Comment une seule vache contribue à une nourriture durable

Bonjour les Shifters,

Je suis tombé sur cette image :

Je n’ai aucune connaissance particulière sur le sujet, pourtant j’aimerais être capable de savoir ce qui est vrai, ce qui est faux et ce qui est à nuancer dans les chiffres et conclusions qu’elle présente. Je compte sur vous pour analyser, commenter, et partager des articles sur le sujet :slight_smile:

Merci d’avance !

Il y a eu récemment pas mal d’échanges sur le sujet de la viande ici, tu y trouveras certainement des éléments de réponse… Et des éléments pour relativiser les avantages et les inconvénients qui dépendent de beaucoup de paramètres et sont difficiles à résumer en « une vache moyenne »

Concernant ton doc, je n’ai que survolé mais je suppose que globalement rien n’est faux individuellement mais qu’il comporte des omissions qui font que les arguments ne sont pas valables.
Par exemple on dit que la vache peut manger des déchets d’autres industries agroalimentaires comme la pulpe d’agrumes mais est-ce vraiment 75% de son alimentation, par ailleurs ces autres industries agroalimentaires sont elles durables ? Il faudrait une description complète de ses apports, pareil pour la génération de carburant, quels sont les ordres de grandeurs et combien de méthane va dans l’air comme GES, que fait-on des veaux qui doivent naitre tous les ans pour que la vache puisse continuer de « produire » du lait, est-ce qu’on récupère vraiment toute la fertilisation possible et qu’est-ce que ça représente par rapport à son alimentation.

Au final je pense que cela présente les aspects positifs sans pour autant donner les ordres de grandeurs, les variations possibles selon les élevages ni montrer/comparer avec les aspects négatifs donc c’est à placer dans la manipulation quand bien même les éléments présentés sont probablement exacts et qu’il y a certainement des choses positives.

Élément de contexte : ce document est publié par un organisme irlandais, pays dont l’agriculture est en grosse partie consacrée au lait de vache. En tout cas dans ce document les ficelles sont trop grosses…

Plus sérieusement, un document intéressant à ce sujet :2263-Texte de l’article-10504-1-10-20180705.pdf (1,8 Mo)

concernant le sujet des emissions : Quel est le couplage de la production du lait de vache et de la viande (veau/boeuf)? Peut-on reduire l'un sans reduire l'autre? - #15 par SylvainP

Bon, je tente 2/3 arguments car ce genre de lobbying est vraiment abusif.

  • Calcium : tu en trouve également dans les végétaux.
  • Vitamine D : pas uniquement dans le lait également.
  • Santé des os : il n’est pas prouvé formellement que le lait apporte réellement des bienfaits, il semble qu’il n’y ai pas suffisamment d’études avec une méthodologie rigoureuse sur le sujet.
  • Pas totalement certains mais on doit peut-être pouvoir faire du compost avec les déchets plutôt que passer par une vache pour faire du fumier ?

  • Électricité et carburants : voir les sujets sur le TRE de la methanisation mais en règle générale l’intérêt peut rapidement être limité par les transports nécessaires, notamment pour les plus grandes unités, et les petites unités semblent peu efficientes. Et au pire, pas besoins de fumier pour les faire tourner (directement déchets végétaux, couverts végétaux, déchets de d’alimentation humaine, …)

Plein d’infos éparpillées dans ce sujet :

  • Globalement l’élevage demande beaucoup de surfaces que l’on pourrait réduire (jusqu’à un certain point) et faire de l’alimentation végétale à destination des hommes ou planter des forêts à la place.

  • Polution des eaux : example avec l’impact de la production de Comté :

Comme souvent, il faut rester dans une certaine nuance, on peut réduire la consommation de produits laitiers et cela aurait plein d’avantages, mais il pourrait aussi être contreproductif de viser à se passer totalement de l’élevage.
Donc il faut probablement promouvoir une réduction graduelle tout en incitant à améliorer les pratiques d’élevages (pas d’élevages intensifs, diversifier élevage/production végétaux pour la consommation humaine).
Bref, trouver le point d’équilibre entre santé humaine (on peut réduire la consommation de laitage sans trop de problème), utilisation des terres (on peut réduire les surfaces dédiées à l’élevage jusqu’à un certain point sans problème), emplois (changements graduels pour permettre une transition vers d’autres types d’agricultures), acceptabilité sociale (les changements d’habitude alimentaire demande de l’éducation, du temps pour être compris et accepté).

Hello,

Les 75% de l’alimentation qui ne sont pas consommables par l’être humain rejoignent la question du « producteur net de protéine » de cette discussion. Le problème, c’est que la construction est tautologique : « je produis de l’alimentation spécifiquement pour nourrir les animaux », en conséquence de quoi « une grande partie de cette alimentation n’est pas consommable par l’homme ». Logique, puisque ce n’est pas pour cela qu’elle a été produite… Exemple : je dédie une prairie à l’alimentation de ma vache et disons qu’elle ne se nourrit que dans la prairie. C’est sûr que je ne vais pas trouver énormément de calories pour vivre de cette prairie. En revanche, si je n’ai plus de vache et que je plante des patates dans ma prairie, c’est une toute autre histoire.
Donc comme le dit @PascalA, impossible de conclure sans les ordres de grandeur des différents apports.

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