Europe et neutralité climat

Comment l’Europe communique sur Instagram : 5 facts about the EU's goal of climate neutrality

Je ne crois pas du tout que l’Union Européenne soit la bonne entité pour ce qui est du climat…

Il n’y a qu’à lire le TUE et le TFUE, le mot écologie n’est même pas présent et les mots « dérèglement climatique » une seule fois sur presque 400 pages.

Par contre le mot croissance et les objectifs de mondialisation et « d’entrer le maximum de pays dans le libre échange et le commerce mondial » sont écrits plusieurs fois…

Ce serai intéressant de poster ça sous leur publication et de voir comment le community manager réagira. Peut-on imaginer qu’un grand nombre de réponses individuelles émanant de Shifters puisse attirer l’attention ?

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Je ne pense pas que la simple analyse sémantique de ces deux traités soit le bon indicateur pour définir s’il s’agit du bon échelon. Il y a beaucoup de choses qui se décident au niveau de l’Europe, et la difficulté qu’elle a à agir tient à sa faiblesse institutionnelle (un simple pays isolé peut bloquer tout l’ensemble dès qu’on parle de choses comme la fiscalité) et non au nombre d’occurrence du mot écologie ou climat dans ses traités.

Le meilleur échelon pour agir est le niveau mondial, c’est à dire là où les institutions sont les plus faibles. Le pays est un échelon très inadéquat mais qui bénéficie dans la plupart des cas d’une bien plus grande capacité à agir. Donc dans tout les cas on devra faire avec une cote mal taillée, en jouant sur plusieurs échelons.

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C’est surtout que dans les traités il est explicitement écrit que les pays ne peuvent pas entraver l’expansion du marché intérieur et du commerce international.

Je ne pense pas que l’UE qui sert avant tout de dérégulateur en menant une politique productiviste et tend à une société mondialisé puisse mener le combat écologique. Mais c’est mon avis personnel :blush:

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Je trouve intéressante la façon dont tu abordes cette question. C’est une prise en compte effectivement de la complexité des choses. Les traités ne reflètent pas nécessairement les évolutions consécutives à leur évolution et faire avec une côte mal taillée en jouant sur les échelons semble la seule approche efficiente. Je fais le lien avec la discussion récente sur le forum Bruno Le Maire et Carlos Tavares critiquent la norme Euro 7. Ce n’est pas toujours l’Europe qui entrave les changements et le personnel politique français à souvent beau jeu de se défausser dans la critique de la commission européenne ou plus largement de l’échelon européen.

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@Bertrand.D
Je suis totalement d’accord avec ce que tu dis. Néanmoins, quand on entend Valdis Dombrovskis nous dire le mois dernier que les accords de libre échange et le commerce international seront un levier pour le verdissement de l’Union européenne et qu’ils contribuent au développement durable…

Euh…

C’est pour ça que je pense que l’UE est avant tout une entité qui prône la production à tout va contrairement aux principes de « respect de l’extraction et de l’usage des ressources naturelles » écrits eux aussi dans les traités d’ailleurs. Pour l’UE l’écologie c’est bien tant que ça n’entrave pas le productivisme et la croissance.

L’agence européenne de l’environnement a par ailleurs publiée un rapport le 11 Janvier 2021 sur le découplage de la croissance et de la production économique « Growth without economic growth » qui conclut « The ongoing ‘Great Acceleration’ in loss of biodiversity, climate change, pollution and loss of natural capital is tightly coupled to economic activities and economic growth. Full decoupling of economic growth and resource consumption may not be possible. The European Green Deal and other political initiatives for a sustainable future require not only technological change but also changes in consumption and social practices. »

En résumé, « la croissance économique actuelle est intimement liée au changement climatique, à la pollution et à la perte de notre capital naturel. Un découplement total de la croissance économique et de la consomation de ressources parait impossible. Les politiques écologiques ne requièrent pas seulement des innovations technologiques mais un changement dans les pratiques sociales et de consommation. » On ne peut être plus clair.

Et pourtant ça ne va strictement rien changer. Déjà que la France a du mal à se donner les moyens d’y arriver si en plus l’UE continue de prôner le commerce international et les accords du type Mercosur on est pas sortis…

C’est en ce sens que je ne crois pas du tout que l’UE va être un accélérateur de la transition.

En effet, la réponse à la question « à quel échelon faut-il agir » est simple : tous !
Dire qu’un échelon est meilleur qu’un autre donne une vision trop réductrice d’un problème systémique où il faut agir à l’unisson à toutes les échelles du système, du micro (individuelle) au macro (mondial).
Vu la structuration des pouvoirs à l’échelle mondiale, dans l’état actuel des choses, mêmes des actions fortes à l’échelle de l’ONU se heurteraient à des limitations aux échelles inférieures pour être appliquées.
Donc la pression doit bien être exercée à tous niveaux et il ne faut pas négliger un niveau avec l’excuse que c’est au niveau d’au dessus d’agir.

JMJ n’est pas tout à fait d’accord avec toi. Dans un débat récent avec Gilles (Euréka), il considère avec prudence que c’est le signe d’une possible évolution

L’argument de Dombrovskis se tient, en ce sens que les traités de libre échanges peuvent être une façon d’introduire des clauses liées au climat, et donc amener des pays hors UE à adopter des normes plus élevées. C’est le principe des Clubs Climatiques, par lesquels un groupe de pays voulant mener l’action peut inciter les autres à adopter des normes similaires, ou au contraire à sanctionner les pays qui ne le font pas.

Bien entendu, le dire ne signifie pas le faire. Mais l’écart entre mots et actes est un problème qui n’est en en aucun cas spécifique à l’UE