines could use ‹ a quarter of global energy › in 2100

-Carbon Engineering | Direct Air Capture of CO2 | Home

-Climeworks offers a technology to reverse climate change.

Que pensez-vous de tout ceci ?

Bonne journée à tous et au plaisir d’échanger sur ces sujets !

Arthur Marinet

1 J'aime

J’en pense bcp de mal, uniquement en dernier ressort.

On traite les causes et pas les conséquences en ajoutant des risques supplémentaires.

Moins de rayonnement = moins de biomasse

La capture avec énormément de « si » et d’hypothèses à vérifier. Si c’est adossé à une source d’énergie à haut TRE et peu d’externalités et que c’est utilisé pour accélérer l’absorption et qu’on protège les espaces naturel et que… sans oublier… en pensant également à… alors oui, pourquoi pas :sweat_smile:

JMJ en parle probablement pas car c’est une fausse solution à un problème mal compris. Et penser que des solutions techniques peuvent tout résoudre est une mauvaise chose.

Il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre (je suis over fan de cette expression)

7 J'aime

Il y a en effet peu de débat là dessus, pour de bonnes raisons je pense… Mais tu as aussi raison, il faut pouvoir argumenter.

Pour SRM: le cas typique où l’on traite le symptome et pas la maladie et avec l’introduction d’une dépendance technologique que l’on est pas sûr de pouvoir maintenir dans le futur. Dès qu’on arrête, la température monte d’un seul coup. Ce serait apocalyptique, en particulier si on compte dessus pour se permettre d’émettre plus. La politique de l’autruche en somme.

Pour DAC: @Norway doit avoir regardé les détails, mais il serait intéressant de compter en arbres le rendement des ces technologies. Il me semble avoir lu qu’on était pas du tout dans les ordres de grandeur. Encore moins que sur les systèmes de capture en sortie de centrale/usine qui seraient du coup a prioriser. Mais encore une fois si on regarde la conso et le besoin d’investissement colossal, il faut pas compter dessus pour éviter les mesures qui font mal…

Pour ces raisons, la geoingenierie recommandée par le GIEC, c’est planter des arbres, couper le bois et le séquestrer (sous terre ou en materiaux de fabrication durable), et replanter… En boucle.

Il y les algues aussi je crois, et certains s’y connaissent sur le forum.

5 J'aime

Je vais préciser un élément quand même.

Quand je donne un avis de ce type, j’exprime une opinion de ce que je juge être bon et juste.

Personnellement, je ne suis pas trop matérialiste. Des bières, des potes, un terrain de pétanque dans le fond du jardin et je suis heureux. Idem quand je vais promener mon débile de chien dans le bois sous la pluie. Une décroissance égalitaire dans laquelle on protège les bestioles et la nature me convient parfaitement pour moi et les générations futures.

Mais ça n’engage que moi… L’intérêt d’une technologie ne s’étudie qu’à la lumière de l’objectif de vie de la majorité (et la majorité n’est certainement pas sur ce forum #biaisdeconfirmation). Comme déjà dit ailleurs dans le forum, l’ingénieur trouve des solutions techniques aux souhaits de la société.

Si l’objectif est de garder le confort moderne des pays riches tout en limitant un peu les externalités, ca peut être interessant car show must go on.

2 J'aime

@Norway formulé comme ça, ça pourrait être mal interprété. Je pense qui faut préciser sous quelles conditions et pour quel but (tu as donné des critères techniques plus haut, mais peut-être ça vaut le coup d’expliquer les raisons de principe)

Ben disons :

  • que la population souhaite continuer à consommer sans trop changer
  • que les décideurs n’aient pas envie de se prendre une révolte sur le coin de la figure ((Lien)
  • qu’il y ait un consensus sur la réduction des émissions de CO2 (3)
  • que le reste, bah on s’en fout c’est pas trop grave

Alors, une centrale au charbon en cycle combiné avec recapture pourrait être une solution moins douloureuse (haut TRE et émissions de CO2 réduites) et permettrait de maintenir une société telle que nous la connaissons pendant potentiellement quelques décennies (avec du déni de ce qui se passe ailleurs hein mais les coraux ne sont pas repris dans la liste par exemple)

Idem pour le SRM mais sauf (3)

On tombe typiquement sur la logique du taux d’actualisation qui consiste vaguement à faire porter le risque sur le futur (idem pour les emprunts d’ailleurs).

Comme dirait un pote, si le rêve des gens c’est de conduire sur une autoroute à du 200 pour aller voir la dernière réserve à papillons d’Europe et ce sans quand leur pare-brise soit maculé de moustiques, bah c’est perdu d’avance et ils feront de la procrastination.