La ruée vers l'or vert : quelle gouvernance de la biomasse?

Actes des débats d’une série de Webinaires organisés par Epe autour de la biomasse:

file:///C:/Users/Pc/AppData/Local/Temp/publication-gouvernance-biomasse-30-mars-2021.pdf

Morceaux choisies:

Y aura-t-il de la biomasse pour tout le monde ?
La biomasse est la nouvelle star du renouvelable. Après le solaire, l’éolien, la géothermie,
voici le bois et les effluents d’élevage. En recherche de manne divine, depuis le
début de l’ère industrielle, notre civilisation croit avoir enfin dégoté son Graal. Une source
abondante de services, aussi peu chère que dénuée de fâcheuses conséquences, nous
permettant, enfin, de vivre sans honte dans une société parfaitement propre.
Fantasme mis de côté, l’utilisation de la biomasse est une nécessité. Tous les rapports
traitant de près ou de loin du dérèglement climatique la placent dans le peloton de
tête des solutions. On ne pourra décarboner convenablement notre façon de vivre sans
remplacer une partie des fossiles par des molécules issues de la biomasse. Or celle-ci
peut servir à peu près à tout : nous fournir en combustibles, en engrais, en fibres, en
meubles et charpentes, en chaleur, en électricité, en molécules utiles à la chimie dite
verte et bien entendu, en premier lieu, en aliments. Du coup, on est pris d’inquiétude :
si tout le monde veut désormais de la biomasse, que restera-t-il pour nous nourrir ?
Et à quel coût environnemental ? Car s’il s’agit en définitive de « pousser » les écosystèmes pour qu’ils rendent un maximum de biomasse, cela aura été bien la peine de
tant critiquer l’industrialisation de l’agriculture ! Le rapport ZEN 2050 publié par EpE2
est d’ailleurs explicite. « Quand on fait l’addition, il n’y en a pas assez pour tout le monde »,
résume la déléguée générale de l’association, Claire Tutenuit. Une France neutre
en carbone est possible avec des modes de vie diversifiés, confortables, assurant une
certaine croissance économique, certes, mais avec des questions encore ouvertes sur
la façon dont la biomasse sera partagée entre ses différents usages et sur le degré de
sobriété nécessaire. Même si l’on se limite au terrain énergétique, le défi semble impossible : « quand on regarde un graphique de la production énergétique de la France, on voit que les trois grosses flèches du haut, qui représentent le charbon, le pétrole et le gaz, doivent être basculées vers les deux petites flèches du bas, qui représentent l’électricité et la biomasse ». Il y a comme un impressionnant goulet d’étranglement. Dans notre consommation d’énergie quotidienne, substituer ce qui vient du pétrole et du gaz, et, dans une bien moindre mesure, du charbon, par l’électricité et ce qui est obtenu de la biomasse semble aussi simple que de faire passer un porte-conteneurs par le canal de l’Ourcq.

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Ton document n’est pas passé il semblerait

Le doc est à télécharger sur ce lien (l’adresse que tu as donnée est celle de ton ordi)

Merci pour le document, c’est exactement ce que je cherchais.

Espérons que tous ceux qui font des projections « optimistes » sur la biomasse pour faire voler des avions et rouler des camions (méthanisation et agro-carburants) remettent un peu les pieds sur Terre

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Super, merci!!
Pardon pour le loupé !