Idée: standardiser pour réduire le gaspillage

Bonjour cher(e) chère ami(e) shifter,
Je m’appelle Raphael et je suis nouveau sur ce forum, donc désolé par avance si je n’ai pas posté au bon endroit!
Je n’ai pas encore eu le temps de lire la totalité des sujets abordés ici, je souhaiterai cependant vous soumettre une idée (qui a peut-être déjà été abordée dans vos projets, si c’est le cas je m’en excuse par avance).
Il s’agirait d’imposer à l’industrie une standardisation poussée des emballages afin de permettre un recyclage/ une consigne enfin efficace.
Par exemple, l’état imposerai à toutes des industries alimentaires l’utilisation des même bouteilles en verre et mettrait en place un vrai système de consigne/collecte/nettoyage/remise sur le marché.
Pour les emballages plastiques également, l’uniformité des matériaux utilisés et le bannissement des colorants permettrait un recyclage plus efficace.

Je vois à cette idée de réutilisation de nombreux avantages:
-Une réutilisation massive de certains contenants = moins de gaspillage d’énergie/matériaux
-Une optimisation de la chaine de fabrication des contenants (car plus grosse quantité fabriquée, nationalisation de la fabrication envisageable)?
-Dimensions standard = optimisation des dépensent d’énergies/couts sur le transport.

Si la réutilisation est impossible, on passe à un mode « recyclage efficace »:
-Tous les emballages d’un même type sont fait avec exactement le même matériaux. (toutes les cannettes sont en aciers; toutes les emballages sont fait avec le même plastique)
-Le choix des matériaux de l’emballage est fait en pensant d’abord à sa recyclabilité.
Ceci pourrait permettre un gain d’énergie sur le processus de tri des déchets, un taux de matériau recyclé/ matériau perdu plus faible et un matériau recyclé de bien meilleur qualité.

Je ne suis pas allé plus loin sur ce sujet, mais je suis convaincu que la standardisation peut également régler des problèmes dans d’autres domaines. J’ai également du mal à imaginer comment faire accepter ce genre de politique aux entreprises…

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Un exemple parfait de cela, la canette en aluminium !

Bigre, en effet on peut imaginer de grands avantages pour la consigne et le recyclage, mais aussi une grosse contrainte pour la créativité des fabricants… Et serait-il vraiment judicieux d’employer les mêmes matériaux et les mêmes formes partout, du point de vue des économies de matière première et de l’optimisation des procédés de fabrication ?

Certains industriels risquent de resister au changement car un investissement de leur part pourrait être nécessaire dans un premier temps.
La forme et le matériau de chaque emballage doivent être adaptés à l’ensemble de ses utilisations potentielles. Les outils industriels travaillant sur les même standard serait peut-être moins chère à l’achat car produits en plus grande quantité (+baisse des cout de maintenance).
D’un point de vue économique, la consigne massive pourrait être interessante financièrement (à verifier). Peut-être pas le recyclage, sauf si les cout du pétrole augmentent.
En tous cas, ce système poussé à l’extrême permettrait une quasi-économie circulaire de certains emballages, non?

Un autre idée sur le tas: pour les matières plastiques, on peut imaginer un code couleur par matériaux: bleu pour le PVC, rouge pour le polystyrene et cetera (pas sure que cela soit pratique en realité)

Si je me souviens bien, je crois que P. Bihouix évoque justement cette idée de consigne+standardisation dans son livre l’âge des low tech (à lire dans tout les cas, c’est cool).
C’est bien pour construire un nouvel imaginaire mais j’ai également du mal à voir comment pousser la société dans cette voie.

Comme souvent, cela devra passer par la réglementation (idéalement à l’échelle européenne) mais comme toujours les lobbies et la pensée économique dominante (standardisation=pas de distinction marketing=moins de concurrence=pas bien pour le marché :roll_eyes:) risquent de bloquer tout effort dans cette voie là.

L’autre solution serait peut-être de commencer au niveau local : une entreprise qui proposerait des packaging standards/réutilisable/consigné aux artisans puis développerait petit à petit un réseau (en convainquant des entreprises de plus en grosse à mesure qu’il étend sa chaîne logistique).

Dans les deux cas, c’est long mais il faudra passer par là.

Dans les idées qui se rapprochent un peu : suite à une consultation citoyenne, make.org lance un projet de colis réutilisable avec plusieurs acteurs du e-commerce. L’idée est de généraliser l’utilisation d’un système de colis réutilisables permettant de diminuer l’impact environnemental de la livraison à domicile.

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En effet, comment faire passer la pilule? Peut être par un système de bonus malus? Les sociétés ne participant pas payerait une taxe recyclage, permettant le financement du processus de collecte + recyclage?
En tous cas, si une petite entreprise devait se lancer la dedans toute seule, elle ne bénéficierait pas d’économie d’échelle et donc sa rentabilité serait forcément faible par rapport à un projet à l’échelle nationale/européenne.
In fine, je pensais plutôt à un système organisée par les régions
et les villes, donc plutôt à un service publique (comme la collecte de déchet actuelle). Ca suprime le besoin de rentabilité.

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Hello,

De manière générale oui, c’est une très bonne idée :+1:

Alors ici, oui mais non mais faut voir.

  • Le verre à le gros défaut d’avoir une masse volumique importante ce qui est engendre des pertes du côté transport.
  • L’énergie de nettoyage / reconditionnement peut être vite important
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Donc : faudrait évaluer ça correctement mais comme ça, je dirais que ça semble intéressant.

Sauf ton respect, la créativité des fabricants, je m’en tartine la biscotte avec une brouette de sable.
Par contre, ok pour le choix du consommateur qui a envie de se sentir différent, unique,…toussa toussa

=> oui

Ou les utilisations s’adapteront au format. C’est la meêm chose que pour la mobilité, les gens râlent pour que le transports s’adaptent à leur horaire. PErso, j’ai envie de dire : adaptez votre horaire à celui du train.

Le marché c’est les consommateurs et les producteurs.

et là je rejoins :

Je pense que c’est uniquement la réglementation qui peut atteindre l’objectif avec une vitesse acceptable.

L’aluminium, c’est pas mal.
Une énergie de mise en œuvre importante mais peu de matière par unité.

A creuser avec des chiffres tout ça

Oui très clairement. Le problème se situe alors du coté du consommateur (comme relevé ci-avant) qui doit accepter de ne pas pouvoir être différent par ses achats. Et on retombe là où on arrive systématiquement.
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Après quelque recherches rapide, j’ai trouvé sur ce site les informations suivantes:
-Lors de son recyclage, la bouteille de verre parcourrait en moyenne de 200 à 300 km.
-Le recyclage du verre nécessite de la chauffer à 1500°C (beaucoup d’energie)
-La consigne permettrait de diviser le cout énergétique par 15 (tout cela est à vérifier bien sure).
-En ne vendant pas du verre mais des bouteilles consignées, les collectivités pourraient faire plus de bénéfice (x2 d’après l’article) et vendre directement aux entreprises (moins de transport).
Concernant le cout carbone de la vie d’une bouteille de 1L, pas mal de site avance le chiffre de 345 grammes de CO2 mais je m’interroge fortement sur l’origine de ce chiffre.

Concernant le recyclage, il y a une problématique que nous n’avons pas évoqué et qui pourrait peut-être résolu par cette standardisation:
Aujourd’hui, les matériaux utilisés dans les emballages sont souvent mixtes, et chaque matériau a ses nuances. Je m’explique par des exemples:
-Une cannette en acier a de l’acier (heureusement,), une couche de plastique à l’intérieur (pour éviter la rouille) et la surface extérieure qui est imprimée (produits chimiques). Lorsque vous recyclez cette canette, vous faites fondre l’ensemble de ces matériaux ensembles. Vous obtenez à la fin un acier de mauvaise qualité qui ne pourra pas être utilisé pour faire d’autres canettes.
-Un autre exemple: la brique de lait contient du papier, de l’aluminium, du plastique et de l’encre. On ne peut pas recycler le papier sans sacrifier le reste…
-Enfin imaginez que vous ayez plusieurs emballages en acier « pure » à recycler. Chacun de ces aciers procède ses nuances propres nuances, c’est à dire sa propre composition chimique (% de carbone, % d’étain pour l’inox, et cetera). Si vous mélangez tout ça, vous ne pouvez pas garantir la composition finale de votre acier = ses caractéristiques techniques finales ne seront pas constantes= perte en qualité de l’acier.

Tout cela pour dire que le système actuel détériore souvent les matériaux qu’il recycle, rendant les matériaux recyclés peu attractifs pour les industriels. Les matériaux recyclés ne sont pas réutilisés en boucle fermée (comme beaucoup croient) mais plutôt subissent un recyclage puis finissent dans un fer à béton. La standardisation des matériaux d’emballage pourrait permettre d’augmenter la qualité des matériaux recyclés venant d’emballage en évitant les mélanges de matériaux et en standardisant leur composition chimique.

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Je viens de tomber sur une page avec de nombreuses informations sur le sujet de la consigne et du recyclage, notamment des bouteilles en verre. Il est pas mal du tout, je vous le conseille:
LE RÉEMPLOI DES EMBALLAGES - Réseau consigne (reseauconsigne.com)

Petites citations de l’article:

En France, l’étude Deroche (4) datant de 2009 fait référence. Elle conclue que le réemploi des bouteilles en verre dans le contexte de la Brasserie Meteor (nombre de réutilisations de la bouteille = 20, distance de distribution moyenne = 260 km) permet de consommer 76% d’énergie primaire en moins, d’émettre 79 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins et de consommer 33 % d’eau en moins par rapport au recyclage.

D’après une récente étude de Zero Waste Europe et Reloop en collaboration avec l’université d’Utrecht (5), des bouteilles en verre réemployables génèrent non seulement 85 % d’émissions de GES en moins que leurs équivalents à usage unique, mais également 75 % en moins que des bouteilles en plastique, et 57 % en moins par rapport à des canettes en aluminium.

Dans le circuit des cafés-hôtels-restaurants où 30 à 40% des boissons sont encore consignés pour réemploi, le réemploi des bouteilles permet d’éviter la production de 500 000 tonnes de déchets par an en France.

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J’y pense souvent et, bien sûr, je trouve que c’est une excellente idée ! :slight_smile:
Pas nécessairement imposer un seul type de plastique car il y a sans doute des contraintes qui nécessitent divers matières. Mais créer un certain nombre de normes spécifiques sur la matière, la taille et la forme avec des codes barre associés pour simplifier la reconnaissance au moment du tri.

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La consigne du verre permet clairement de réduire l’empreinte carbone par rapport au seul recyclage, c’était d’ailleurs une des propositions de la CCC (voir ici)

La standardisation faisait d'ailleurs partie des recommandations (déplier)
  • Création de contenants standards par type de besoin (liquide / solide, taille, etc.) avec la possibilité de personnalisation par les marques via des étiquettes en papier recyclé dès 2021 ;
  • Mise en place d’une taxe de 30 % du prix net sur les contenants non-standardisés afin de laisser aux marques le choix de l’utilisation d’un packaging distinctif et d’assurer le surcoût de traitement.

Malheureusement, ça se traduit comme ça dans le projet de loi « Climat »:

L’obligation de mise en place d’une consigne pour les emballages en verre, de manière à ce qu’ils soient lavables et réutilisables, pourra être généralisée. Cette généralisation ne peut entrer en vigueur avant le 1er janvier 2025.

Dommage quand on sait que la consigne existe encore en Alsace par exemple (sans parler d’autres pays européens).

Concernant l’écart d’empreinte:

Chaque tonne de verre émet 510 kg de CO2, une quantité qui tombe à moins de 360 kg lorsqu’il est issu de verre recyclé (source: ZeroWaste cité par Les Echos)

Un emballage issu de verre recyclé aurait donc une empreinte réduite d’environ 30% par rapport à un emballage neuf. Par contre, je pense que ces chiffres ne représentent pas l’empreinte totale (en tout cas la base ADEME indique plutôt 810 kg par tonne pour le verre recyclé).

Effectivement, c’est beaucoup mieux que le recyclage ! :+1:

C’est seulement l’empreinte de la fabrication qui est divisée par 15. Au-delà de 15-20 cycles, elle devient négligeable par rapport à l’empreinte du transport cumulé.

Les facteurs clés dans l’empreinte des emballages consignés sont (voir l’étude ADEME, page 64):

  • La palettisation (qui ne joue pas vraiment en faveur de la consigne, car les emballage sont en général plus lourd / mieux protégés pendant le transport, pour durer plus longtemps)
  • La distance parcourue, qui est le facteur déterminant dans l’empreinte d’un emballage en verre consigné et il devient d’autant plus important d’acheter local

Entièrement d’accord. En plus de la standardisation, je rajouterai qu’une ségrégation efficace permet de ne pas trop dégrader la qualité.

C'est aussi vrai pour le verre (déplier):

On ne peut pas fabriquer de verre transparent en recyclant du verre teinté, donc:

  • Un emballage en verre transparent est forcément neuf / ne peut pas être recyclé à l’identique (en France)
  • La mise en place d’une collecte différenciée: verre blanc / verre teinté permettrait de fabriquer du verre transparent recyclé (même si le système de consigne me semble plus vertueux)
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Effectivement, c’est quasi exactement ce à quoi je pensais pour le verre. Triste de voir la politique en (in)action…