Montebourg, Accoyer et Chevènement unis pour la défense du « patrimoine nucléaire français »

Quel sujet peut unir des élus sarkozystes, des députés communistes, un ancien président de l’Assemblée nationale et des grands patrons ? C’est pour défendre la filière nucléaire française qu’une cinquantaine de personnalités ont signé, vendredi 12 février, l’appel de l’Association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC-France).

Les signataires renouent avec une tradition française d’union transpartisane autour de la promotion de l’atome. On y trouve plusieurs figures de la droite, tels l’ancien ministre et sénateur Gérard Longuet ou le député LR Julien Aubert. Mais aussi plusieurs élus communistes : le président des députés PCF, André Chassaigne, ou son collègue de Dieppe Sébastien Jumel. Quelques socialistes, comme le député des Pyrénées-Atlantiques David Habib, sont de la partie, tout comme le probable candidat à la prochaine élection présidentielle, Arnaud Montebourg.

L’ancien ministre de François Hollande fut élu de Saône-et-Loire, où se trouvent plusieurs usines de Framatome – notamment celle du Creusot, dans laquelle Emmanuel Macron s’est rendu en décembre 2020 pour vanter les atouts du nucléaire français. L’ancien président de la SNCF puis d’Airbus, Louis Gallois, ainsi que les anciens ministres Jean-Pierre Chevènement et Hubert Védrine complètent la liste, aux côtés de plusieurs scientifiques, – comme le prix Nobel de chimie Jean-Marie Lehn.

« Ce qui nous rassemble, malgré nos sensibilités diverses, c’est d’être convaincus de l’importance du nucléaire pour maîtriser les émissions de gaz à effet de serre », explique l’ancien président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. Le but est de mobiliser les élus des territoires sur lesquels sont implantées des installations nucléaires.

Défis majeurs

Le collectif fustige la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2020 au même titre que la politique de l’exécutif en matière de nucléaire. La feuille de route énergétique de la France prévoit l’arrêt de douze réacteurs d’ici à 2035 ainsi qu’une production électrique partagée à 50 % entre le nucléaire et les énergies renouvelables. « Ce ne sont pas des hypothèses sérieuses, et elles mettent en péril la filière nucléaire », s’inquiète M. Accoyer, qui travaille sur cette initiative depuis plusieurs mois.

La volonté du gouvernement d’attendre la mise sur le réseau du réacteur EPR de Flamanville (Manche) pour décider d’en construire de nouveaux est également dénoncée. Ce projet, qui a démarré en 2007, ne devrait pas aboutir avant 2023 et coûtera 12,4 milliards d’euros selon EDF (19,1 milliards, d’après la Cour des comptes). « Le gouvernement a une attitude qui laisse entendre que la filière n’aurait pas d’avenir », relève M. Accoyer.

Cet appel intervient au moment où la filière est confrontée à des défis majeurs : obtenir la prolongation d’une partie des réacteurs et convaincre les pouvoirs publics d’engager de nouveaux chantiers au plus vite. La bataille du lobbying est déjà lancée, alors que la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, est à la fois la ministre de tutelle d’EDF et une opposante historique au nucléaire. Cet activisme en coulisse risque de lui compliquer la tâche.

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La « tradition » trans-partisane cache le plus souvent une tradition pro-capitaliste qui ne protège finalement en rien les intérêts nationaux. Si le collectif s’engageait à nationaliser la filière je sentirais moins l’hypocrisie du propos.

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Et pof, je vois à l’instant dans ma boîte à lettre un courrier du Monde Diplomatique avec pour titre EDF, 20 ans de démantèlement.

Voilà plus de vingt-ans que la grande braderie de l’électricité européenne a commencé. Dernier avatar de la dérégulation du service et du démantèlement de l’entreprise, régulièrement auscultés dans nos colonnes, c’est le projet Hercule qu’étudient ce mois-ci Anne Debrégeas & David Garcia. « Que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme ? » interrogeait André Gortz en 1974, dans un détour bienvenu.

Pour ma part, je souhaite effectivement que notre système, sous-entendu le système capitaliste, prenne en compte les contraintes écologiques. Pour moi, la priorité n’est pas à la révolution pour abattre un système. La priorité est au changement climatique. Changer le système ne doit être qu’un moyen à utiliser éventuellement pour atteindre nos objectifs climatiques. Ca ne doit pas être l’inverse.

Le grand soir des utopies collectivistes, on a vu ce que cela à donné. AMA, ça passe très largement après la prise en compte du changement climatique. L’utilisation du changement climatique pour relancer les idées de « gauche » ressemble, pour moi, surtout à de la récupération.

Christophe

Qu’est-ce que c’est AMA?
Plutôt d’accord avec ce que tu dis, mais en même temps le changement climatique ne peut être une seule fin qui empêcherait de considérer d’autres aspects sociétaux. Notamment la question des inégalités, sans laquelle on ne pourra traiter la question climatique. Il me semble nécessaire de ne pas penser seulement « climat » sinon nous nous apercevrons rapidement que nos meilleures propositions seront inefficientes

Bertrand

AMA = à mon avis

A Mon Avis. C’est utilisé pour indiquer qu’il s’agit de mon point de vue. Bien évidement, tous ce que j’écrit est « mon point de vue ». Mais dans une discussion, c’est pas mal de le rappeler, notamment pour différencier explicitement mon point de vue d’un point de vue sourcé.

Je suis d’accord à la nuance près du conditionnel. Nous pourrions (conditionnel) avoir besoin de changer fondamentalement de système pour atteindre les objectifs climatiques. Mais, le changement du système n’est qu’un moyen au service de l’objectif climatique. Le changement de système n’est pas l’objectif. Le climat ne doit surtout pas être un moyen au service d’un autre objectif (celui de changer le système ou même un autre).
Utiliser le changement climatique comme moyen pour atteindre un autre objectif, ça s’appelle du GreenWashing. :slight_smile:
Les hommes/partis politiques, les médias … sont au moins autant des adeptes du GreenWashing que les entreprises.
L’extrait le démontre très bien pour Le Monde Diplomatique utilisant le changement climatique pour s’opposer à la restructuration d’EDF. D’un point de vue climat, c’est tout de même effrayant de lire qu’un Capitalisme prenant en compte le climat serait moins bien qu’une révolution économique, sociale et culturelle qui abolirait les contraintes du capitalisme. Le Monde Diplomatique en oublie même d’évoquer le climat dans sa révolution. En même temps, il y a rien d’étonnant à cela pour le Monde Diplomatique.

http://pnc-france.org/comite-de-soutien/

Ce n’est pas que des politiques. Il y a des scientifiques, et même une pointure comme Jean-Marie Lehn.

C’est André Gorz qui écrit ça, en 1974, pas le Diplo. En l’occurence le Diplo se questionne sur le démantèlement d’EDF ce qui répond à la problématique de la défense du patrimoine nucléaire lancée par l’article de Frederic.

Après, si on vise la neutralité carbone à 2050, et dans le cadre du projet, on accepte qu’il va falloir que la collectivité crée une décroissance massive et ça c’est incompatible avec la main invisible. Ou alors j’ai raté une règle de trois quelque part.

Ou pas.

Je n’ai pas de point de vue tranché sur Hercule. Néanmoins, séparer le nucléaire du reste ne me semble pas nécessairement antinomique avec le développement du nucléaire. Bien au contraire. Le nucléaire ne se gérant pas du tout comme l’éolien, le solaire etc… ça ne me choque pas qu’il y ait une organisation dédiée.

Je ne connais pas les détails du projet Hercule. Mais, j’ai horreur des mastodontes monopolistiques. Qu’ils soient public, ou privé, et à moyen/long terme, les monopoles se font toujours au détriment du client et/ou du citoyen.
Par contre, je suis pour un nucléaire civil géré par une structure public monopolistique. Le temps long de cette activité (nucléaire civil) me semble compliqué par rapport au temps cours des entreprises privés. Une entreprise publique centrée sur le nucléaire avec des capitaux publiques me semblerait très bien.

C’est quoi la main invisible.

C’est un débat à poursuivre, mais je ne pense pas que l’objectif climatique doive être une finalité qui ramène les autres aspects comme la lutte contre les inégalités ou le débat démocratiques à de simples moyens. Ces objectifs sont à penser en interaction les uns les autres. Toute finalité unique (même si elle se justifie par l’urgence) nous empêche de penser de façon systémique.

On ne sera donc pas d’accord. :slight_smile:
Les chinois et bien d’autres pays ne seront pas plus d’accord avec toi. Je peux me tromper mais la Chine avance/avancera sur le changement climatique et continuera de s’en contrefoutre de la démocratie.
Pour avancer sur le changement climatique, il me semble préférable d’avancer sur le changement climatique. :slight_smile: C’est une évidence mais ça va mieux en le rappelant. C’est déjà suffisamment compliqué d’avancer sur le changement climatique sans avoir à rajouter « d’autres sujets » (inégalité, démocratie …) sur lesquels il est quasi impossible de se mettre d’accord.
Qu’elle est la priorité ?

C’est un débat à poursuivre, mais je ne pense pas que l’objectif climatique doive être une finalité qui ramène les autres aspects comme la lutte contre les inégalités ou le débat démocratiques à de simples moyens. Ces objectifs sont à penser en interaction les uns les autres. Toute finalité unique (même si elle se justifie par l’urgence) nous empêche de penser de façon systémique.

Au sens large, rien n’est une finalité « ultime », certes. Mais tout vouloir penser en interaction conduit aussi à ne rien faire sur rien.
Je suis d’accord avec @ChristopheH: la priorité du Shift est clairement la décarbonation de l’économie (voir Notre ambition - The Shift Project, think tank de la transition carbone), pas un changement de modèle social. Il est clair que les deux choses ne sont pas indépendantes, mais une association doit se fixer un cap. Je pense que tout le monde au Shift est d’accord pour décarboner, mais peut-être que tout le monde ne se considère pas « anti-capitaliste ».

Par ailleurs, on peut très bien imaginer soutenir le libéralisme moderne et la décarbonation en même temps (ce qui par ailleurs n’est pas mon cas). C’est ce qu’une proposition comme la taxe carbone cherche à faire.

La « tradition » trans-partisane cache le plus souvent une tradition pro-capitaliste qui ne protège finalement en rien les intérêts nationaux. Si le collectif s’engageait à nationaliser la filière je sentirais moins l’hypocrisie du propos.

Personnellement je n’y vois rien de pro-capitaliste. C’est plutôt tendance souverainiste. Ce genre de position s’oppose assez directement à la très libérale et capitaliste comission européenne.

La Chine a ses processus de décision, et la France en a d’autres. Et la différence essentielle aujourd’hui c’est que même en temps de crise, la Chine a de la croissance économique, et donc les Chinois peuvent être moins tatillons sur les questions de participation à la prise de décision puisqu’il y a de la richesse un peu redistribuée, mais ça n’est pas le cas en France, et ça va clairement empirer dans les semestres qui viennent. Mais d’un autre côté, si la Chine se bouge, c’est aussi parce que son gouvernement a clairement conscience de la fragilité des équilibres.

La priorité c’est clairement que l’essentiel de la population partage la vision de la reconstruction de l’économie française pour que celle-ci se réalise. Et s’y engage par des actions individuelles, mais surtout par des actions collectives qui engagent l’État, donc démocratie et transparence.

Si on n’avait pas des barbares au gouvernement, à Bercy, ou à la BCE, il est clair que cette crise ne serait pas également une crise démocratique et économique. Qui va se serrer la ceinture et à hauteur de combien ? Si la réponse à ces questions n’est pas la clé de ce qui va être mis en place, je ne vois pas bien la difficulté de l’exercice… Les ingénieurs et autres scientifiques sont trop fainéants pour commencer à se bouger ? C’est quoi ton analyse (question tout à fait rhétorique) ?

Ce que tu vois personnellement c’est une chose, ce que l’étude historique de la tradition « trans-partisane » montre ce sont des positions pro-capitalistes. Le meilleur exemple c’est le virage de la rigueur en France pris dès 83 qui n’a jamais été corrigé.

? C’est factuellement faux. Quand il y a trop d’interactions, on essaye de les limiter pour avoir quand même des modèles réalistes sur lesquels on peut agir de manière significative, et si je t’accorde que la décarbonation de l’économie porte en elle-même quantité d’interactions, les moins primordiales ne sont certainement pas les inégalités qui vont découler des choix faits, et la manière dont ces choix seront faits.

Et bien là encore c’est actuellement faux, mais c’est dit en douceur, dans la page même que tu cites :

notre mission est d’éclairer et influencer le débat sur la transition énergétique en Europe.

La double contrainte énergie-climat vient remettre en question les fondements mêmes de nos sociétés industrielles

The Shift Project s’inscrit dans cette vision, avec une volonté affirmée non seulement de comprendre ces défis, mais surtout d’aider à les relever. Il est une force de proposition contribuant à faire partager les solutions, développer des outils, identifier les ruptures nécessaires et baliser les chemins d’accès à de nouveaux modèles de développement.

La planète — à l’origine de toutes les ressources qui font « tourner la machine » — étant encore plus indispensable à l’économie [que les banques], il devient désormais acceptable d’envisager des scénarios de rupture d’une ampleur au moins équivalente à ce qui a été fait pour la finance mondiale.

The Shift Project se veut le promoteur d’une économie soutenable, qui ne soit ni anticapitaliste par principe, ni en porte-à-faux avec les constats scientifiques.

Tout ce texte transpire le changement de modèle social « pas anti-capitaliste par principe » (donc anti-capitaliste parce que c’est la nécessité scientifique). Parce que si c’était avec des règles de 3 bien comprises qu’on pouvait changer le monde, ça se serait fait depuis un bail.

Je pensais que ton commentaire portait sur la position de Montebourg et autres comme décrite dans l’article, et c’est de ça que je parlais, mais en relisant je vois que tu te référais à la « tradition trans-partisane » mentionée dans l’article. Je connais mal le sujet, au temps pour moi.
Je ne sais pas pas à quelle « tradition » la défense de l’industrie nucléaire se rattache, mais je voulais dire que je n’y vois rien de fondamentalement capitaliste (à la défense du nucléaire).

Si tu le dis avec tant d’assurance … La prochaine fois je te ferai relire mes contributions à l’avance, tu me diras ce qui y est faux :slight_smile:

Quand je parlais de changement de modèle social, j’entendais sur des questions comme la répartition des richesses, du pouvoir, les libertés accordées à chacun, etc … Ce n’était pas formulé clairement.
Ces sujets ne sont pas strictement indépendants de la décarbonation/re-construction de l’économie. Mais le texte du Shift que tu cites ne ferme pas du tout la porte (par exemple) à une économie décarbonée où les structures de pouvoir / répartition d’aujourd’hui sont à peu près conservées. Ou pour le dire autrement, si on trouvait une solution miracle à nos problèmes d’énergie (e.g. fusion nucléaire, panneaux solaires en orbite, que sais-je), on pourrait dissoudre le Shift demain, mais les luttes sociales ne seraient pas finies pour autant.
C’est justement pour ça que j’apprécie la démarche du Shift: la décarbonation n’est pas utilisée comme prétexte pour parler d’un changement plus vaste de modèle social, mais est prise comme un problème en soi.

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Pierre, excuse-moi si j’ai été un peu enflammé dans ma réponse.

En tout cas, tu l’écris toi même et je pense que Jancovici en est bien conscient (et c’est pour ça qu’il est écrit « pas anti-capitaliste par principe » : si on trouve une solution magique à la Musk, effectivement, il n’est pas nécessaire de changer quoi que ce soit, mais la réalité, ou le réalisme, ou le pragmatisme, ou les règles de trois, font que c’est peu probable et qu’on va donc être obligé de se tartiner un changement de modèle social où le collectif a considérablement plus d’importance que l’individuel.

Par ailleurs, et ce n’est pas un détail, j’ai du mal avec le découplement que certains scientifiques/ingénieurs/techniciens/barbares opèrent entre le problème du réchauffement climatique et la condition humaine (alors qu’il ne semblent pas avoir de problèmes à accepter l’improbabilité du découplement entre PID et consommation d’énergie).

Le réchauffement climatique est un problème parce qu’il touche à la condition humaine et Jancovici et est très clair à ce sujet (et pas que lui, bien sûr), et non pas parce que c’est une jolie équation multivariable à résoudre, au grand dam des amateurs de règles de trois bien comprises.

La Terre, prise dans son ensemble se fout royalement du réchauffement climatique et dans un million d’années elle sera passée à autre chose. Prendre la question du climat dans sa dimension exclusivement « scientifique » c’est se mettre au même niveau que ce qu’on appelle les « khmers verts ».

Le système de production capitalistique est une erreur scientifique historique, et il faut passer à autre chose pour le bien de l’humanité pas pour la diversité biologique ou je ne sais quel thème naturaliste. Et c’est bien, parce que justement l’humanité en tant que société animale ne peut s’épanouir que dans la plus grande biodiversité, etc. En bref, trouver une solution « amorale » au réchauffement climatique ne garanti en rien que la collectivité humaine survive, alors qu’une solution à la survie de la collectivité humaine est par définition une solution aux questions posées par le réchauffement climatique.

A moins que j’ai mal lu, le PTEF (Plan de Transformation de l’Economie Française pour décarboner) du shift n’implique pas le préalable d’une révolution. Si j’ai mal lu, je suis preneur des extraits évoquant le grand soir révolutionnaire avec le coupage des têtes et autres joyeusetés généralement associées à ces utopies.

Dans la « pensée Jancovicienne », j’apprécie beaucoup qu’un des piliers du raisonnement consiste à prendre les sociétés comme elle sont, et pas comme certains voudraient qu’elles soient.

Dans ma « jeunesse », j’étais plutôt partisan d’une économie dirigée par le haut, sous-entendu ç’est logique dans la culture Jacobine Française et avec mon approche d’ingénieur avec une formation scientifique. Mais, ma nature pragmatique m’a bien obligé à admettre que la quasi-totalité des grandes expériences collectivistes ont été un échec cuisant plus ou moins rapide, avec une dérive dictatoriale et des abominations quasi-systématique. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que c’est bien le Capitalisme, avec ses qualités et ses défauts, qui a contribué à augmenter le niveau de vie du grand nombre, y compris avec ses conséquences sur le climat, y compris avec ses ultra riches.

Pour le nucléaire, je souhaite tout de même une approche public centralisée par le haut. Encore faut-il que nous ayons des gouvernants ayant les compétences et la volonté pour piloter cela correctement. Ce n’est pas gagné puisqu’il n’y a plus beaucoup de vrais ingénieurs dans les hautes sphères gouvernementales. Même la ministre de l’industrie n’a ni la formation, ni l’expérience de l’industrie. A force de prendre des baratineurs formés dans nos écoles de baratinage, il ne faut pas s’étonner que nos gouvernants soient surtout les rois de la comm et du blabla. :slight_smile: Le pire étant probablement notre commissaire au plan qui, en 3-4 décennies, n’a jamais planifié autre chose que sa carrière. C’était mes lignes caricaturales du matin.

Le débat continue et c’est intéressant.

Je propose d’abord qu’on abandonne les anciennes catégories de capitalisme (libéralisme ou néo-libéralisme) et de collectivisme (communisme), ancien débat qui ne correspond plus à la situation actuelle. Par ailleurs le terme de révolution me semble trop connoté (grand soir, violence de la révolution, etc.) pour que nous l’employons dans l’échange dans la mesure où il clive nos réflexions respectives (blanc/noir, oui/non, adversaire/allié). Parlons éventuellement de transformation, de changement ou d’évolution.

Le Shift se consacre à la dimension énergétique de la lutte contre le réchauffement climatique et à vouloir tout faire en même temps, on le fait mal. Complètement d’accord.
Pour autant, nous devons veiller à ne pas avoir d’angle mort qui desservirait l’efficacité de notre démarche. Si nous ignorons la dimension sociale (le processus d’inégalité induit par la financiarisation de l’économie) du changement climatique, les changements que nous proposerons ou initierons se heurteront à la réalité que nous a rappelé à sa façon le mouvement des Gilets jeunes.
L’acceptabilité des changements de conduite dans l’existence dépend fortement des ressources dont on dispose). Cf. le post qui suit.

Par ailleurs, imaginer que la transition énergétique peut se faire sous un régime autoritaire (en l’occurrence tel qu’il fonctionne actuellement en Chine) est une illusion car cela continuera de relever d’un rapport de domination. Le shift ne peut donc pas non plus ignorer la question politique de la démocratie.
Certains en parlent beaucoup mieux que moi. Cela vaut le coup d’aller voir Gaël Giraud et Eric Piolle.

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