La fin de l’ENA permettra-t-elle de simplifier l’administration et d’en finir avec des élites déconnectées de la réalité?

Un article assez intéressant et détaillé pour comprendre la future réforme de l’ENA :

Le principe :

Un futur Institut du service public (ISP) sera créé, en principe dès la rentrée de janvier 2022. « Cet institut absorbe l’ENA, et donc la supprime »

Point positif :

le classement de sortie est maintenu et jouera pour les premières affectations. Mais il ne sera pas un ticket d’entrée automatique pour les grands corps. Le « terrain » devient « la première compétence attendue » et « permettra de mettre fin aux rentes à vie », dixit l’Elysée. Les diplômés de l’ISP iront donc d’abord en services déconcentrés, ou en administration centrale sur des missions dites « prioritaires ». Cour des comptes, Conseil d’Etat, Inspection des finances ne pourront être rejoints, comme en principe les corps d’inspection technique, qu’après cinq ou six années d’expérience.

Mais :

Cette réforme ne modifiera pas la structure corporative de l’Etat et la hiérarchie des corps : il y aura toujours ceux qui sont à l’Inspection générale des finances et ceux qui sont conseillers de tribunaux administratifs. Ensuite, l’inertie dans la crise n’est pas seulement liée à l’administration, mais à l’indécision du politique, au défaut de décentralisation, à l’inconnue scientifique et à un problème d’organisation administrative. On a multiplié les agences, comme les ARS. Cela donne un chaos administratif.

Du coup, la question demeure :

[Emmanuel Lacron] va-t-il réformer en profondeur ou n’est-ce qu’un signal politique, quitte à faire du populisme light surfant sur la haine des élites ?

Emmanuel Macron est beaucoup trop dans l’affichage constant, la communication, dans l’emballage, pour espérer que ce genre de chose n’ait pas pour seule finalité la prochaine élection présidentielle. On ne peut pas reformer l’état en fin de mandat, hormis si on ne se représente pas.

Quand bien même je trouve que ces écoles quasiment sans sciences (ENA, HEC et autres Ecole de Commerce, Science Po …) ont des lacunes notamment parce qu’elles n’enseignent pas les règles de 3 de JMJ. :slight_smile: Ce n’est pas avec ce genre d’annonce qu’on changera quoi que ce soit à la gestion de Covid par l’usine à gaz à la française. Idem pour le climat.
Il faudrait déjà simplifier significativement les organisations en remettant tout à plat. Mais, il ne faut pas rêver, on va continuer d’inventer des nouvelles organisations se rajoutant aux anciennes, et ensuite on se lamentera du manque d’efficacité & d’efficience. Macron illustre ce phénomène, y compris pour le climat, en inventant une commission pour chaque manifestation et chaque discours.

Ce n’est pas parce qu’AZF a explosé à Toulouse en 2001, qu’il faut reformer les écoles de chimie françaises !
Si Macron pense que des hauts fonctionnaires ne sont pas à leurs places, il lui suffit de les virer et de les remplacer par des personnes qu’il estime plus compétentes. Allez un peu de courage ! Ca se fait en quelques jours, et sera plus efficace que d’attendre x décennies qu’une éventuelle future reforme de l’ENA change l’administration française à l’insu de son plein grès.
Mais, c’est juste de l’affichage dans le genre « faites ce que je dis ne faites pas ce que je fais ». Macron a tout de même réussi à prendre un ministre délégué à de l’Industrie qui n’a jamais mis les pieds dans une usine et dans un cours de science & technique : Agnès Pannier-Runacher = HEC, ENA et Sciences-Po. Ca pose dans le genre « hors sols » pour ce poste.

Nos hommes politiques sont pitoyables mais c’est nous qui les choisissons ! Ils sont donc à notre image. Macron est le digne représentant de nos hommes politiques. J’ai voté en 2017 pour lui avec ferveur car j’avais l’impression qu’il était bon. Je me suis fait avoir par l’emballage et parce que les autres avaient un passif rédhibitoire.
Pour ma part, j’ai arrêté d’écouter les intentions de Macron. Il a les manettes depuis 4 ans, je l’évalue donc en fonction de ses résultats.

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