Course à la fusion nucléaire. Proposition de texte liant physique et philosophie

Salut les Shifters !

De plus en plus d’articles de presse (notamment grand public) traitent de la course à la fusion nucléaire. Indépendamment de la question de la faisabilité dans un délai acceptable, le sujet de la pertinence du déploiement d’une telle technologie n’est pas particulièrement évoqué dans ces articles. Mettre à disposition de l’Humanité une énergie au potentiel presque « illimité » ne serait-il pas aussi inconscient que mettre un révolver entre les mains d’un enfant de 2 ans ?

J’ai donc utilisé le prétexte de la fusion nucléaire pour rédiger une esquisse de texte au format d’une Tribune qui tente d’apporter une réponse philosophique à cette question.

Pourrais-je avoir votre avis sur ce texte ?
Et surtout que pensez-vous d’essayer de le publier au nom de l’association les shifters après modification par vous tous ?

Il s’agirait d’une modeste tentative supplémentaire de nous faire réfléchir ce dont nous avons besoin. Vous pourrez trouver le texte un peu « naïf ». Mais bon comme disait Victor Hugo, « la naïveté est le visage de la vérité »…

L’esquisse de tribune est jointe à ce poste en PDF

Excellente soirée à toutes et tous
Paul-Simon
Un shifter beaucoup trop inactif…
Fusion nucléaire - entre réalité physique et considérations philosophiques.pdf (60,5 Ko)

3 J'aime

Hello,

Perso, j’aime beaucoup ton raisonnement.
Ensuite, est-ce que cela peut être publié en l’état et est-ce que les Shifters peuvent le relayer, là aucune idée.

Peut-être une idée sur la fusion qui est probablement sous entendu dans ton raisonnement mais pas directement explicité :

La fusion fait rêver, c’est potentiellement une technologie qui permettrait de rebondir après une période de décroissance durant ce siècle, donc cela permettrait de mieux accepter la décroissance : serez-vous la ceinture pendant un moment puis la société pourra reprendre une croissance plus durable à long terme en se basant également sur ce qu’on a appris pendant cette période de décroissance (ie le bonheur peut se trouver hors d’une société matérialiste en croissance perpétuelle mais on ne ferme pas totalement la porte à une croissance plus durable à long terme).
Sans cette possibilité de rebond qu’il faut laisser ouverte, la perspective de décroissance est plus difficilement acceptable car il y aurait trop peu d’espoir de se redevelopper.
Pour moi, ce n’est pas forcément un problème de ne pas repartir en croissance dans le futur mais je penses que c’est bloquant pour beaucoup de gens qui souhaitent vraiment voir l’humanité continuer de se développer, probablement à cause de l’imaginaire des films/romans/série de science-fiction qui nous sont vendus depuis longtemps (expansion infinie de l’humanité…) et qui sont maintenant totalement ancrés dans les mentalités (au passage, d’où l’importance de changer rapidement de paradigme, de récit et de revoir totalement l’imaginaire du futur de l’humanité).

Mais il y a également un point négatif sur la fusion qui n’est pas non plus directement évoqué:
Le développement de la fusion demande des investissements colossaux et des besoins de matériaux, de métiers très techniques, de constructions à des échelles massives, …
Dans un monde en décroissance où l’adaptation au changement, à la réparation des différents chocs, à la mise en place d’autres solutions tout aussi importante (réaménager le territoire sous un modèle durable pour retrouver de la résilience demandera déjà énormément d’investissements).
Est-on capable de maintenir ce effort de R&D et pensons nous vraiment qu’en 2080 nous serons toujours capable de construire et maintenir des installations nucléaires de haute technicité et dont les ordres de grandeurs sont probablement bien plus grands que les centrales à fission actuelle ?
(La taille de pièces d’ITER fait déjà vraiment peur, se dire qu’il faudra construire des centrales probablement plus grande et en grande quantité laisse assez perplexe)

Salut

Merci pour ta réponse détaillée et fort pertinente.
Pour rebondir sur tes 2 remarques :

  • Sur le rêve de rebond de croissance grâce à la fusion : comme dit dans le texte même avec la fusion ne serons bloqués dans notre croissance par le stock de ressource disponible sur Terre sauf à partir à la conquête du système solaire comme tu dis. Je rejoins totalement ton propos sur la nécessité de changer la paradigme de notre conception du futur. La jeune génération, qui a une conscience écologique beaucoup plus développée que nous au même âge reste malgré tout bloquée dans cet imaginaire fantasmatique d’expansion illimitée et nous l’entretenons… suffit de regarder l’engouement pour Thomas Pesquet en France…

  • Pour ta seconde remarque, je partage ton avis sur les difficultés d’ordre technique et d’ordre de grandeur. J’ai fait exprès de ne pas développer cette idée car je souhaitais surtout utiliser la fusion comme un prétexte pour parler de philosophie. C’est pour cela que je ne me suis pas étendu sur les considérations techniques.

Dis je me disais, pourquoi ne pas faire relire et modifier le texte par les shifters de la région BFC dont je fais partie et dont tu es le référent local ? ça pourrait être un travail de notre groupe que l’on pourrait ensuite soumette au reste de l’association ? C’est l’occasion de faire vivre le groupe local. T’en penses quoi ?

Je vais éviter de tomber en mode « la fusion va nous sauver », compte tenu des délais en effet on n’y est pas, par contre d’un pur point de vue technique il faut garder en tête qu’ITER n’incorpore pas les technos de supraconducteurs découvertes sauf erreur début des années 2000, qui permettent de faire des aimants beaucoup plus petits. Le design d’ITER a été conservé à l’époque car on était beaucoup trop avancés pour tout casser, mais si la fusion « marche », ce sera sans doute à terme avec des réacteurs beaucoup plus petits qu’ITER.

C’est tout de même le plus important sur la fusion. On parle tout de même d’un truc qui pourrait (conditionnel) fonctionner dans 50 ans, si tout se passe bien, et probablement plutôt 80 ans. La course ressemble donc bien à une course d’escargot, dont l’intérêt est tout relatif compte tenu des enjeux des prochaines décennies.

Bien évidement que l’homme utilisera la fusion lorsqu’elle sera disponible, hormis si on a mieux avant. :slight_smile:

Salut !

Je ne peux que te rejoindre sur l’importance de la faisabilité dans un délai acceptable… c’est pour cela que je vous ai précisé d’emblée dans mon poste que le texte que j’ai soumis à votre oeil critique ne parlait pas de cela…

En réalité je souhaitais utiliser la fusion (puisque les gens en parle en ce moment) comme prétexte. Le sujet du texte est : Comment l’Homme doit-il utiliser un outil quand il l’a a sa disposition ? C’est un sujet de philo, la fusion est un simple exemple.

Il est clair que l’Homme utilisera la fusion si c’est opportun au moment ou elle en aura l’occasion, la question soulevée est : de quelle manière conviendra-il de l’employer. C’est ça le sujet du texte.

Désolé si mon posté était pas clair…

2 J'aime

Juste pour répondre sur la question de publier ce texte au nom des shifters (qui n’est peut-etre pas le coeur de ce topic mais la question est posée) : normalement un shifter ne parle qu’en son nom propre. Cela ne veut pas dire que rien ne peut être publié au nom des shifters (il y a par exemple ShiftYourJob, le podcast et qq autres exemples) mais j’ai l’impression que c’est réservé à certains travaux de grandes ampleurs et jugés prioritaires (en disant cela je reste général je ne porte pas de jugement particulier sur la qualité du travail que tu viens d’effectué) puisqu’à la fin ça doit validé par le CA (cf Charte des shifters paragraphe I.b)
Je suppose que si ça devait un jour etre travaillé ça passerait certainement par un groupe thématique (sur l’électricité ou sur la philosophie ?) et effectivement pas mal de relecture et contributions/adaptations.
Ca n’empêche absolument pas de commencer par le diffuser et pouvoir échanger avec le plus de Shifters sur le sujet (en GL ou sur le Forum), vous verrez bien ensuite si c’est vraiment important que ce soit publié au nom des Shifters

1 J'aime

Merci pour ce partage Paul-Simon !

Comme l’a très bien dit Pascal, une publication au nom des Shifters doit passer par une validation du CA ; c’est quelque chose qui est difficile au vu de leur emploi du temps, donc on favorise la diffusion en nom propre (ce qui n’empêche pas de bosser dessus à plusieurs Shifters).
Une structure va être mise en place pour permettre des « projets autonomes encadrés » avec processus de validation pour pouvoir publier des documents au nom des Shifters, mais ce n’est pas encore près d’être opérationnel.