[Conseil] Bien comprendre le lien entre l'énergie et contexte socio-économique : NER / EROI / EROEI / TRE (taux de retour énergétique)

TRE = taux de retour énergétique
EROI = energy return on investments (en anglais)

Un nouveau Thread avec la version updaté du document sur un élément essentiel de la compréhension de comment fonctionne le monde.
2021-04-03 - TRE simplifié .pptx (883,9 Ko)

Pour bien comprendre un élément essentiel et éviter les fausses bonnes solutions.

En effet :
« L’énergie impose et la société dispose »

Un slide pour teaser un peu :wink:

Je vous conseille également vivement ces éléments-ci pour améliorer votre compréhension, avoir des arguments et appréhender un peu mieux le système complet :

Dans le cas où, vous penseriez "Qui c’est celui-là et avec quoi il vient? »

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As-tu lu le livre Energy and Civilization A History ?

440 pages où Vaclav Smil ne parle que de ces concepts appliqués à l’histoire humaine

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Hello! merci, très chouette ce ppt.
par contre je suis pas sûr de bien comprendre la slide que tu as mis sur ce post.
enfin je comprends la slide mais pas les chiffres indiqués, tu peux expliquer stp?

dernier point : dans la dernière slide qui explique le modèle, il faudrait pas ajouter une case « extraction des ressources? »
indépendamment de la production d’énergie, s’il faut plus de pétrole pour extraire la même quantité de cuivre, on aura moins de cuivre disponible…

Tout à fait d’accord … mais quand j’essaie d’expliquer que la culture c’est de l’énergie (donc source d’émission de CO2e ) , ça a du mal à passer … :wink:

C’est la production (en couleur) par secteur (en noir). C’est un exemple qui ne représente pas nos sociétés en UE hein :slight_smile: , c’est théorique pour voir le principe.

  • A gauche en bleu, 30% de la population produit 100 unités de biens (secteur secondaire) donc 5 unités sont nécessaires au travail du secteur primaire. Il reste donc 95 unités à répartir sur l’ensemble de la population.
  • A droite, comme une partie de la population a du être réquisitionnée pour assurer le besoin du secteur primaire (besoin incompressible), il n’y a plus que 20% de la population qui ne produit plus que 66 unités (2/3 et règle de trois) mais comme il faut 2x plus de gens dans le secteur primaire pour atteindre 100, il leur faut aussi 2x plus de biens pour le faire et 2x plus de services (orange). On a donc plus que 56 unités de biens à partager dans la population car le reste a été « consommer » par le procédé industriel.

c’est inclus dans la « production », énergie en fait également partie (cerclage de la même couleur) mais il a été sorti pour montrer la mécanique du système). Ce n’est que la version intermédiaire.

Oui tout à fait :+1: on rentre dans le mode analyse systémique temporelle, mais ici, c’est la version de simplifiée (faut attendre la formation)

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ok merci c’est beaucoup plus clair. ça mériterait des légendes pour expliquer je pense

bravo en tout cas

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Oui j’essayerai d’ajouter ça :slight_smile: :+1:

NER : net energy return
EROI : energy return on investment
EROEI : energy return on energy invested
TRE : taux de retour énergétique

@Norway ´une présentation intéressante qui utilise l EROI: https://www.locomotion-h2020.eu/wp-content/uploads/2021/06/LOCOMOTION_presentation-slides-EU-Green-Week-EEB.pdf

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Je n’ai pas trouvé mais j’ai ptet mal cherché. Le TRGES a-t-il déjà été évoqué : taux de remboursement de gaz à effet de serre ?

Exemple : un panneau solaire fabriqué en Chine :cn:, avec de électricité :zap:, d’une durée de vie de 25 ans.
Le panneau est vendu en France :fr: et le vendeur indique un retour énergétique sur 2 à 3 ans (avec l’ensoleillement français :sun_behind_small_cloud:). Cela donne un TRE de 25/3=8,3 à 25/2=12,5.
La Chine :cn: a un mix électrique 13 fois plus carboné que la France :fr:. On a donc un retour sur gaz à effet de serre sur 2x13= 26 à 3x13=39 ans. Ce panneau a donc un TRGES < 1 (entre 0,96 à 0,64). Ce qui est caca beurk.

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C’est pas exactement le bon fil de conversation mais le raisonnement est correct :+1:

Alors non, c’est le nucléaire qui est caca berk :wink:
Ici c’est une solution du futur pas cher, écologique dont la non pilotabilité lui a permis d’être nommée gastro-entérite pour rester dans le vocable fort sympathique de la scatologie.

J’aime quand c’est pas moi qui en parle (cf. compte de Jancovici sur Facebook)
:blush: :blush: :blush:

« Il reste des quantités astronomiques de pétrole sous nos pieds, qu’on n’arrivera jamais à épuiser ». Et pour cause, on n’ira jamais en chercher la majeure partie, parce qu’elle coute très cher à extraire, et surtout parce qu’elle ne représente que très peu d’intérêt énergétique : le Taux de Retour Energétique (TRE) est très bas. Difficile de soutenir notre civilisation avec ça.

Le pic de production de pétrole conventionnel (dont le TRE est élevé et nous permet de vivre comme on vit) a probablement été franchi au milieu des années 2000 (d’après l’AIE et nombreux observateurs). Et le déclin devrait s’accélérer significativement (notamment au regard des découvertes faméliques du début des années 2010 malgré des investissements conséquents dans l’exploration, puis le désinvestissement important des dernières années).

Il existe des milliers de milliards de barils de réserves non-conventionnelles :

  • huiles de schistes (ou pétrole de roche mère, shale oil), principalement produits aux Etats-Unis à ce jour (environ 8-10% de la production mondiale), toujours difficilement rentables, et présentant un TRE autour de 5.

  • sables bitumineux principalement produits au Canada (~3% de la production mondiale), avec un TRE stagnant autour de 4, et qui vient de prendre un coup sévère avec l’annulation du projet Keystone XL.

  • schistes bitumineux, production négligeable à ce jour, avec un TRE compris entre 1 et 2, voire potentiellement en-dessous de 1 (donc on dépenserait plus d’énergie qu’on n’en récolte : ça ne sert à rien)

Les schistes bitumineux (oil shale) sont un stade de maturation du kérogène encore moins avancé que le pétrole de roche mère. On a deux options pour les exploiter :

  1. attendre que la nature fasse le travail de maturation sur des dizaines de millions d’années, soumettant le kérogène à des températures et pressions croissantes par enfouissements sédimentaires, avant de migrer le liquide et le gaz, nous offrant ainsi gratuitement un trésor servant à la fois à nourrir 8 milliards de personnes et envoyer des milliardaires dans l’espace

  2. si on est hyper-pressés de tout cramer en quelques décennies, soumettre le kérogène à un processus très énergivore reproduisant rapidement le travail de la nature (notamment par une pyrolyse à 500 degrés)

On pourrait rajouter à cela le Coal-To-Liquid : du pétrole synthétisé à partir de charbon par le procédé Fischer-Tropsch. Cela a pu servir à l’Allemagne nazie sevrée de pétrole pour continuer à faire voler les avions de la Luftwaffe. Cela a pu servir au régime d’apartheid d’Afrique du Sud sous sanction et privé d’importations de pétrole. Mais avec un TRE de 2-3 (voire en-dessous de 1 comme observé à l’usine de Shenhua en Chine), on ne peut là non plus guère compter là-dessus pour soutenir nos modes de vie.

Sans parler du fait que tout cela serait aberrant sur le plan climatique, et que les investisseurs et les politiques auraient de plus en plus tendance à tourner le dos à ces « opportunités ».

https://westernresourceadvocates.org/…/assessment-of…/

En complément, le TRE du coal to liquid à l’usine de Shenhua :

https://energyskeptic.com/…/eroi-negative-for-coal-to…/

Une petite histoire du coal to liquid en Allemagne nazie et en Afrique du Sud sous l’apartheid (coal to liquid que l’auteur de cet article voit comme une formidable opportunité pour poursuivre sur le mode jemenfoutiste) :

https://slate.com/…/the-nazi-germany-apartheid-south…

(commenté et publié par C Farhangi)

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