Les Éco-délégués débarquent dans les collèges ... 250 000 nouveaux partenaires?

Le Ministère de l’Education National généralise les Éco-délégués aux collèges sur tout le territoire :


Chaque classe de 6°, 5°, 4° et 3° peut compter un délégué.
Si la vidéo promotionnelle du Ministère apparaît comme assez restrictive sur le périmètre d’action des enfants, le label E3D (https://edd.ac-versailles.fr/spip.php?article643) qui est dans les missions possible des éco-délégués est un objectif nettement plus ambitieux et parfaitement convergent avec le Schift Project.
L’occasion de créer un lien aujourd’hui et une synergie demain pour un succès après-demain.
Les collégiens d’aujourd’hui seront ceux qui éliront les prochains Maires de France
Et les lycéens d’aujourd’hui seront ceux qui éliront le prochain Président de la République.

Et si le Shift adressait non pas le Mamouth institutionnel mais directement les enfants, la caisse de résonnance de notre ambition sera toute autre et la portée de nos travaux démultipliée d’autant.

Chiche ?

Je propose d’être moins des organisateurs que des facilitateurs de la mise en relation puis de l’agrégation des ces enfants à l’échelle nationale en les accompagnant en terme de méthodologie et d’organisation.
Viendra ensuite le temps du cadrage des projets auxquels les contributions du Schift sont évidentes pour les voir s’approprier les sujets dimensionnants avec la bonne méthode et les bonnes données …
Une fois le plein (d’hydrogène) fait et la trajectoire calculée, il n’y aura plus qu’à allumer la mèche.
Des volontaires pour amorcer la réaction en chaîne ?

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J’ai déplacé le sujet dans « De Shifter à Shifter », approprié pour les appels à volontaires :slight_smile:

Ce serait top de pouvoir étendre l’influence à cette échelle, j’espère que d’autres Shifters te répondront ! De mon côté, je vais voir si ce genre d’action est en place ou serait possible en Belgique (d’abord voir s’il y a un intérêt, parce qu’être étiqueté « l’écolo de service » ça ne doit pas être facile).

Bonjour je suis enseignant dans un collège qui est certifié E3D (niveau max) et dans lequel les écodélégués existaient bien avant les annonces de JMB. Les projets reposent sur la bonne volonté de quelques enseignants généralement sous forme de quasi bénévolat, car comme d’hab il n’y a en fait aucun budget (ou presque) alloué. Mes collègues à l’origine du projet (qui ont créé un atelier écollège) étaient autrefois soutenus par l’ancien chef d’établissement et c’est moins le cas, donc tout cela s’essouffle. J’ai ponctuellemement participé mais j’aimerais aller plus loin en essayant de mettre en place par exemple des fresque du climat : problème cela nécessite du temps (2h30 à 3h) que l’on n’a pas dans les emplois du temps… bref je suis preneur d’échanger avec d’autres profs Shifters pour voir ce qu’il est possible de faire chacun à notre échelle, notamment autour de la fresque et du kit Educlimat par exemple : https://educlimat.fr/

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Le problème est que l’écolo de service chez les profs est très souvent anti nuke par principe, voir anti 5G parce que les ondes c’est mal, et anti plein de trucs (antivax, antimasque…) sans aucune notion de priorité ou des ordres de grandeurs du problème…et qu’on ajoute sans arrêt des tâches supplémentaires aux profs (sécurité routière, numérique, écologie…) et certains (même motivés) aimeraient juste pouvoir déjà enseigner leur matière…mais je veux bien essayer :smiley:

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Bon je me parle à moi-même…la certification E3D doit être renouvelée…ce qui n’est pas le cas dans mon établissement faute de baisse de motivation des enseignants porteurs du projet initial…je vais voir si je peux m’y lancer.

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@GuillaumeW tu te parles pas à toi-même, je t’écoute :slight_smile:… et je partage tes remarques.

Je suis aussi prof en collège et notre établissement vient d’obtenir le label E3D niveau 2… sans rien faire d’autre de bien concret que de remplir des dossiers et faire des bilans, et avec des travaux d’extension calamiteux.
Du grand n’importe quoi car les élèves ne sont pas dupes et ils se rendent bien compte qu’à part de la comm’ on fait pas grand chose. L’accent est mis sur le recyclage des déchets, photocopies au dos de feuilles utilisées sur une seule face, tri des déchets… qui sont tous déversés dans le même container en fin de journée, faute d’implication des agents et de leur hiérarchie, faute de moyens horaires et humains.
Durant les travaux d’extension nous avons relevé de nombreux dysfonctionnements, certes classiques en cas de travaux, mais passer au niveau 2 E3D dans ces conditions c’est vraiment une honte : nombreux robinets neufs qui fuient en continu durant des mois, lumières à détecteurs qui restent allumées en permanence, etc. De ce fait il y a eu de grosses tensions avec la direction dont la réponse a été « c’est pas de notre faute, c’est les entreprises qui ont mal travaillé, et on a signalé les problèmes au conseil départemental ». Je passe sur les autres aberrations du même genre. Insupportable. On a littéralement discrètement sauvé des meubles neufs qui partaient à la benne… Quant aux éco-délégués, à part faire ils ont travaillé sur la réalisation d’affiches, dont personnes n’a jamais vu la couleur.

Bref, beaucoup de bonne volonté, mais énormément d’incohérences.

Désolé de vous donner des détails qui n’apportent rien à la discussion, mais il fallait que je vide mon sac, et ce que je décris est la réalité du terrain d’un collège labellisé E3D niveau 2 tout récemment…

Le bon coté : quelques collègues sensibles à la cause, même si j’ai du travail pour leur faire comprendre quels sont les vrais enjeux (déchets vs chauffage au gaz par exemple), le chef d’établissement pas opposé sur le principe à faire des actions de type Fresque. Je lui ai présenté en fin d’année dernière des pistes pour sensibiliser les élèves :
1/ Mettre un thermomètre dans chaque salle pour que les élèves puissent contrôler qu’il ne fait jamais plus de 19°C
2/ Affiches au réfectoire sur l’impact de l’alimentation

Du fait du confinement le projet n’a pas abouti mais je compte bien relancer tout ça prochainement !

Au plaisir d’échanger, même si pour l’instant l’inertie et les contraintes d’un établissement ajoutées aux incohérences multiples ont raison de ma motivation…

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Merci de ton retour, tout ça ne me surprend pas, chez nous il y a un eco-digesteur pour les déchets de la cantine, mais le compost fabriqué ne peut pas être utilisé par exemple pour les espaces verts de la commune car on ne sais pas exactement ce qu’il contient (il faudrait le faire analyser et ça coûte)… on a remplacé les feutres jetables par des rechargeables qui coûte plus cher et dont la recharge n’est pas recyclable et en sachet plastique individuel…bref en effet on est dans le secondaire même si ce n’est pas inintéressant. Le Lycée local a bien plus avancé sur la cantine « zéro déchets »… Il y a eu cependant d’autres trucs sympas : un jardin avec intervention d’un maraîcher en permaculture, moutons prêtés par un parent d’élève éleveur pour tondre une partie de la pelouse, mais c’est tout.
Notre chef voudrait absolument que ce soit une prof de SVT en charge du sujet (car l’inspectrice de SVT pousse…), en gros c’est une histoire de poubelles et de petits oiseaux.
Après notre établissement devrait également être fortement restructuré et c’est vraiment l’occasion de réfléchir au sujet mais le Conseil départemental ne semble pas trop préoccupé des questions énergétiques je crois.

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Latitia, Guillaume, Jean-Didier et j’espère beaucoup d’autres,

C’est une bonne nouvelle si - pour l’instant - la coquille du Ministère est vide et l’artéfact Éco-délégués un gadget pour de l’affichage (je suis convaincu par vos propos qui ne font que confirmer ce que j’avais perçu par le peu d’ambition que la feuille de route de l’éco-délégué du Ministère démontre).
Justement, profitons-en. Soyons opportuniste. Comme la tique (mais en plus beau), je vous propose d’utiliser cette porte d’entrée pour s’accrocher à la laine du Mammouth (*).
En effet, comme le dit si bien JMJ, aborder l’institution EN française par la voie officielle est un exercice long difficile et à l’aboutissement incertain.

(*) Mammouth : traduction pour notre cousine belge Laetitia, c’est le nom consacré pour désigner notre Education Nationale Française

Mon idée :
Prendre les objectifs affichés par le politique (COP21 - accord de Paris sur les 2°C - Paris 2030 - neutralité carbone en 2050) et construire le squelette d’un projet global et le rétro planning pour cet objectif.

Il ne s’agira plus de faire un micro projet gadget classe par classe sans vision ni ambition pour les enfants - projet (ou activité devrais-je dire) qui est répéter chaque année avec des sujets ineptes, sans continuum et sans intérêt pour les enseignants.

Construisons le rétroplanning du projet de {0 carbone en 2050} accessible aux enfants.
Le rétroplanning comprendra des actions dès les maternelles.
Ces actions ne seront pas des ‹ one shoot › mais des initialisations d’un mouvement inscrit dans la durée pour aboutir (tendre) au 0 carbone en 2050.
Et c’est sûr que de relier des blocs de papier usagés ou de trier des bouchons ne suffira pas :wink:

Les enfants de maternelle voteront dans 13, 14 ou 15 ans. Ils sont concernés et le politique aussi (il s’agit des enfants des députés et des petits enfants des sénateurs).

J’ai besoin de vous - les enseignants - en plus de vos contributions, pour ajuster les actions/items du rétro-planning aux niveaux des enfants pour que cela reste réalise et réalisable. Il nous faudrait idéalement des enseignants de tous les cycles (j’espère trouver ça dans les membres du Schift sinon il faudra recruter).

L’ambition est triple :

1 - agréger les éco-délégués de France, de Navarre, d’Outre-Mer mais aussi de Belgique et d’ailleurs avec les outils modernes (Fil Telegram, Forums Web ou autres etc) pour matérialiser l’appartenance à un grand ensemble et pour leur donner de la visibilité nationale voire européenne - construisons ‹ La Convention des enfants ›.

2 - construire un continuum d’actions et de projets cycle par cycle année par année pour qu’un enfant qui se sera impliqué en année N puisse avoir envi de s’impliquer en année N+1 car il ne s’agira pas d’un recommencement mais bien d’une continuité du même projet qui se raffinera, qui s’élaborera, qui avancera, qui donnera envie. De même pour les enseignants, le projets évoluant, l’intérêt et la motivation sera entretenue et - souhaitons le - grandissante, pour attirer les autres membres du corps enseignants (on a besoin des Math, de la Chimie, de la Physique, de la Géographie, des langues etc).

3 - Procéder aux avancées ne nécessitant aucun moyen particulier (poser les objectifs, puis les diagnostics puis la structuration des forces vives ( Comité de pilotage - Comité de suivi item par item et - rêvons un peu, instances régionales / instances nationales de pilotage) ; une fois cette construction faîte, mettre le Mammouth et le politique devant ses responsabilités en présentant une démarche construite et en cohérence avec leurs annonces pour leur demander les moyens à mettre en regard des ambitions affichées (pour passer de l’affichage au concret).

Nous pouvons adopter la stratégie de la tâche d’huile tant pour agréger les enfants que pour agréger les sujets.
Ainsi, on peut imaginer commencer par l’affichage d’un projet établissement 0 carbone en 2050 et, avec ce levier, globaliser petit à petit le projet sur la notion de la mobilité (des déplacement établissement - domicile - lieu d’activités extra-scolaires puis tout déplacement), la notion de l’énergie/rénovation thermique de l’école (puis de tout bâtiment), la notion de l’alimentation à la cantine de l’école (puis dans toutes les cantines puis dans toute l’alimentation) etc.

Tout ces sujets peuvent être construit à partir de l’école avec le souci constant d’une construction suffisamment générique pour le rendre généralisable à la ville, l’agglomération de communes, le département, la région, la nation, le continent, la planète … pour que les enfants puisse faire du Greta à la fin en disant, nous savons le faire, en voici la démonstration alors just do it.

Cette modalité de projet permettra d’embarquer des écoles supérieures aux compétences multiples comme des écoles du multimédia pour nous faire de beaux spots pour chaînes YouTube, Instagram, TikTok et consœurs (pour susciter des vocations chez les gônes et donner de la visibilité), des écoles d’ingés pour nous construire des applis smartphone pour relever le bilan carbone des déplacements des enfants, mettre en place des bases de recueil des données et bien d’autres sujets. Nous pourrons ainsi décloisonner les écoles, les maternelles parleront aux primaires qui parleront au secondaires qui s’adresseront aux universités et aux écoles.

Je file à ma planche à dessin poser les premiers éléments dimensionnant selon les axes de temps (X), de topics (Y) et de moyens (Z). Le fil conducteur est de faire du pas à pas, de l’avancement à bas bruit (au début) pour ne pas réveiller le Mammouth.

Avec cette base que je vous soumettrai au fur et à mesure de son avancement pour recueillir votre lecture critique et vos contributions, j’ambition d’avoir un premier kit de Com pour - des la rentrée post-toussaint - rallier à ma cause les contacts de mon carnet d’adresse |mes 4 tâches d’huile] que sont :

  • 12 éco-délégués du collège Hélène Boucher - Paris XX°
  • l’association des Citoyens du XIV° qui envisage d’agréger tous les collégiens du XIV°
  • la directrice d’une école primaire de la rue des Pyrénnées à Paris XX°
  • 2 enseignantes de CP et CE1 d’une école primaire de Paris XVIII°

Désolé je suis Paris-centric, mais avec le couvre-feu, dur dur de battre campagne. Je compte sur vous pour apporter d’autre tâches d’huiles, des idées et des volontaires.

PS : il y a urgence car, selon notre ministre actuel de l’économie voici une voiture écologique : https://www.largus.fr/actualite-automobile/ford-explorer-hybride-rechargeable-v6-457-ch-et-zero-malus-10340390.html
0€ de malus CO2 car hybride (30kms en élec puis 12l/100 au bas mot)
0€ du nouveau malus au poids car voiture familiale donc exempté malgré ses 2,5 tonnes.

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Le projet que tu proposes semble bien structuré et construit, mais en gros décalage avec la réalité :

  • afficher un objectif zéro carbone en 2050, ça correspond trop bien aux annonces en vogue, avec effet de mode, dont on SAIT que ce ne sera pas suivi d’actions concrètes ; de manière générale, je suis pour des objectifs échelonnés, de type tous les 2 ans, mais il y a moyen d’agir avec des actions efficaces sans mesurer de CO2.
  • je crois qu’il ne faut pas voir trop grand : viser la collaboration avec une école, puis éventuellement deux, voir comment ça se passe, puis étendre au besoin ; les grands projets colossaux ont moins de chances de se réaliser à cause de leur ampleur justement, qui conditionne leur réussite à l’adhésion active de trop de gens sur qui on ne peut pas nécessairement compter.

La collaboration avec les écodélégués par contre me semble absolument à tenter, ne serait-ce que pour sensibiliser les élèves à ce qu’est ce rôle, à comment le remplir au mieux (comme tu dis dans une démarche de continuité). Les informer avec de vraies information, mettre sur le tapis des domaines thématiques dans lesquels agir, mais un à la fois. La première chose à faire est de remporter l’adhésion et de générer une motivation à agir réellement. Le projet Shift1Team peut peut-être apporter des éléments de réflexion à ce sujet ?

En Belgique (Wallonie en tout cas), il y a le projet « écoles zéro watt », qui vise à réduire à zéro la consommation d’énergie lors des heures creuses, avec tout un plan : prendre des mesures, voir des professionnels, etc. Il y a des écoles pilotes qui ont été choisies, ce n’est pas quelque chose de généralisé, et ça me semble très procédural et dirigé.

Merci pour les notes explicatives du vocabulaire franco-français :smiley:

Laetitia,

pour bien se comprendre (et je crois que nous disons la même chose), je n’affiche pas l’objectif carbone 0 en 2050 - C’est nos politiciens qui l’affichent (tout en ne faisant rien et en ne sachant pas ce que ça embarque). L’idée de le reprendre dans le verbe n’est pas pour le faire notre mais pour :
1 - faire prendre conscience aux enfants de ce que cet objectif implique
2 - armer les enfants avec des éléments factuels, scientifiques et techniques qui leur permettent de comprendre et d’expliquer combien cet objectif est inaccessible - donc est un mensonge - mais aussi en plus, avoir une conscience aigüe du décalage entre le discours et les actes des dirigeants et enfin, de prendre comprendre de l’ampleur du sujet et de la nécessité d’agir.

Bien sûr et c’est toujours la stratégie qui m’anime - la politique des petits pas est LA SEULE qui vaille. Pour tout projet, il faut l’adhésion des concernés pour que cela fonctionne. Or, dans la conduite du changement, les concernés/impactés par un projet y adhèrent si ils y trouvent un bénéfice.
Les bénéfices immédiat pour les enfants est le réveil des consciences et les dotant de l’ABDdaire du sujet pour qu’ils sachent décodés un propos politique ou une pub, tout le greenwashing et le bullshit dont on les alimentent avec un oeil aiguisé.
Et si les enfants commencent à dire à leur parents demain et à leur élus après-demain, ce qui EST et ce qui est du n’importe quoi voire des mensonges, c’est gagné.

Pour les profs, je vois le bénéfice de leur permettre de construire des enseignements sur des sujets passionnants, multidisciplinaires et dont l’infinie complexité permet chaque année de la scolarité d’aller plus loin ou plus en profondeur dans la compréhension des sujet (le soleil, la terre et l’air en maternelle, l’entropie, la constante d’Avogadro et la loi des gaz parfaits de Clapeyron en terminal).

Bref, tout ça pour te dire que mon propos du « 0 carbone en 2050 » est du second degré, de l’affichage. Il s’agit de reprendre les mots et les affichages de l’institution Mammouth et des politiciens pour apparaître aligné et dans le moule de leur pensée et ne pas soulever de frein ou d’opposition sinon de réticence au début (et pour pouvoir avancer à bas bruit).

Ensuite, on donne tout ce qu’il faut aux enfants pour qu’ils se construisent le kit de compréhension du sujet et qu’ils allument la flamme de la curiosité pour qu’ils creusent par eux mêmes plus encore … pour qu’in fine, dès demain, ces enfants d’aujourd’hui disent à leurs parents combien ils déconnent et, après-demain - quand ils seront des électeurs - qu’ils disent ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent PLUS.

Le Shift donne une matière exhaustive et d’une profondeur technique et scientifique remarquable. Mais en ne ciblant que les ingénieurs ou esprits déjà sensibilisés aux sujets en ne descendant pas aux enfants qui seront les électeurs et décideurs de demain et surtout ceux qui vivront le plus durement les impacts des scenarii du GIEC, il me semble qu’il manque cette jambe à la démarche.

Le boulot me semble-t-il est de puiser dans cette mine de données et d’intelligence qu’est le Schift pour le recuisiner et l’adopter au goût des enfants pour le leur faire goûter, leur faire aimer, le leur faire adopter.

Si j’étais taquin, je dirai que le « écoles zéro watt » belge est - dans un moindre mesure un greenwashing qui ressemble à celui de nos politiciens français.
Ainsi, quand l’école est vide tu coupes le chauffage la nuit et les week-ends et les matins et les lundis, tu mets le chauffage à fond … chaque particulier sait qu’il faut réduire MAIS SURTOUT PAS couper un chauffage en son absence au risque d’augmenter sa consommation globale. Donc, cantonner une mesure à des heures creuses est un faux semblant et si il n’y a pas de mesure globale et régulière sur une durée longue de la conso d’énergie/des rejets de CO2 pour objectiver l’impacte de la mesure, je veux bien prendre le pari avec toi que cette mesure va augmenter la consommation d’énergie et donc dégrader le bilan carbone des écoles belges. Et malgré ça, vos politiciens pourront se glorifier d’avoir fait un geste pour le climat.

(*) - Maintenant que du connait la définition du Mammouth de ce cotés des Ardennes, tu es parfaitement bilingue :wink:

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Pour le projet écoles zéro watt, il s’agit aussi des appareils électriques etc., soit tout ce qui consomme, en établissant un diagnostic eux-mêmes et un plan d’amélioration. C’est clair que ça reste de l’ordre de l’action symbolique niveau utilité réelle, mais bon.

Le véritable enjeu selon moi est effectivement de diffuser les bonnes informations, qu’elles soient accessibles et compréhensibles de façon adaptée à chaque âge, avec des outils adaptés au contexte scolaire (il en existe déjà d’ailleurs, notamment chez Avenir Climatique). Je ne crois pas que ce soit un objectif du Shit, mais la démarche peut être similaire à la leur.

Encore quelques commentaires :

  • la critique de la faisabilité des objectifs annoncés me semble très utile
  • il faut attaquer à toutes les couches à la fois : politique par lobby, grand public, écoles… c’est ce qui est plus ou moins tenté, en commençant par ceux qui peuvent avoir un impact plus rapidement ; j’ai peur par contre que les enfants sentent que tout est sur leurs épaules, selon la façon dont les choses sont présentées, ou qu’ils se retrouvent désespérés de constater que les adultes sont des cBIIIPs qui comprennent rien.
  • les enfants ont besoin de s’approprier le projet, et c’est toute la difficulté des enseignants : même avec un parcours bien ficelé sur un sujet léger où tu mets tout en oeuvre pour qu’ils soient intéressés et s’approprient la démarche d’apprentissage, ben ça marche pas à tous les coups. Donc sur un sujet aussi sérieux et parfois clivant (on ira pas contre l’influence de parents climatosceptiques par ex.) et anxiogène, il faut pas s’attendre à ce que ça marche des masses (mais ça vaut le coup d’essayer).
  • je ne crois pas que le système de démocratie tel qu’il existe actuellement en France permette réellement de dire ce qu’on veut ou pas ; pour moi, l’action se situe au niveau local, il faut se réapproprier les choses et « faire soi-même collectivement »
  • pour moi (encore une fois avis perso), la véritable utilité première au niveau enseignement serait d’informer correctement les enseignants pour qu’ils intègrent et répercutent éventuellement l’info sur la façon de donner cours ; ma belle-soeur, en haute école (équivalent bac+3 j’imagine), a encore des profs convaincus que les éoliennes et les voitures électriques vont nous sauver…
  • s’il y avait une seule chose à apprendre aux enfants dans la façon d’agir face au changement climatique, encore une fois un avis tout personnel, c’est de se rendre compte du luxe dans lequel on vit, de la façon dont ce luxe a été banalisé, et savoir renoncer pour volontairement choisir une forme de sobriété. Et là, on sort du concret qu’on peut leur proposer comme activité…

Je dévie un peu, pardon.

En effet je suis allé voir du côté d’Avenir climatique, ils partagent des contenus proches d’un TTS (ou de conf de JMJ) adaptés aux enjeu énergie/climat.
Pour moi elle seraient exploitable si on peut organiser une « vraie » formation auprès des écodélégués. C’est pas gagné car il faut du temps.
Ensuite les élèves sont souvent demandeurs de « faire quelque chose » plus que de « cours » car ils en ont déjà beaucoup et comme tu le soulignes aussi ça ne marche pas toujours…donc comment arriver à transmettre suffisamment de contenu de qualité et lancer quelques actions concrètes mais ayant du sens et pertinentes, pas si simple…

101% d’accord sur le fait que l’apprentissage par la pratique, le faire, le sentir, le toucher, le voir est 1000x plus puissant que l’enseignement académique trop valorisé en France même si il reste indispensable.
Tous les petits parisiens devraient visiter une station d’épuration des eaux, tous les enfants devraient visiter une centrale électrique, tous les petits allemands et polonais devraient visiter une mine à ciel ouvert d’extraction du charbon, tous les enfants devraient visiter un terminal porte-conteneur et tous les enfants d’Europe devraient regarder les vidéos d’extractions des hydrocarbures et des métaux - par les enfants esclaves du Congo … (Laetitia, voici un lien pour tes collègues prof qui vouent un culte à la voiture électrique : https://www.youtube.com/watch?v=JcJ8me22NVs quant à l’origine du Cobalt des batteries des voitures ‹ vertes ›).
J’ai montré cette vidéo des enfants esclaves à une enfant de 12 ans qui réclamait un iPhone pour Noël, elle n’a plus voulu de nouveau smartphone et a dit qu’elle se contenterait de son Samsung S4 mini aussi longtemps qu’il fonctionnerait.
Il ne s’agit assurément pas de démoraliser les enfants (même si assurément c’est sur eux que pèsent tous les enjeux et tous les périls induit par les comportements de leurs aînés). Mais on peut les enthousiasmer en leur rendant accessible la compréhension du monde et leur donner le possibilité d’en prendre possession avec le bon logiciel, les bons ordres de grandeur et la bonne compréhension physique.
J’ai su - sans être prof - apprendre à une enfant de 8 ans que tout ce qui l’entoure - son corps y compris - est fait de poussière d’étoiles qui ont explosé et dont les petits morceaux se sont collés les uns aux autres pour faire la Terre (elle a vu le film de la naissance de la Terre et de la Lune à la Géode du Palais de la Découverte et Imax et a parfaitement compris) puis que la Terre a engendré les poissons puis les humains. Cette génèse est inscrite dans sa mémoire.

Je pense moins que les enfants seront désespérés de voir que les adultes qui les entournent et les dirigeants plus encore n’y comprennent rien, ils seront / pourront au contraire être fiers de constater qu’ils ont un meilleur et plus exact entendement du monde pour enjoindre leurs parents à acheter les bons aliments, choisir les bons mode de déplacement et de consommation et enjoindre les politiciens à prendre les bons engagements sauf à risquer d’être totalement décrédibilisés.

Il ne s’agit évidement pas de leur faire prendre consciences des périls mais avant tout et surtout de leur environnement, des origines et des constituants du monde physique et de ce sur quoi est construit leur confort moderne actuel et de ce qu’il suppose (en énergie, en ressources premières, en agriculture etc) et de l’interdépendance des hommes et de l’intrication du vivant.

Notre France a un corps enseignant très valeureux et qui doit remplir 100 missions avec des injonctions contraires et une hiérarchie qui ne les soutient pas, avec des moyens bout de ficelle ; mais ils souffrent aussi d’une très forte prédominance de filière littéraire dans leur profil qui ne leur donne qu’un faible entendement de la compréhension physique, chimique, biologique et technique du monde - il faut les aider/les complémenter en donnant aux enfants, par apports extérieurs à l’école, ces savoirs, connaissances et compréhension du monde.

Je file de ce pas lire la prose d’Avenir Climatique. En France nous avons la formidable asso « la main à la pâte » née de l’initiative de notre prix Nobel Georges Charpak https://www.fondation-lamap.org/en/international.

20201019 - Axe des ‹ X › - le temps pour les Éco-délégués.docx (17,7 Ko)

Je mets en fichier joint ma première prose, l’axe des ‹ X › - c’est à dire l’axe des temps sur lequel nous pouvons intégrer les topics.

Viendrons l’axe des ‹ Y › - les topics à proprement parlé
Puis l’axe des ‹ Z › - les intervenants/contributeurs/inputs/facilitateurs

Dans l’attente de votre relecture pour intégrer vos suggestions et propositions constructives.

PS : la messagerie et le fil de discussion du forum du Schift va vite être un facteur limitant pour exposer et consolider ce travail - je vais voir pour une plateforme de construction de projet mutualisé et partagé.

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Un NextCloud sera bientôt mis en place, c’est un usage possible parmi d’autres. En attendant, si c’est un fichier texte, tu peux utiliser Google Drive, même si c’est un méchant Gafam :slight_smile: Ca permet de modifier le fichier et d’y accéder depuis un lien, tout en évitant de mettre des fichiers joints sur le forum (un lien suffira alors !)

Guillaume, un bon exemple des faux-semblants et des gâchis.
Autant d’occasions et autant de sujets d’étude pour les enfants … pour leur faire faire la démarche de développement de l’esprit critique des enfants :

  • diagnostic
  • solution mise en place
    - bilan
    - action correctrice à envisager
    Si les enfants eux mêmes construisent l’analyse des mesures correctives, en tirent le bilan (peu glorieux d’après ta description) - communiquent avec les parents - pour que remonte auprès du Conseil Départemental via les parents d’élèves un STOP à la novlangue et une demande FORTE d’implication des parents dans tous les projets et les décisions qui concernent leurs enfants avec leurs argent ! Un bon filon à exploiter pour tenter un Bottom-Up et commencer à éveiller les consciences (le Conseil Départemental n’en a rien à faire des enfants, mais des parents qui votent - si, … et si nécessaire - les parents peuvent passer par leur Maire pour lui frotter les oreilles et s’assurer d’être écouter - ils n’aiment pas se faire frotter les oreilles).

Et oui, les enfants n’ont pas besoin de cours académiques supplémentaires et les profs de charge et d’injonction supplémentaire. Des kits ludiques, des exercices pratiques, des vidéos, des intervenants, des visites/sorties me paraissent être les plus puissants leviers, les plus efficaces et les plus évidents à positionner sur le dos du Mammouth sans le réveiller ou risquer de le voir s’ébrouer.

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JAMAIS je n’utiliserai GOOGLE :wink:
Pour Avenir Climatique, c’est construit, joliment présenté.
Cela a le mérite d’exister.

Je suis gêné par 3 points :

  • Le manque d’accessibilité pour les enfants à certains concepts
  • La présentation très conceptuelle / powerpoint et croquis
  • Les présupposées solutions proposées/imposées aux enfants

Illustration du fond de ma pensée :
Pour faire comprendre combien l’agriculture est « pétrole & métal dépendante » et combien sa mécanisation est énorme, mettre un enfant au pied d’un Moissonneuse Batteuse (au Salon de l’Agriculture pour les parisiens) est porteur de beaucoup plus de sens pour un enfant de 3 à 16 ans (je l’ai vérifié).

Pour faire comprendre le principe du gaz à effet de serre, je préfère le chauffage radiant pour simuler le soleil, le parapluie pour masquer le rayonnement solaire puis l’émission de vapeur d’eau sous la parapluie pour faire comprendre l’effet de serre … c’est perçu par les sens de l’enfant, c’est concret et réel VERSUS la diapo PPT peu accessible à un cerveau d’enfant.

Enfin, je suis très gêné par ce propos (extrait) :

ÉNERGIE RENOUVELABLE

Ce sont les énergies issues d’éléments naturels qui se renouvellent très vite, et qui sont facilement accessibles : l’énergie du soleil, du vent, des fleuves, de la mer, des plantes.

Elles sont moins pratiques à utiliser que les énergies fossiles, mais elles sont inépuisables et n’émettent peu ou pas de gaz à effet de serre.
Exemple:
le vent et le soleil récupérés pour faire de l’électricité

Tout est faux.
Toutes les sources d’énergies sont naturelles ET renouvelables sur Terre (sauf l’Uranium qui nécessite l’explosion d’une Super Nova de 2nd génération). Ce n’est qu’une question d’échelle de temps (150 millions pour du pétrole, 300 millions pour du charbon). L’éolien émet de 2 à 10 fois plus de CO2 que le nucléaire.
Quant au solaire et au vent, il s’agit de source d’énergie diffusent nécessitant des systèmes de captations gigantesques et NON RENOUVELABLES que sont les panneaux solaires et autres éoliennes. Il y a là un biais grave et une fausseté des propos qui est GRAVE. C’est de la désinformation des enfants.
Mais au delà de la probité, je suis encore plus gêné par le coté « je propose une solution préconçue - fausse de surcroît - dans la tête des enfants ». Je préfère la démarche consistant à donner la connaissance et les informations aux enfants et les inciter à avoir la démarche de réflexion et d’imagination pour qu’ils arrivent à des propositions construites et élaborées par leurs cerveaux. L’imagination au pouvoir, surtout celle des enfants (elle sera souvent surprenante, parfois incohérente mais pas nécessairement fausse et certainement moins erronée que la vision inepte des pro ENR). Laissons les enfants inventer le monde de demain, celui dans lequel ils vivront. Donnons leur les moyens de l’inventer. Les adultes d’aujourd’hui veulent tous croire qu’ils feront « la transition écologique » - comprendre, on va s’acheter une voiture à batterie et financer quelques éoliennes et nous pourrons garder notre mode de vie. Seuls les enfants peuvent accepter le changement radical de mode de vie qui s’annonce - et pour l’accepter et le vivre positivement - seule une conscience fine et complète de l’environnement et des enjeux peut leur permettre de comprendre, d’accepter et de mettre en place les changements de mode de vie pour leur vie.

Le travail de recueil et de compilation d’Avenir Climat et louable mais leur démarche est contre productrice (enfermer les enfants dans des schémas de pensées voire dans de fausses solutions ne peut être que source de désillusions pour les enfants et d’un futur un peu plus compromis par du retard pris à emprunter un mauvais chemin qui aura été indiqué par des adultes).

Vive les enfants

Toutes les sources sont bonnes à prendre, parce qu’il n’y en aura aucune qui sera parfaite, et qu’on peut aller piocher dans toutes ce qui nous plaît pour recompiler :slight_smile:

Il faut en effet voir aussi ce qui correspond à quel public parmi ce qui est proposé, en format et en propos, quitte à adapter.

Malheureusement, l’école a déjà beaucoup à apprendre aux élèves avec les programmes, donc faire une formation complète en ce qui concerne le climat est compliqué si ça n’est pas intégré de façon correcte et efficace dans le programme (et puis que les profs sachent de quoi ils parlent accessoirement). Une intervention auprès des écodélégués sera forcément insuffisante pour aborder tout ce qui devrait l’être.pour faire les choses bien.

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@SLAG
Bonsoir
Ce constat est symptomatique d’une posture professionnelle entérinée par les rectorats.
Assistante d’éducation depuis 6 années toujours vacataire, je dois seule chercher un poste hors du département du Rhône pour bénéficier d’une mission à temps complet. Les directeurs d’établissement hurlent à chaque arrêt maladie, aussi je postule sur deux régions différentes avec des trajets en ter de 30 minutes à deux heures, pour m’engager en zone rurale là où il y a des internats … des refus de candidatures. Pourquoi, aucune prise de risque possible, il faut avoir résidence dans un rayon de 15 kilomètres au maximum et posséder son véhicule individuel, aucune possibilité de co-voiturage pour me ramasser à une gare voisine. Donc hors mis quelques plantations effectuées en école maternelle ou primaire dans des bacs en bois une fois par an, pas d’arrosage possible, c’est le travail des agents territoriaux !!! En temps de cantine, si le tri sélectif commence à poindre son nez, pas de compostage, c’est le travail des agents territoriaux. Un élève peut s’allonger sur un bout cour bitumée pour regarder le ciel, est gentil mais pas dans la terre, c’est humide et il ne faut pas toucher l’eau de la goutte de pluie à la flaque qui fait flic floc, parce que l’on risque de tomber.
Mais tout ceci peut faire l’objet d’une activité dite périscolaire avec des moniteurs bac+ 5 et âgés de moins de trente ans, pour un parcours éducatif subventionné par la région.
Alors si vous pouvez faire bouger les choses depuis la capitale, c’est déjà ça !!! Et peut-être le départ d’une nouvelle mobilisation. A vous lire avec tant de motivations. Corinne.

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Bonjour,

Je reposte le message, resté sans réponse pour l’instant, que j’ai mis dans "De shifter à shifter " / « Education au Développement Durable ».

Dans la continuité de la labellisation E3D du collège où j’enseigne (label E3D niveau 2), j’ai relancé un projet que j’avais initié auprès du chef d’établissement avant la crise sanitaire.

Mes objectifs sont, dans le but de décarboner l’établissement (murs et humains :grin:), de sensibiliser les élèves et les personnels à l’urgence climatique, responsabiliser (sans culpabiliser) dans la manière d’agir et de consommer. Je prévois plusieurs actions. Je vous soumets, pour avis, la synthèse de ce que vais présenter en comité de pilotage E3D.

Enseignants ou non, pourriez-vous me donner votre avis sur la pertinence (pédagogique, efficacité, leviers utilisés…) des actions que je propose de mettre en place ? Toute idée ou suggestion est bienvenue :slight_smile:

Merci d’avance ! :smiley:

1. Eco collège.pdf (74,6 Ko)