[PTEF] Fiche Santé

Bonjour

Je profite d’un peu de temps libre pour étudier la fiche Santé :man_health_worker: :woman_health_worker:
Je vous propose de compiler ici les questions et/ou retours que vous pourriez vous même avoir sur l’un ou l’autre des points abordés

Ce secteur a été décomposé en 3 points sur la fiche
  • Les structures de ville
  • Les établissements hospitaliers
  • Les établissements médico-sociaux

Chacun dépendant d’autres secteurs, et on comprend aisément la difficulté à analyser, même de manière globale, cet ensemble relativement complexe.

En ce qui me concerne, je ne pourrais malheureusement que me focaliser sur l’industrie pharmaceutique, associé à celui des transports, car ce sont les seuls pour lesquels je peux directement apporter quelques éléments de réflexion, qui par ailleurs portera à la fois :

  • Sur les opportunités de décarbonation d’une part,
  • et sur les enjeux futurs relatifs à un possible déclin des matières premières issues de la pétrochimie d’autre part
(avec une question bonus...)

Ce déclin annoncé du pétrole soulève la question des risques d’amplification de rupture de médicaments dans un futur proche si les flux actuels, la règlementation, les modes de fabrication et la répartition des différents acteurs de cette chaine de fabrication ne sont pas revus.(C’est aussi la raison pour laquelle je ferais un sujet à part portant sur la question de l’avenir du médicament)

Le tableau de l’empreinte carbone de la fiche peut être une bonne base pour les secteurs, mais les chiffres n’ont a priori rien à voir pour ce qui est de l’industrie chimique et pharmaceutique.

A titre d’exemple, mon entreprise, qui s’est logiquement engagée dans une démarche d’économie d’énergie et de décarbonation (car c’est dans son intérêt comme pour beaucoup d’entreprises), estime à 70% la part de la chaine d’approvisionnement dans l’empreinte carbone liée à l’ensemble de ses activités.
Il existe également des « équipes » sur chaque site qui ont pour objectif de travailler à la sensibilisation du personnel pour le climat, et à la prise en compte des enjeux environnementaux dans les projets. Quand j’aurais un peu de temps au retour de vacances, je verrais avec eux si je peux avoir plus d’informations sur ce qui est envisagé et partageable

Pour en revenir à la fiche Santé, n’hésitez pas à vous manifester donc pour l’un ou l’autre des points abordés dans la fiche, je serais ravi d’échanger dessus et si besoin je pourrais poser des questions à des connaissances du secteur industriel, officinal et hospitalier

Rappel du lien vers la fiche

https://theshiftproject.org/plan-de-transformation-de-leconomie-francaise-focus-sur-la-sante/

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Bonjour Kévin,

De ce que j’ai pu comprendre de la fiche « Santé » du PTEF, celle-ci traite des établissements de santé, des flux matériel et énergétique qui les alimentent, ainsi que des personnes qui y travaillent.
L’industrie chimique (j’imagine que l’industrie pharmaceutique en fait partie) est plutôt traitée dans la fiche « Industrie » du PTEF. Malheureusement, il n’y a pas dans cette fiche d’équivalent au tableau d’empreinte carbone auquel vous faites référence. Une analyse approfondie de cette filière a l’air d’être prévue dans la version finale du plan.

Oui en effet, les sujets sont très intriqués et vont de pair. J’ai d’ailleurs hésité sur où me positionner mais je me retrouvais plus dans la fiche santé

C’est délicat car il y a différents types d’industries pharmaceutiques, allant de la fabrication simple en plus ou moins grandes quantités (préparations de sirops, de comprimés…) à des fabrications plus délicates (formes stériles) voire carrément avec des technologies de pointe (biotechnologies, où une production d’un seul lot peut prendre des mois par exemple)
Je vais schématiser, mais selon ce qu’on regarde, le "curseur " industrie pharma pourra soit

  • se situer plus près de l’hôpital (voire de rares officines) qui disposent eux aussi de « préparatoires » , avec leur matières premières, le savoir faire requis, la gestion de consommables, de déchets médicamenteux, de règles de nettoyage, désinfection, de contrôle et d’analyse, et de règlementation par exemple. Et là les solutions de transition seront très proches, voire identiques entre ces deux secteurs
  • soit plus près de l’industrie (presque)lourde, selon qu’on ne s’intéresse qu’à l’approvisionnement au sens large, aux installations et à des technologies essentiellement tournées vers la synthèse pure (certains principes actifs et excipients, biotech…) impliquant une plus grande part de machines que d’hommes…
    Il faut aussi prendre en compte les interactions spécifiques entre les secteurs de la santé tels que présentés dans la fiche, et l’industrie pharma au sens large du terme

Les 2 ne s’excluent pas, je serais curieux de voir ce qu’on trouvera dans les versions finales :slightly_smiling_face:

Concernant la fiche Santé du PTEF, peut-être que @Roscoetanner, @Popol, @PatrickM, @jmc ou @Julien qui travaillent dans ce domaine seront intéressés de lire ce sujet?

Bonjour a tous
Merci de votre travail et de votre offre
Oui je suis tres interessé pour participer activement à ce travail. Cependant je n’ai pas encore une tres bonne vison de qui est qui , et qui est responsable de quoi dans ce travail , mais cela viendra j’en suis sur.
Pour peut etre vous donner l’etat de quelques unes de mes reflexion actuelles ( et dans le desordre:
1 - Transport des personnels: les hopitaux en zone rurales sont souvent les premiers employeurs de la zone et le personnels peut avoir a faire des trajet « longs » . Exemple: Hopital de St Palais dans les Pyrenees atlantiques (ou je travaille) : les personnels viennent de 2 ou 3 agglomerations situées entre 30 et 60 km de l’hopital. Co voiturage peut s’opposer aujourd’hi a l’indemnité km individuelle deductible des impots sur le revenu. Une reflexion autour d’une incitation fiscale favorisant le covoiturage plutot que son propre vehicule pourrait etre interessante. Al’inverse, dans les centres urbains : favoriser les transports en commun.
2- Transport des patients
-Pour un certain nombre de consultations de suivis de soins ( post operatoire par exemple) (qui sont souvent des consultations courtes, simples et dont l’objectif principal est de vérifier que « tout va bien » ), favoriser une teleconsultation avec les specialistes depuis le domicile du patient ( qui est souvent une personne agée., et donc qui requiere la mobilisation d’un VSL voir d’une ambulance) avec l’aide d’une infirmiere au domicile permettrait d’eviter un certain nombre de transport

  • Favoriser la transformation du parc d’ambulance VSL vers de vehicules moins carbonnés. Le cycle de remplacement de ces vehicules etant plus court , car tres solliscité, un impact carbonne a court moyen terme simplement sur la transformation de la flotte pourrait etre obtenu.
    3- Notre systeme de santé est un des meilleurs du monde mais… il est essentielement basé sur le curatif ( 95% du budget, pour 5% seulement qui va au préventif). Une reflexion approfondie sur la transformation organisationelle du systeme de soins vers les activités preventives ( qui a deja lieu dans des instances officielles , mais qui a du male a se mettre en place car le systeme n’a pas ete structuré autour d’une telle approche) permettrait d’envisager des gains substanciel en terme d’impact financier sur l’utilisation de l’outils curatif ( example : cout de l’obesité en france 3% du PIB et 5 milliard d’euros /an sur le budget de la securite sociale) . De vrais stategies permettraient: 1/ de reaffectés les economies générées vers des actions de decarbonation, 2/ d’augmenter l’acceptabilté des mesures de decarbonation car un systeme de soins de haute qualité quiest sous forte contrainte budgetaire, 3/d’ameliorer la qualité de vie des usagers . Evidement ici on parle d’impact a moyen long terme, d’ou l’importance d’integrer cela des le début.
    4- La delocalisation ces dernieres années de services tels que blanchisserie. Certaines structures envoient quotidiennement leur lingerie a + de 100km !!!. La chaleur des blanchisserie pourrait etre une source de chaleur pour lereste de l’hopital. Relocalisation de certains emplois etc
    5- La regne de l’usage unique: certe la securité sanitaire en est une des raisons ( on ne reviendra pas sur l’utilisation d’aiguille a usage unique…) mais aussi les economies faite en evitant la sterilisation. On jette, dans les services d’urgence, tout les jours, de ciseaux/ pince diverses en acier, fabriquée en chine, et jetées apres une utilisation de 5mn pour la pose de 2 points de sutures…
    Cela merite evidement d’etre qantifier plus precisement…
    Certains hopitaux… encore limités en nombre, se sont lancés dans de veritable projet de décarbonation, serait il utile de se rapprocher d’eux?

Bon j’arrete la,. Tout cela pour vous dire dans le désordre que je serais heureux de m’associer à votre travail mais que je n’ai encore qu’une tres vague idée de la maniere dont vous souhaitez structurer ce travail et les taches qui nous incomberais.
Merci

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Bonjour,
J’ai limité mes remarques au chapitre lll « le chemin proposé par le PETF » de la fiche santé.
Chapitre lll,1b :
« … la standardisation d’outils numériques permettant le partage des dossiers patient »
… ainsi qu’ « améliorer l’éducation des patients à la santé afin de favoriser une automédication adaptée » … m’apparaissent comme des mesures pertinentes.
« L’optimisation de la dispensation des médicaments par les médecins, à la fois dans les établissements de santé et pour la médecine de ville » est une mesure pertinente mais dont l’application me paraît cependant difficile en pratique.
« c. Diminuer le nombre de kilomètres parcourus …
Le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles » … Mais les maisons médicales sont parfois des coquilles vides … La densité medicale très hétérogène sur le territoire est un sujet … Difficile à résoudre mais dont le PTEF ne peut pas faire l’impasse. La faible densité de médecin généraliste (et de spécialiste) dans certaines régions conduisant notamment à des recours inappropriée aux services d’urgence comme exposés dans la fiche. Des incitations à l’installation dans les régions déficitaires (peu efficaces actuellement) sont à améliorer. Les lieux de formation des étudiants en médecine doivent être mieux répartis dans les regions afin de réduire la concentration des médecins dans et autour des villes universitaires.
« Davantage de délégation des médecins envers les Infirmières et Infirmiers de Pratiques Avancées » … est une mesure pertinente.
« L’essor de la télémédecine. La télémédecine est particulièrement pertinente pour certains diagnostics pour les consultations de suivi ou pour les consultations de télé-expertise » … l’intérêt de la télémedecine est évident pour les consultations de suivi, possiblement pour la télé-expertise moins clair à la phase diagnostic de mon point de vue.
« Le PTEF prévoit également que les établissements de santé mettent à disposition de leurs patients et de leurs personnels des moyens de mobilité moins carbonés, en :
Mutualisant les trajets patient-hôpital » … mesure déjà en cours d’application à ma connaissance qui sera cependant temporisée dans le contexte COVID …
« Développant les plans de transport domicile-travail, ce qui offrirait aux personnels une source d’économies » … avec les limites, dans mon expérience, d’un centre hospitalier en province, d’un lieu d’habitation du personnel non médical, souvent très à distance du lieu de travail pour des raisons financières avec comme seul moyen de transport la voiture individuelle.
« e. Réviser le système de rémunération des acteurs de la santé
Les établissements de santé sont aujourd’hui rémunérés aux actes pratiqués ce qui incite à la multiplication des consultations »… Je préciserai plutôt : La rémunération à l’acte tend à augmenter la réalisation d’actes techniques, beaucoup mieux rémunéré à temps médical similaire, que les consultations. Dans ce chapitre, il pourrait être ajouté la notion de pertinence des actes : pour lutter contre cette dérive, il a été mis en place l’évaluation de la pertinence des actes qui pourrait probablement être encore plus développée. « Pour les maladies chroniques, le PTEF travaille sur une rémunération de type forfaitaire (rémunération au parcours »… Ce que j’en connais me l’a fait apparaitre comme une usine à gaz mais je me trompe peut-être.
« 2- Basculer vers un système de santé plus préventif
a. Atténuer les besoins de soins
La prévention …
Favoriser une alimentation plus saine, moins carnée, avec moins de produits transformés.
Favoriser l’adoption d’une pratique régulière de la marche, du vélo, et d’autres efforts physiques réguliers d’intensité faible à modérée » … (et le tai chi :wink: l’ensemble est pertinent.
« Améliorer la coordination des professionnels de santé pour améliorer le suivi des patients, notamment grâce à l’homogénéisation des systèmes numériques pour faciliter le partage des dossiers patients.
Améliorer le suivi des patients de façon personnalisée et régulière. À ce titre, le développement d’outils numériques de suivi » … le développement d’outils numériques … performants et un accompagnement par un dimensionnement suffisant des services informatiques des structures hospitalières restent à réaliser.
Restant à disposition sur ce sujet.
Jean-paul

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Bonjour à tous,

Merci de m’avoir poké sur le sujet. J’avais d’ailleurs contacté Laurie Marrauld pour y contribuer avant même de m’inscrire sur le forum.
Ma réflexion n’est pas encore assez construite pour une contribution concrète et chiffrée mais je vous livre mes remarques comme elles viennent. Désolé donc pour le ton parfois un peu critique et lapidaire.

Tout d’abord je tiens à saluer le travail réalisé. Même si je n’adhère pas à l’ensemble du propos, il a le mérite de poser des questions pertinentes et de proposer l’approfondissement de mutations en cours et l’exploration de nouvelles pistes.

Je suis entièrement d’accord sur les possibilités d’amélioration en logistique, approvisionnements, gâchis matériel, prévention ce curatif… qui sont probablement les plus gros chantiers.

Je pense cependant que certaines solutions proposés relèvent parfois du fantasme. Si les jeunes médecins s’installent en priorité dans les villes où l’offre est déjà grande, c’est parce qu’ils sont CSP+, qu’ils se marient avec des CSP+ et que leurs conjoint(e)s n’ont de travail que dans les grandes villes, pas parce qu’ils y ont fait leurs études…
C’est donc un choix personnel, voire une contrainte familial et rien ne pourra les obliger à faire autrement sans contrainte inverse. Si on veut réellement s’attaquer au pb de l’inégalité de répartition de l’offre médicale et plus globalement sanitaire, il faudrait « fonctionnariser » toute la filière avec des postes géographiquement déterminés pour l’ensemble des professionnels mais l’attractivité des métiers en pâtirait certainement. Peut-être en organisant des rotations pour que les médecins les plus isolés passent du temps dans les grands centres pour se former/mettre à jour, ou tout simplement rompre leur isolement. NB cela s’applique surtout aux spécialistes, mais faire passer les MG dans des gros services d’urgence ou des services de médecine interne polyvalente aurait également du sens. Mais on s’écarte un peu du débat.

Pour ce qui est de la télémédecine, je suis personnellement assez peu convaincu de l’equivalence avec la médecine IRL, bien qu’un peu geek. Beaucoup se joue dans la relation soignant/patient dans la communication non verbale, la posture, la façon de marcher, y compris pour un suivi spécialisé… donc non, la telemedecine est un succédané mais pas une solution équivalente. En tout cas, pas applicable à tous les exercices. Donc la favoriser pourquoi pas, mais pas de manière systématique et sans discrimination.

Les IPA… sont pour l’instant assez virtuel(le)s en France. On en est à la 1,5e promo qui sort, sauf erreur de ma part (une promo en VAE et la première promo qui sort officiellement après 2 ans de formation). Quelle place vont-ils/elles trouver ? A mon avis comme auxiliaire en cabinet ou centre/Ehpad (?) en fonction de leurs spécialisations dans un premier temps. Puis on verra mais je doute que l’installation comme officier de santé en campagne sera privilégié. Les nouveaux IPA sont installés dans la vie et donc souvent attachés à un lieu.
Et il en sort moins que de médecin généraliste chaque année. De l’eau passera sous les ponts avant qu’il n’y ait un réel impact sur l’offre de soins et augmenter le volume de formation exigerait de trouver de l’argent et des formateurs… c’est pas la dynamique actuelle…

Pour les transports, je ne suis pas persuadé qu’il y ait gabegie. Les abus sont probablement minoritaires. Les démographies de la population et des personnels soignants font plutôt que les visites sont réduites à la portion congrue. La solution la plus « novatrice » à mon sens, serait de déporter les consultations (mais pas des hôpitaux de proximité avec des spécialistes isolés des grands flux). Attention, je ne parle pas des hôpitaux locaux où les MG peuvent s’occuper en condition d’hospitalisation de leurs patients ce qui doit être encouragé et développé, y compris en ville ! (Mais là encore, autre sujet). Bien entendu, renouvellement du parc, etc. Mais batterie électrique = solution à long terme ? Je n’en sais rien…

La T2A est un faux problème, on ne multiplie pas les actes pour faire du chiffre, on a déjà assez de travail (ou alors changez immédiatement de médecin !). A l’inverse, le parcours est un trompe l’œil. Dans les services concerné et on a augmenté le nombre de consultation/déplacement de patients pour les faire entrer « dans les clous » du parcours et être rémunéré au parcours (plus avantageux) plutôt qu’à l’acte. Bonne intention, mais ça revient aux dotations de kérosène. On brûle pour pas les perdre…

Je pensais écrire un petit mot sans trop me mouiller…c’est un échec…
Encore une fois désolé pour le ton parfois un peu péremptoire mais réflexion jetés rapidement sur la toile.

Honnêtement, je suis assez pessimiste sur la possibilité de décarboner significativement la médecine sans remise en question des objectifs même de la médecine…

Amicalement,
J

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Bonjour,
J’ai lu cette fiche avec intérêt mais c’est très incomplet.
A suivre, car ce secteur n’est semble pas la priorité actuelle (à part la rénovation des centres hospitaliers…)‌.
Cordialement.
Xavier CHAMPAGNE

Bonsoir, ancien pharmacien hospitalier et industriel (SANOFI) après HEC et désormais consultant Santé, j’ai une vision globale assez concrète et pragmatique. Le maillage du territoire (par la loi) des 18 000 officines françaises permettent aux français d’habiter à moins de 15 minutes d’une officine (hors Creuse et Lozère + montagne). Mais les MG posent leur plaque où ils veulent et cela ne changera pas, partiellement pour les raisons que vous évoquez. L’empreinte carbone des patients est de plus en plus importante à cause des transports individuels et via les VSL (1 milliard d’économie estimé par l’Assurance Maladie pour déplacements inadéquats…). Je ne suis pas d’accord avec vous concernant la T2A qui est lié au PMSI, notamment pour le secteur hospitalier privé. La problématique est que le privé transmet les patients « pourris » (qui ne « rapportent » rien versus une pose de prothèse de hanche) aux CHU environnants ou aux grands CHG qui bénéficient de structures plus complètes et modernes dans le secteur de la réanimation par ex (l’expérience du Covid l’a bien montré avec une inadéquation public-privé pour la prise en charge des patients hospitalisés dans les services de réanimation (exemple des malades transférés du Grand-Est vers le CHU de Poitiers dans lequel j’ai travaillé…D’ailleurs, l’industrie pharmaceutique cible les établissements de santé à fort potentiel d’ordonnances de sorties via le PMSI (conventionnel et SSR) (j’ai élaboré des matrices de ciblage pour Sanofi via le PMSI) afin de travailler avec les KOL de chaque établissement (lobby bien connu…). La course à la T2A, même si c’est une aberration, est pourtant une réalité. Le regroupement des services en pôle a permis de limiter l’empreinte carbone des CH. Je vous recommande d’ailleurs le très bon travail de l’Hôpital Saint-Louis en la matière de décarbonation (ISO 50001).
Par ailleurs, le secteur de la santé est particulièrement « touchy » (surtout en ce moment) pour la population et pas une priorité en terme de décarbonation.
Enfin, la sobriété est, comme pour les autres secteurs, un levier important puisque les émissions des GES sont corrélées avec les dépenses de santé qui augmentent inéluctablement d’année en année. Réduire ces dépenses de santé ? Utopique, tabou et irréaliste !
Bien à vous.
Xavier CHAMPAGNE

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Merci pour cette réponse très intéressante et documentée, il est vrai que je ne suis familier que du secteur publique et que la T2A ne me semble pas un moteur majoritaire, je veux dire par la qu’il n’y a pas de soin inutile ou superflu (enfin si, mais pas motivé par la facturation). Pour le privé, je partage complètement votre analyse sur la répartition des coûts et patients.
Mais course à la T2A ou à l’activité n’est pas synonyme de soins superflus si un soin est indiqué, il est indiqué… peu importe qu’il soit rémunéré à l’activité ou à la dotation. La t2a devient dangereuse quand l’objectif du chiffre dépasse l’objectif de soin. Je n’ai connu personnellement qu’un seul centre comme ça qui est d’ailleurs connu pour ça (sauf dans mon domaine… :wink: )
Les parcours qui sont actuellement proposés en remplacement obligent à cocher certains actes pour pouvoir être valorisés et donc nous faisons revenir les patients pour voir le/la diet ou le/la ide de parcours, et la on est dans la gabegie. Mon propos était surtout de dire que le parcours n’est pas une solution de substitution satisfaisante à la T2A.
Pour les transports, encore une fois il est évident qu’ils émettent des GES mais pouvons nous réellement nous en passer ? Il ne peut y avoir de cac de qualités ou de centre lourd de dialyse dans chaque communauté d’agglomération… pour limiter les déplacements, il faut accepter une médecine dégradée pour certains patients parce que, et c’est triste à dire, tous les centres ne se valent pas, parce que pour être compétent, une équipe doit Avoir une taille et une activité critique qui oblige la centralisation. Il faudrait également contraindre géographiquement les patients…
Le GHT est probablement une piste de réflexion intéressante mais qui nécessite pour être efficace une plus grande intégration des équipes médicales.
L’hôpital saint-Louis (on parle de celui dans le 10e ?) est probablement un très bon exemple, mais est-il reproductible à l’échelle du territoire, hors du contexte parisien de surreprésentation médicale et de services de santé ?

Petites questions filles de mon ignorance:
Qu’est ce qu’un KOL ?
Je vous fais confiance quant à la réorganisation des services en pôle pour l’émission de carbone, mais j’ai du mal à la comprendre. Pourriez-vous m’indiquer les sources ?

‌Bonjour,
Ayant participé au groupe de réflexion sur l’application de la T2A au CHU de Poitiers en 2004 en tant que consultant santé (ex pharmacien hospitalier au CHU de Tours et Poitiers), il est évident que la cotation à l’acte fut une réelle avancée pour piloter le budget des centres hospitaliers en mesurant et évaluant leur activité. L’application du PMSI a permis aux différents établissements de soins d’établir leur activité selon le profil des patients hospitalisés (ex : nombre d’infarctus du myocarde pris en charge dans l’établissement et non la méthode de prise en charge (stent, ballonet…). L’empreinte carbone du patient est donc différente et on peut l’évaluer selon l’analyse du PMSI (conventionnel + SSR).
En ce qui concerne l’empreinte carbone des véhicules liés au transport des patients, l’augmentation par exemple des actes ambulatoires devraient réduire la carbonation en réalisant une coordination beaucoup plus efficiente afin d’éviter des déplacements inutiles. Les transports sanitaires sont dans le viseur de la Sécurité Sociale car ces dépenses augmentent plus vite que les autres et loin d’être justifiées (sobriété et coordination !). Par exemple, de nombreux patients sont transportés en ambulance alors que ce transport est destiné aux patients allongés ou qui nécessitent une surveillance médicale permanente. Or, un trajet en ambulance coûte 3 fois plus cher qu’en VSL et pollue beaucoup plus !
En ce qui concerne l’AP-HP, tu peux te référer au « Guide de l’hospitalier éco-responsable 2019 » mis en place par les hôpitaux universitaires Sain-Louis, Fernand Widal et Lariboisière (eau, électricité, chauffage, déchets, linge, matériel, locaux, achats,…). Si tu veaux approfondir le sujet, lis attentivement, l’audit énergétique et le plan de comptage réalisé sur les sites de Saint-Louis et Lariboisière (voir pièces jointe).

Pour ta culture marketing (!), KOL signifie Key Opinion Leader (personnes ou expertes dans un domaine médicale) qui influencent le comportement de prescription d’un médicament/matériel médical ou d’une technique médicale ou chirurgicale. Lorsque j’étais directeur marketing Plavix* (clopidogrel), j’étais en lien avec des KOL qui publiaient ou faisaient des conférences sur la prise en charge de l’athérothrombose (IDM, AVC et AOMI) des patients polyvasculaires destinées à influencer leurs confrères (spécialistes libéraux et MG).

La réorganisation en pôle permet une réduction des coûts d’échelle et de facto la carbonation.

Bonne journée.

Xavier CHAMPAGNE

Ok merci pour tes éclaircissements et les références. J’essayerai de les lires.

L’ambulatoire n’est aujourd’hui qu’un vain mot qui sert de justification à la fermeture des lits et aux économies de personnel de nuit. Il faudrait développer de réelles solutions de substitution avec des moyens humains techniques, logistiques et architecturaux pour que l’ambulatoire puisse se substituer réellement et dans certains cas uniquement à l’hospitalisation complète.

Ça fait bien longtemps que je n’ai vu un transport en ambulance non justifié. Ce sont essentiellement des vsl qui transportent les patients valides, mais cest une expérience personnelle et pas une donnée objective. La campagne de sensibilisation des médecins faites il y a une 10aine d’année à porté ses fruits il me semble. Mais c’est peut-être local.

Pour les pôles, je ne vois toujours pas, désolé. Les commandes étant faite à l’échelle de l’hôpital, voire de regroupement d’hôpitaux, ce ne sont pas les pôles qui permettent les économies d’échelle. Pour le reste, on a rajouté une strate entre le service (unité fonctionnelle de l’hôpital) et la direction. Enfin encore une fois, ça dépend beaucoup du fonctionnement de l’hôpital et de la constitution des pôles. Lorsque les services regroupés n’ont pas de rapport thématique et des besoins différents en compétences et matériel, je suis dubitatif.

C’est vrai que j’ai tendance à évacuer toute la partie logistique, chaufferie, laverie,… de ma réflexion… c’est vrai que c’est déjà une première étape « simple »

Quelques commentaires limités aux sujets de la fiche santé dont j’ai la pratique :

  1. la telemedecine ne peut pas remplacer toutes les consultations (notamment diagnostiques … évidemment d’annonce de maladie grave …) Mais elle peut notamment permettre des consultations de suivi. Par exemple, je (« comme tout le monde ») l’ai largement utilisé, pendant la vague COVID, pour les patients non COVID, régulièrement suivis en consultation ayant une imagerie de suivi normale (la consultation étant maintenue présentielle en cas d’anomalie à l’imagerie …) … Le gain en terme de transport a été évident … Les patients m’ont paru généralement satisfait.
  2. infirmière de pratique avancée : deux exemples illustrant leur utilité : suivi ambulatoire des patients en coordination avec le médecin référent lors de la mise en place des nouveaux traitements des hépatites C il y a quelques années ou des traitements oraux anticancéreux permettant d’augmenter la qualité des soins tout en réduisant le nombre de consultations médicales, permettant ainsi de redonner du temps médical.
  3. le numerique : le serpent de mer du dossier patient informatisé reste à finaliser … L’informatisation des services hospitaliers reste « balbutiante »; le fax et le courrier papier sont encore dans beaucoup de centre les outils principaux de communication entre la ville et l’hôpital (pour par exemple transmettre les examens biologiques de ville aux services hospitaliers) … A contrario lors de la vague COVID il a été mis en place, sans délai, un suivi numérique des patients : questionnaire à remplir quotidiennement par le patient sur internet conduisant à un appel infirmier ou médical en cas de signe d’alerte ce qui a permis de réduire les indications initiales d’hospitalisation (ou permettre des sorties plus rapides) et ainsi d’éviter la saturation des structures hospitalières dans certaines régions … Il y a des outils numériques efficients à développer mais il faut aussi accompagner leur mise en place par des services informatiques suffisamment étoffés … Peut-être que si les 2 ans de « bénédictin » en prépa n’étaient pas suivis de 3 ans de « Sodome et Gomorrhe » en école d’ingénieur nous pourrions disposer d’outils numériques plus performants :wink:
  4. l’activité physique : il faudrait rendre obligatoire le taichi :wink: enfin le « bon » taichi praticable seulement en France à Draveil et Orléans :wink: : inscrivez vous vite, il n’est pas possible de débuter en cours d’année … https://www.shen-long.net/l-école/nos-enseignants-1/
    Bon dimanche
    Jp

Remarques 3 de la fiche Santé axées sur l’aspect économique (qui n’est pas ma compétence principale) :

  1. "Les établissements de santé sont aujourd’hui rémunérés aux actes … Pour les maladies chroniques, le PTEF travaille sur une rémunération de type forfaitaire (rémunération au parcours) … " J’avais cru comprendre que ces systèmes étaient plus des clés de répartition du budget annuel dévolu à la santé (voté chaque année avec une augmentation annuelle « ridicule » basée essentiellement sur des critères économiques) qu’un outil pour réduire les dépenses de santé. Par exemple, la rémunération à l’acte favorisait l’augmentation de la fréquence des actes ce qui conduisait « automatiquement » à réduire le prix des actes afin (d’essayer) de conserver un budget constant … de mon point de vue la rémunération au parcours ne réduira pas les dépenses de santé … Au mieux elle les repartira de façon éventuellement plus juste (au prix d’une certaine complexité du système …) Il y a peut-être des patients « sur-medicalise » (source d’économie) mais il y a aussi beaucoup de patients « sous-medicalise » (population pauvre et /ou vivant dans les region à faible densité médicale …)
  2. Les propositions de la fiche santé vise « Une population en meilleure santé générale et donc mettant moins de pression au secteur » cependant à moins d’être adepte du transhumanisme et croire à une immortalité prochaine … La vie se finit souvent ou toujours par la maladie et la mort (et donc à un recours aux soins). Enfin, une population en bonne santé est un but indiscutable mais probablement pas économique car le gain en moindre recours au soins (mais en partie seulement car une part du recours sera seulement plus tardif) et possiblement annihilé d’un point de vue purement économique par une durée de retraite plus longue ?
    NB : En octobre, il sera trop tard pour le taichi
    Jp

Bonjour je suis tout nouveau, médecin réanimateur français à Bruxelles j’interviens avec un décalage certain :slight_smile:

Connaissant uniquement le secteur hospitalier je peux donner qq éléments de reflexion :

  • il y a très peu de données qui circulent (j’ai découvert l’exemple de l’hôpital de Niort, le National Health Service fait des mesures à l’échelle de l’angleterre). Dans Pubmed : « carbon footprint » donne 1682 articles (sans juger de leur pertinence) « Covid-19 » > 90.000 (pour avoir un ex de ce que peut produire la science biomedicale en un an)
  • la granularité semble assez faible en ce qui concerne les soins (les gaz anesthesiant, très puissant GES sont ils comptabilisés ?, quelle émission pour un service d’urgence ? de radiologie ? de chirurgie etc.)
    De ce fait il semble y a voir des incertitudes sur les actions à mettre en oeuvre.
    Par ex pour consommables (disposable in english) vs réutilisables
Résumé

extrait d’une revue récente (McGain et al. Environmental sustainability in anaesthesia and critical care BJA 2020) :« CO2e emissions associated with energy use vary considerably internationally based on the predominant energy source, Whereas CO2e emissions of disposables depend largely upon the electricity source of manufacturing large quantities of consumables, emissions
from equivalent uses of reusables largely stem from undergoing repeated cleaning. The ecological footprint of reusable medical devices depends on: the number of reuses, type of
cleaning (low level or high level disinfection), sterilisation (steam or ethylene oxide),and waste disposal management. Comparisons of reusable vs single-use critical care drug
trays,and central venous catheter insertion kits, showed that reusable equipment had the same or higher carbon footprints (in Australia). In contrast, a US study found that the
carbon footprint of reusable LMAs was two-thirds that of the single-use version,and the reusable rigid laryngoscope handles and blades were approximately 20 and 7 times less,
respectively. »
la conclusion semble in fine plutôt favorable à la réutilisation mais ce n’est donc peut-être pas systématique.

J’aurais donc tendance à dire qu’une tâche prioritaire est de multiplier les mesures en multicentrique pour avoir des données plus précises et plus généralisables

  • le mode de financement est probablement majeur dans une optique de sobriété. Contrairement à ce que j’ai lu dans le fil, la T2A est très bien documentée pour être hyperinflationniste (il y a des données sur le cancer de la prostate, les peace maker, les césariennes) en plus des problèmes non énergétiques qu’elle pause. Si c’est un point important alors il faut en discuter avec des spécialistes, par ex Andre Grimaldi côté médical, Brigitte Dormont économiste à paris dauphine, F Pierru Sociologue

david