Des carburants synthétiques chez Porsche?

Bonjour,
Avez-vous un avis / plus d’infos sur le contenu de cet article?

En résumé : des carburants « synthétiques » (produits comment?), qui réduisent les émissions de 85% du puits à la roue… tout ça fabriqué dans une usine chilienne alimentée à l’énergie éolienne : si ça ressemble à du greenwashing, si ça sent le greenwashing et si ça a le goût du greenwashing… alors c’est sans doute du greenwashing!

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Je penses que la maintenant célèbre citation de Norway s’impose :

Rien ne sert de discourir, il faut calculer le TRE

A vu de nez, et même si à terme, le process peut être décarbonné, tout cela risque de consommer beaucoup d’énergie…

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Quand je cherche « carburants synthétiques », ça correspond apparemment à des carburants produits à partir de gaz ou de charbon, dont le bilan environnemental n’est pas meilleur que le carburant classique.
Du coup je ne comprends pas comment il serait possible de réduire les émissions de 85% du puits à la roue…?

Pour y parvenir, le moyen le plus rapide consiste à remplacer l’essence et le gazole raffinés à partir de pétrole par des carburants de synthèse produits à partir d’énergies renouvelables, mais compatibles avec les voitures thermiques actuelles, qui, dans tous les cas, ne vont pas disparaître du jour au lendemain.
Les procédés pour y parvenir sont innombrables, et pour certains maîtrisés à l’échelle industrielle depuis des décennies. Des acteurs majeurs de l’industrie chimique, pétrolière, mais aussi automobile comme le groupe Volkswagen et Bosch se sont d’ores et déjà engagés dans cette voie. L’une des méthodes les plus prometteuses, théorisée par le Prix Nobel de chimie George A. Olah, consiste à produire du méthanol afin de s’en servir comme vecteur d’énergie universel. Car le méthanol, aussi appelé alcool méthylique, présente notamment l’avantage de pouvoir être synthétisé à partir de nombreuses énergies primaires, simplement à partir de biomasse, ou de CO2 et d’hydrogène, mais aussi et surtout à partir de CO2, d’eau, et d’électricité excédentaire (supérieure à la demande instantanée du réseau) produite par des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques.

Ce qu’on entend le plus souvent :
Tu utilises tes renouvelables pour faire de l’hydrogène.
Tu récupères du CO2 capté sur des centrales à biomasse.
Tu fais réagir les deux pour faire du méthanol.

Donc tu accumule :
Le mauvais rendement du moteur thermique.
Un rendement de réaction CO2/H2.
Le rendement de la chaîne hydrogène.
Le déjà mauvais TRE des renouvelables.

Mais le tout est bien décarbonné…

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En fouillant un peu plus je suis tombé sur cet article :

Apparemment le CO2 utilisé est prélevé dans l’atmosphère! Du coup j’imagine que le bilan en termes d’émissions doit être excellent… mais ça me semble tout de même très surprenant, je croyais ce type de technos non mature (d’autant que 550 millions de litres d’essence ça représente un volume loin d’être négligeable, on est sur 1% de la conso française en gros…)

À plus long terme, la technologie hybride rechargeable, si décriée ces derniers temps, pourrait constituer une solution pragmatique répondant à tous les besoins de déplacements mais aussi de préservation de la qualité de l’air et de l’environnement : avec une petite batterie rechargeable – pas trop exigeante en ressources – pour une utilisation quotidienne sans gaz d’échappement dans les zones densément peuplées, et une chaîne de traction hybride utilisant un carburant de synthèse décarboné sur long trajet rendant du même coup superflu le développement extrêmement complexe et coûteux d’un réseau de bornes de charge ultrarapide…

On voit bien que c’est encore une excuse pour le statut-quo : on ne change rien, on continue d’utiliser la voiture de la même manière, on l’utilise toujours en ville et autant pour les trajets longue distances…

De plus, ils ne parlent pas du tout du prix de ce carburant, avec les rendements faible de l’ensemble (d’autant plus s’il faut récupérer le CO2 dans l’atmosphère), j’ai peur que cela reste assez chère et qu’au final il serait plus rentable de déployer un réseau de bornes de recharge bien dimensionné (l’ultra rapide n’est pas nécessaire partout).

Bref, pour juger d’une techno, il faut connaître son empreinte carbone (là on l’a, c’est pas trop mal), le rendement (on ne le connaît pas mais à moins de violer la physique, ça devrait pas être top) et le prix (je vois pas comment cela peut être rentable rapidement).

De plus, globalement, sur le sujet des carburants de synthèse, comme leur production sera assez faible, il est plus utile de les utiliser dans les secteurs qui ne peuvent pas être électrifiés, typiquement le secteur aérien.

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Je suis allé sur le site de Volkswagen puis de Siemens afin de mieux comprendre cette histoire : déjà sur la capture de CO2 je me demande si on ne se moque pas de nous, voir en particulier :

Magnifique video avec des mouettes qui chantent, des avions verts qui décollent et atterrissent, et le détail du process ; au moment qui concerne le CO2 (1min08), on voit « CO2 capture from industrial processes » puis tout de suite « CO2 capture from air ».
Est-ce que par hasard ce serait une simple fraction du CO2 qui viendrait de l’air…? Ils n’auraient pas osé ^^

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:thinking: :rofl:
En effet, la communication est importante, masquer la partie industrial process dans les communiqués de presse ça fait plus Green quand même, et puis tout de façon aucun journaliste ne fera la différence.
Bon, après, si la zone industrielle où est implantée le système est suffisamment polluée, ça devrait le faire en capture direct :grimacing: (ou pas).

J’ai calculé que pour produire les 550 millions de litres d’essence dont il est question, il faudrait en gros 1.4M de tonnes de CO2… si c’est extrait de l’air extérieur ça veut dire extraire tout le CO2 de 20km3 chaque année…

Bon, j’ai lu rapidement, mais est-ce vraiment décarbonné : l’article parle d’une diminution du CO2 d’origine fossile mais bon, si on le remplace par du CO2 d’une autre origine ça ne change rien, si ?
A moins bien sur que ce soit du CO2 puisé directement dans l’atmosphère mais là j’y crois moins (enfin j’y croyais pas beaucoup avant…). Parce que si c’est à partir de la biomasse, je veux bien un calcul de la quantité nécessaire pour remplacer tout le pétrole actuel (y compris pour produire et acheminer cette biomasse)
Et puis il se pose toujours la même question : que fait-on du pétrole qui nous reste et qui est plus simple et moins cher à utiliser… on l’utilise ailleurs ?