Programme politique de sobriété et relocalisation

Bonsoir,
depuis quelques jours, Benjamin Brice publie des fils sur twitter pour dessiner ce qui pourrait être un programme politique alternatif et crébible aux politiques actuelles.
Les principaux objectifs recherchés sont la réduction du chomage, des inégalités, la « reprise en main de notre destin économique » (=relocalisation), et, last but not least, l’écologie.
Pour cela, il critique les politiques de « compétitivités » et de libre échange menées depuis quelques décennies, et propose de relocaliser les industries traditionnelles (textile, manufacturières, etc), et d’absorber le surcout de la production made in France par de la sobriété.
L’approche est assez inédite dans la sphère politique, et rafraichissante.

Je vous invite à lire ses fils :

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On peut proposer beaucoup de chose. Mais concrètement, comment fait-il ?

En gros, il propose de tisser des jeans en France à partir de coton importé (le coton ne peut pas pousser en France), pour 10 fois le coût de fabrication d’un pays à bas coût produisant lui même le coton.
Au lieu d’acheter 1 jeans tous les ans, il n’achète qu’un jeans tous les 10 ans.

Ok. Mais pourquoi ne pas acheter tout de suite 1 jeans tous les 10 ans tissé dans un pays à bas coût à partir d’un coton provenant d’un autre pays à bas coût ?

Par ailleurs, est ce qu’il a déjà travaillé dans ce type d’industrie, sous-entendu avec donc des conditions de travail difficile ? Je ne suis pas certains que ses enfants soient ravis de revenir dans les mines ou dans les manufactures de textiles.

Son profil est intéressant https://www.linkedin.com/in/benjaminbrice/?originalSubdomain=fr

Il n’a probablement jamais mis les pieds dans une usine, voire même ne s’est jamais sali les mains, n’a guère de compétence technique ou même économique. A chacun d’en tirer des conclusions :slight_smile:

AMA, il ne faut pas trop compter sur lui pour relocaliser les manufactures de textile en France. :thinking:

Peut-être parce qu’on pourrait justement contrôler les conditions humaines dans lesquels a été fabriqué ce jean ?

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Alors produire à bas coût à l’étranger, ça a justement un effet rebond : pour la même quantité d’euros tu peux acheter plus de jeans, donc en général tu consomme plus.

De deux, il y a des avantages sociaux et économiques à produire en France : normes et réglementations plus élevées, électricité bas carbone, etc. globalement le jean aurait potentiellement un impact socio-écologique moindre.

je passe sur l’aspect chomage/emplois, visiblement ça ne t’intéresse pas, ainsi que sur les arguments ad hominem qui ne font pas avancer le débat.

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Je travaille depuis x décennies dans l’industrie, notamment dans la chimie et le textile technique.

Quand bien même je connais des ateliers de tissage français, allemand, américain, parmi les plus high-tech au monde dans le domaine des textiles techniques, je ne conseillerai pas à mes enfants d’aller faire l’ouvrier dans ces usines. Et pourtant, un bon ouvrier spécialisé dans le textile technique peut mieux gagner sa vie qu’un ingénieur.

on n’a jamais parlé de faire travailler des enfants?

De quoi parle-tu ? Je disais que je ne conseillerai pas à mes enfants d’aller travailler dans ces usines, sous-entendu pour en faire leurs métiers.

As-tu déjà travaillé dans des manufactures textiles ? Connais-tu ces métiers et les conditions de travails ?
En 2021 dans des usines en campagne française (sous-entendu avec un faible coût de la vie), quand bien même un bon ouvrier spécialisé ayant progressé peut toucher un salaire de 50 k€/an, il n’y a pas pléthore de candidat dans le textile technique. On manque chroniquement de main d’œuvre alors que le salaire est « bon » pour le niveau d’étude.

Comment Benjamin Brice pourrait avoir un point de vue pertinent sur le sujet alors qu’il ne connait manifestement pas le sujet ?,
Il a peut être oublié de mentionner des choses mais son profil LinkedIn indique qu’il ne connait rien au sujet. https://www.linkedin.com/in/benjaminbrice/?originalSubdomain=fr

Edit : je viens de voir qu’il avait fait un stage ouvrier de 2 mois au Japon dans le cadre de l’ESSEC. Great !

alors, là, j’ai du mal à suivre tes arguments.

tu dis plus ou moins que ce sont des métiers difficiles, avec des conditions de travail pénibles. soit.
1/ en quoi c’est mieux de déporter ces métiers à l’étranger? ça sera tout aussi « horrible », mais juste pas chez nous. je trouve l’argument discutable.
2/ on a un chômage élevé depuis plusieurs décennies, peut être que certains français seraient malgré tout motivés pour ce genre d’emplois, plutôt que de rester au chômage. en tout cas, c’est une question politique qui mérite d’être posée dans le débat public, non?
3/ l’intérêt de relocaliser, c’est aussi de pouvoir maitriser les conditions de production et de travail dans ces usines. est-ce qu’avec une réglementation adaptée on pourrait rendre tout cela acceptable?
4/ depuis quad il faut impérativement avoir x années d’expérience dans une industrie pour parler de politique économique? je trouve l’argument falalcieux. que tu nous explique que ce n’est pas si simple, qu’il y a des arbitrages à faire, que cela prendra du temps, je veux bien. mais tu ne peux pas confisquer le débat comme ça

La question est posée depuis des années. Les entreprises du textile technique ont même mis en place des formations afin de former des personnes sans compétences techniques. Pourtant, c’est toujours aussi difficile de trouver du monde.

Je parle de ce que je connais, pas de théorie.

J’ai 2 personnes de mon équipe qui vont bientôt partir à la retraite. T’imagine même pas les difficultés pour préparer leurs départs ou plutôt leurs remplacements. Ce n’est pas la rémunération qui bloque puisque ces 2 personnes sont à plus de 50 k€ en travaillant en journée et avec un niveau d’étude initial de type CAP. Dans le coin, le coût de la vie est inférieur à la moyenne française.

donc, ce que tu soulève c’est un manque de compétences sur le marché de l’emploi, et manque de main d’oeuvre volontaire pour ces métiers.
ce sont des difficultés que je comprends, mais ça n’enlève rien au sujet du fond :
-est-ce que politiquement on souhaite s’orienter là dessus? je pense qu’il est sain d’avoir ce débat, même si la réponse sera peut être non.

  • si on veut s’orienter vers ça, comment peut on (au moins partiellement) surmonter ces difficultés? quels sont les secteurs d’activité que l’on souhaite relocaliser? comme tu le soulignais pour le coton, on ne pourra pas relocaliser 100% des chaines de valeur. quelles sont nos priorités?