Les estimations des réserves de pétrole comptent-elles les ressources situées sous la banquise?

Bonjour tout le monde !

Je viens d’avoir un énième débat avec un ami, car je lui ai partagé ma volonté d’acheter un véhicule électrique neuf en remplacement de ma voiture thermique (qui ne remplit pas les critères de mise à la casse…). Je lui explique alors ma volonté d’être + écologique, de faire gonfler le parc automobile électrique actuel (si tout le monde achète d’occasion, le parc ne gonflera pas) et de me détacher du pétrole. Évidemment, si il y a eu débat, c’est qu’il y a eu désaccord. Je vous solliciterai à propos de ma démarche d’achat du véhicule électrique sur un autre post, là j’aimerais parler du pétrole.

D’après mon ami, le pétrole n’est pas trop un problème car il y a d’immenses réserves sous la banquise. Je suis au courant qu’elles existent, toutefois je me demande si leur quantité a été évaluée. Par exemple, Mathieu Auzanneau présente dans la vidéo « le pic pétrolier, un danger mortel pour l’Europe » un graphe sur les projets de pétrole brut en comparaison avec la consommation actuelle de pétrole.

Voici ma question : est-ce que les projets sous la banquise sont comptés ?

Ce serait sûrement une catastrophe environnementale d’aller taper dans ces réserves pour de nombreuses raisons, mais en terme de quantité sont-elles déjà comptées ou pas ? Si non, à combien les évalueraient-on ?

En vous remerciant !

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Coucou,
Pas d’avis sur l’aspect « réserves » mais deux remarques en passant :

  • les énergies fossiles posent deux problèmes, leur disponibilité d’une part, et leurs émissions de GES d’autre part, donc s’en affranchir est souhaible, quel que soit l’état des réserves :).

  • je ne suis pas sûre que faire grandir le parc automobile soit un but positif en soi, il vaut sans doute mieux viser à réduire le parc (et augmenter la part d’électrique dans un parc plus petit), non ? Dans ce sens, ne pas mettre à la casse une voiture qui peut encore rouler, c’est prolonger sa durée de vie et éviter la construction d’une nouvelle, sans doute plus lourde etc.

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Comme le dit Fanny, le parc automobile est appelé à se réduire par tous les moyens possibles, parce que le pétrole n’est pas le seul problème qu’il pose (et de toute façon la production d’électricité dépend aussi du pétrole à l’une ou l’autre étape de la chaîne).

Il existe en revanche la possibilité du rétrofit pour électrifier les véhicules existants, si possible les plus anciens.

Pour répondre à la question, en fait, je n’en suis pas capable, donc je vais espérer que quelqu’un qui en sache plus passe par ici. Et au pire, pourquoi ne pas poser la question à Matthieu Auzanneau, il doit pouvoir être contactable d’une façon ou d’une autre ? Dommage pour le timing, il était à la dernière mensuelle !

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Il y a débat oui, c’est pour ça que je voulais questionner la communauté sur un autre post ailleurs. Toutefois, ça peut être fait ici. Mais mon objectif premier étant de connaître la situation liée aux réserves, je préfère parler de ça. Mon avis est de faire grandir le parc « électrique », pas le parc « automobile ». Toutefois, aujourd’hui, je n’ai pas une voiture qui entre dans les critères de mise à la casse. Donc si j’achète un électrique neuf, j’achète aussi une voiture supplémentaire pour le parc. D’où mon nouveau questionnement. Quoi qu’il arrive, je veux vendre la mienne qui est un SUV que l’on ma filé à très bas prix l’an dernier. Je hais les SUV, ça fait 8 mois que je roule dedans et j’ai qu’une envie depuis le début : en changer. J’attendais de retrouver une situation stable pour y parvenir.

C’est vrai oui, mais là il n’est question que des réserves puisqu’il me répondait sur les réserves. Toutefois, concernant les émissions GES, sa question est pertinente : n’est-il pas préférable de faire rouler un véhicule thermique d’occasion plutôt qu’un électrique neuf ?

Totalement d’accord oui, c’est vraiment dommage que je n’y pense que maintenant. Bon, j’espère pouvoir trouver un moyen de le contacter en effet :slight_smile: ou que quelqu’un m’apporte une réponse.

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Ca dépend de la consommation du véhicule, donc entre autres paramètres de son poids (et du type d’usage). Carbone4 a produit des rapports sur ce sujet dont les liens sont accessibles sur cet article : http://www.carbone4.com/voiture-electrique-etre-decarbonee-de-production-a-lusage/

Toujours chez Carbone4, si tu as participé à une conférence MyCO2, on voit en chipotant aux paramètres que le véhicule électrique qui roule en France émet la plus grosse part du CO2 lors de sa fabrication, et le thermique lors de son utilisation (avec un croisement des deux selon l’usage).

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C’est bien ce qui me semble, d’où ma problématique. Mais je vais aborder ce sujet dans un autre fil de discussion

Je viens de chercher rapidement par mots-clés dans le dernier rapport à ce sujet du Shift Project, datant de juin 2020 (la vidéo que tu cites date de février 2019) ; la réponse n’y apparaît pas explicitement, sans savoir si j’ai lu suffisamment pour comprendre correctement, ces réserves semblent mentionnées comme pouvant réserver des surprises. Le problème que je vois, c’est que ces réserves n’appartiennent à personne, donc comment classifier leur existence ? Est-ce qu’on sait au moins à peu près quantifier non seulement ce qui y existe, mais surtout ce qui y est exploitable ?

J’opterais pour contacter Matthieu directement, que ce soit par mail, linkedin ou twitter !

Je vois ce que tu veux dire. Toutefois, dans ce graphe où il met en juxtaposition nouveaux projets / consommation annuelle, je me demande si ces réserves ont été inclues et si non est-ce pertinent de le faire car ce ne sont pas encore des projets d’exploitation ?

Bien sûr, aller les exploiter me paraît insensé, mais elles sont là et j’ai peur qu’elles risquent de devenir un argument pour le « rien changer pendant encore quelques années »

PS : pour le sujet où je parle de mon questionnement quant au choix de ma future voiture, c’est ici : Voiture électrique ou thermique: la galère pour le consommateur le dernier post au moment d’écrire ce commentaire

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Sur le sujet véhicule électrique/thermique, ce que j’avais vu c’est que si on prend en terme d’écologie (et non pas seulement de GES), la voiture électrique n’est pas forcément souhaitable :

image

Ce graph, un peu surchargé, compare le résultat du remplacement d’un véhicule thermique « standard » par différentes alternatives, sur 8 points, selon les pays.
Source : Decarboner transports polytechnique.pdf (3,6 Mo) Diapo 76

Pour ce qui est des banquises, ce que j’ai retenu de JMJ et du Réveilleur c’est que le scénario « on brule tout ce qui est récupérable avec un Taux de Retour Energétique >1 » a vite été enlevé des modèles, parce que le monde s’effondrera à cause du réchauffement climatique bien avant qu’on ait approché la fin des réserves. Ca concerne surtout le charbon, pour lequel on a des réserves gigantesques, mais l’argument reste le même pour le pétrole.

Donc en somme : on a encore des réserves importantes, mais avec un TRE qui diminue et un réchauffement climatique qui augmente, donc même si la pénurie complète n’est pas à l’ordre du jour, ça ne doit pas justifier de réduire/ne pas faire d’effort. Si la personne avec qui tu as débattu n’est inquiété que par la pénurie et pas pas la cause climatique, c’est que vous n’avez sans doute pas les mêmes priorités.

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Il questionnait surtout mon choix de me « libérer » du pétrole en optant pour l’achat d’un véhicule électrique neuf. Je lui arguais que les réserves étaient limitées, ce qui explique UNE PARTIE de mon choix quant à sortir du pétrole. Il a juste répondu à cet argument. Il n’est pas spécialement engagé comme moi sur la lutte contre les GES, mais a un regard très orienté vers l’écologie et le « consommer utile ». Il questionnait donc l’utilité que j’avais de consommer un véhicule électrique neuf si l’une de mes préoccupations étaient de m’inquiéter des réserves de pétrole. Et ce que tu dis rejoint son discours : on aura des problèmes très graves avant que l’on soit à sec de pétrole (alors que justement j’imaginais que la pénurie de pétrole serait peut-être notre premier problème grave)

En faisant quelques recheches rapides, j’ai trouvé les chiffres suivants pour l’Arctique et l’Antartique.

Pour l’Arctique, j’ai trouvé une jolie fact-sheet de l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS):

Elle donne les estimations de réserves de pétrole et de gaz non découvertes en 2008 mais je suppose que ce qui nous intéresse ce n’est que le pétrole.
L’estimation est de 90 milliards de baril. Ca peut paraitre énorme mais je préfère toujours ramener à la consommation journalière (c’est beaucoup plus parlant et ca évite l’effet gros chiffres).

En 2019 , la consommation de pétrole atteint 100 millions de baril par jour. Ca fait un peu moins de 2 ans et demi de consommation au rythme actuel. Sachant que la même étude estime que 84% de ce pétrole est offshore donc pas évident à aller chercher.

Pour l’Antartique, j’ai trouvé une étude du Lowi Institute qui estime à 203 milliards de baril les réserves de pétrole (page 4) ce qui ferait de l’Antartique la troisième réserve d’hydrocarbures (derrière l’Arabie Saoudite et le Vénézuela).

En gros, ca nous fait 300 milliards de barils (entre 8 et 9 ans de consommation) sans qu’il n’y ait de garantie que ces réserves soient exploitables au final. Le chiffre est à prendre avec des pincettes mais il ne faut clairement pas compter sur le pétrole des régions polaires pour compenser le déclin des réserves de pétrole.

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Bonjour.
J’ai un peu travaillé le sujet il y a quelques années.
Les réserves connues étaient assez « faibles ».

Rappel: réserves = hydrocarbures découverts en quantités économiquement suffisantes sur un gisement pour être produites (dans le jargon, elles sont dites commerciales. C’est l’Etat du pays concerné qui autorise ou pas son développement, pas les compagnies pétrolières.)

J’avais évalué les réserves 2P arctique offshore donc sous la banquise (prouvées plus probables) ainsi :

  • pétrole 5 G.bbl (soit ~ 2 mois de consommation mondiale)
  • gaz 7 000 G.m3 ou 209 Tcf, (soit ~ 2 ans de consommation mondiale.)

Il y a probablement du potentiel (des resources) au débouché des fleuves russes qui n’a pas encore été exploré (faute de technologies). Donc pas (encore) de réserves.
Exxon a fait une belle découverte de gaz en mer de Kara fin 2014 (réserves non communiquées) mais les sanctions ont bloqué les travaux sur zone. Et Exxon a fini par se retirer de ce projet là.

Enfin, l’USGS a publié des chiffres de resources très hypothétiques en 2009 qui ont fait fanstamer beaucoup de monde. Mais ces chiffres ne sont que ceux de leur estimation de « quantités non découvertes » (sic !) à l’intérieur du cercle Arctique.

Je connais des tas de régions dans le monde où les géologues avaient fait des calculs du même type. Beaucoup ont été condamnées après quelques forages. Peu ont été prolifiques.

N’hésitez pas à me solliciter si besoin.

PF

Au passage, il faut intégrer que certaines compagnies pétrolières cotées ont annoncer renoncer à chercher du pétrole en raison des risques de pollution.
Cela ne concerne pas le gaz. Et d’autre part, rien n’empeche une compagnie russe de s’y lancer avec la technologie occidentale, un jour…

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Bonjour.
Désolé mais tous ces chiffres ne sont pas des réserves.
Ce sont des spéculations (voir mon post ci après.)
Tant qu’il n’y a pas de forage, on n’en sait rien.
Et on peut sortir n’importe quoi. Que personne ne pourra contredire.