Faire de la Terre un jardin (Genèse 2.15) ... en exploitant le système solaire?

Les ingénieurs ne devraient ils pas œuvrer à maîtriser les ressources du système solaire pour faire de la Terre un jardin dans la continuité de notre civilisation technologique (plutôt que d’envisager dans quelques siècles un retour à la pierre, au bois et au tissus) ?

L’extraction des ressources et la production des biens polluants ne pourraient elles pas être, à terme, déportées au-delà de l’orbite terrestre ?

Et laisser ainsi à l’humanité son tropisme à l’expansion débridée tout en préservant son berceau ?

Cédric
Le titre de ta discussion est beau. Mais ce serait bien que tu nous dises ce que tu en attends. parce que « maîtriser les ressources du système solaire » alors qu’on est en train d’épuiser bêtement les nôtres, c’est peut-être un peu irréaliste au regard de l’urgence climatique et de la pénurie qu’on est en train de générer. Et puis je n’ai pas entendu un seul shifter du forum se contenter d’attendre le retour que tu évoques.

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J’en entends qu’avec le mantra « une seule terre » on épuisera forcément nos ressources quoi qu’il arrive et quelque soit les solutions envisagées pour ralentir, décroître, ou se complaire dans la fiction du « durable » et donc disparaître à un horizon de quelques siècles comme civilisation (rien dans nos ressources n’étant totalement renouvelable ou totalement recyclable).
Ce qui finalement me terrifie (pas comme personne puisque j’aurais passé l’arme à gauche avant l’échéance) c’est que les solutions du Shift si elles étaient totalement appliquées ne sont, dans l’état actuel de ma compréhension qu’un délais supplémentaire de quelques siècles avant l’extinction de la culture humaine (pas de sa biologie bien sûre qui persistera à petite échelle très probablement).

Pourquoi 2.15 ?
Certains ingénieurs du secteur spatial n’y travaillent-ils pas ?

2.15
L’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour qu’il le cultive et le garde.

Je suis totalement athée pour ma part mais une Terre devenue Éden en délocalisant toutes nos extractions de ressources et productions de biens sur la Lune et au-delà me parle bien.

Néanmoins j’ai l’impression que le créneau pour y arriver pourrait être le siècle à venir avant que nos ressources locales, trop diminuées, mettent définitivement un terme à cette perpective.

Le secteur aérospatial serait alors crucial et donc à développer drastiquement et non à restreindre.

Elon Musk / SpaceX (par exemple) est alors à voir comme un atout catalyseur plutôt que comme une divergence qu’il faudrait mettre au pas.

Philosophiquement, si la « culture » humaine n’a pas de valeur particulière alors restons sur notre « seule terre » et attendons le retour inexorable du prima de la « nature » sur nos vie à l’aune des temps préhistoriques.

Terrifiant …

Oui, pour moi c’est le sens-même de ce mythe : il fournit un idéal — le Jardin d’Eden, réputé avoir existé, précisément pour que la possibilité de son avenance ne puisse pas être niée —, et un programme de travail : tâcher de faire advenir cet idéal, par nature inatteignable.

Au boulot !

PS : le concept de « retour inexorable du prima de la nature » suppose une période — dans laquelle nous nous trouverions — où la civilisation humaine se serait affranchie de ce prima : est-ce vraiment ce que vous croyez ?
Quant à la Terreur que peut inspirer l’idée d’un Eternel Retour, je ne peux que vous dire que je la partage avec vous…

Je n’ai toujours pas changer de position sur le sujet:

Encore faudrait-il ne pas détruire la nature sur terre dans le seul but de vouloir aller chercher des ressources ailleurs.

La difficile équation est bien de savoir quelle énergie initiale et quel quantité de ressources il faut investir sur Terre pour permettre de structurer une filière d’extraction spatiale.

Donc je vois toujours 3 voies pour le futur :

  • la méthode bourrin : on s’en fout des conséquences immédiates, go all-in pour l’exploration spatiale, cela suppose d’accroître de manière importante l’énergie et les ressources extraites sur Terre immédiatement, tant pis pour les conséquences…

  • la voie Amish : on oublie l’espace et on décroît, l’humanité restera à jamais sur Terre, mais peut être qu’un développement futur (très long terme) de la civilisation se basera sur des technologies plus durables.

  • le chemin de crêtes : on décroît dans des secteurs ciblés tout en continuant à en développer d’autres. On s’attaque en priorité à l’adaptation au changement climatique et on gagne du temps. On espère que, dans ce temps gagné et avec le développement des secteurs choisies, on puisse trouver de quoi structurer un plan spatial. Cela supposerait par exemple qu’on gagne assez de temps pour mettre en point et diffuser largement la fusion nucléaire ou d’autres technologies miracles. Donc on recule à court terme pour mieux sauté à long terme. Ça me semble la voie la plus safe.

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Compte tenu de l’énergie nécessaire pour s’échapper de l’attraction terrestre, je serais tout de même bien étonné que l’exploitation spatiale puisse être positive en terme énergétique avant des siècles.

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Pas du tout d’accord. Les propositions du shift envisagent un modèle d’existence humaine qui modifie significativement (voire radicalement) nos modes consommatoires. A cela sans doute faudra-t-il ajouter la question démographique, difficile à aborder mais incontournable. Nous ne pourrons pas continuer à vivre sur cette terre à 8 milliards et c’est donc une décroissance démographique qu’il faut envisager, ce qui n’est pas un drame mais une régulation soit forcée par les événements soit assumée parce que objet de décisions démocratiques et d’évolutions dans nos perspectives d’habitants de la planète.
Quand à la perspective d’un salut par l’exploration spatiale, c’est à mon avis une fuite en avant qui justifie en outre un système créateur des pires inégalités. La seule perspective à laquelle je pourrais serait celle de Johann développée un peu plus loin, dont la grande qualité est, comme dans nombre de ses posts, de prendre en compte la complexité.

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Il faut raison garder.
Le programme Apollo a coûté dans les 145 milliards de $ actuels pour rapporter moins de 400 kg.
Même un facteur 100 000 ne va pas rendre rentable une exploitation minière sur la Lune.
Si l’on doit capter un astéroïde ! :thinking:

Dans notre imaginaire, tout existe ! Même un rêve biblique

C’est un concept certes relatif qui serait à lui seul l’objet d’un débat néanmoins sur le seul aspect de la reproduction et de la mortalité infantile il me semble que nous sommes plus dans la maîtrise qu’il y a quelques siècles ou millénaires.

Je suis en parfait accord avec ton analyse et l’usage des crêtes pour sortir du mantra d’une seule terre.
C’est ce mantra que je souhaiterais voir se dissoudre au travers de ce sujet car le conserver comme un totem en tête créé un mur impénétrable à une réflexion alternative.

L’important est de s’offrir une réflexion sur sa réalisation potentielle pour éviter l’annihilation « culturelle » humaine à échéance de quelques siècles.

Son bilan énergétique n’a pas d’importance à l’échelle du système solaire jusqu’au moment où il faudra remettre le couvert pour aller chercher encore plus loin dans d’autres systèmes stellaires une fois le nôtre épuisé.

Il me semblait pourtant que le Shift avait pour credo de ne pas douter des lois physiques donc pourriez vous m’expliquer comment le non renouvellement des ressources allié à son non recyclage total nous permettra de nous extraire d’une chute inexorable vers « un presque rien culturel » dans une société de quelques millions d’humains vivant uniquement de ressources végétales (plus de métaux) et encore dans l’hypothèse où celles-ci ne seraient pas elles-mêmes finalement épuisables (je n’en sais rien) ?

La rentabilité n’est pas le sujet de fond de ce post dans la mesure où l’argent (la monnaie) est elle même un concept dont quasiment personne n’a idée de la véritable nature ni de son fonctionnement sous-jacent.
La question posée est l’acceptation ou pas d’une réduction de la culture humaine a presque rien à un horizon de quelques siècles pour quelques millions de personnes.
Le mantra « une seule terre » me semble un axiome qui perverti tout les raisonnements qui lui sont attachés.

Je serais curieux de connaître l’énergie utilisée pour un lancement de Saturn V comparée à la totalité de celle utilisée par l’humanité avant l’avènement du charbon industriel ?

Et ensuite la réponse à la question liée à l’utilisation des ressources de l’époque pour envisager par le calcul le nombre de baleines (huile) nécessaires pour atteindre la lune par combustion ? Dantesque :wink:

Avant de partir dans une pure forme imaginative, je te conseille de poster un fil sur le sujet des déplacements dans l’espace sur le forum Astrosurf dans la rubrique astro générale :upside_down_face: :sunglasses:

Je n’ai pas le temps de rentrer dans les détails… Mais oui, il nous faudra nous contenter de cette planète. C’est même très bien. (Même pour Mars, cela ne marchera pas…)

Et le presque rien culturel, perso, je ne le vois pas dans la quantité de gens sur la Terre.
Il y avait, selon moi, plus de culture dans le Lhassa des années 30 avec quelques dizaines de milliers de personnes que dans le Pékin de 2021*. (je lis un livre sur l’expé allemande de 1938 au Tibet) ou plus de culture dans un village Dogon d’il y a 50 ans que dans la totalité des boutiques du Louvre des antiquaires.

J’aime bien cette antienne : « Ce qui se conçoit bien… » :slightly_smiling_face:

*comparaison audacieuse mais on l’aura compris, la culture n’est pas un bien marchand dans mon esprit

À mon sens la « culture » humaine serait plus un « ET » qu’un « OU » donc plutôt l’agrégat de Lhassa 1930 et Pékin 2020 tout comme le village Dogon et le Louvre des antiquaires.

La « culture » serait aussi multiformes et autant artistique que scientifique suivant la définition retenue ce qui ramène dans mon cas d’analyse à une forme d’involution vers le « presque rien » quelque soit le nombre d’humains restant (mais probablement assez peu sur la base d’un exploitation exclusivement biologique de l’environnement sans énergie autre qu’animal ou humaine ni métaux d’aucune sorte après la fin du recyclage).

Et dans cette optique si notre seule havre est cette terre alors quelques soient les solutions Shift ou pas Shift … c’est cuit à terme assez proche de quelques siècles :scream:.

L’échelle de temps du changement climatique est dizaines d’années, pas quelques siècles.

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Certes, mais à quoi bon si les solutions envisagées nous annihilent trois siècles après ?