Blackout - un risque systémique sous-estimé

Je conseille vivement que vous preniez connaissance des travaux de Grégoire Chambaz sur les risques de blackout:

En résumé: un blackout conduit à un effondrement en une semaine. Car pas d’électricité signifie plus d’eau, pas de communications, pas d’ordinateurs, pas de systèmes d’alarmes, pas de réfrigération, pas d’argent qui circule, … Rapidement tout devient desorganisé, la faim s’installe, a police est submergée, …

Or, un blackout a beaucoup plus de chance de survenir dans un système 100 EnR, de par son intermittence (que ce passe t’il s’il y a de longues périodes anticycloniques en hivers) et la complexité accrue.
C’est à mon avis un argument fort pour continuer avec le nucléaire.

Il est pas sous-estimé du tout. Les gestionnaires de réseaux électriques UE sont à fond dessus.
C’est pas parce que ça fait pas la une que c’est pas étudié et il est hautement improbable que ça fasse la une régulièrement.

Le nucléaire a des avantages certains et des désavantages évidents (en analyse système).

Comme dirait un pote « Quand un groupe a fait choix, tu peux mettre ton énergie à sauver les meubles ou à rediscuter le choix initial, les deux sont valables et ont des résultats finaux incertains ».

Ok, alors je précise : il est sous-estimé par certains développeurs de scénario 100% EnR , et par des politiques ou journalistes qui peuvent s’en inspirer.

J’ai donc bien raison d’avoir de quoi manger durant probablement 1 mois, un puit, un osmoseur (électrique), un groupe électrogène permettant notamment d’alimenter le congélateur, de l’argent en liquide …

Je fais de l’humour (enfin non car j’ai bien tout cela). A la campagne, ce n’est tout de même pas si exceptionnel d’avoir des coupures de courants durant un certains temps, pouvant aller même au delà de la semaine. On s’équipe & anticipe donc en conséquence pour avoir un minimum de résilience.
Bien évidement qu’une coupure sur la totalité du pays pendant 1 semaine posera plus de problèmes que des coupures localisées.
Mais, il faut tout de même pas trop en rajouter. Par ailleurs, ce n’est tout de même pas si compliqué que cela d’anticiper un minimum et de ne pas se retrouver à poil à la 1ère coupure électrique pendant quelques minutes.

Pour compléter mes propos.
En Suisse, Loi fédérale sur la protection de la population et sur la protection civile oblige toujours le propriétaire d’un logement à construire un abri et à l’équiper, ou à verser une contribution de remplacement.
Ca date de la guerre froide et avait donc pour objectif de protéger la population d’une guerre nucléaire. Ca m’étonnerait donc qu’un black-out électrique d’une semaine conduise à l’effondrement de la confédération Suisse.

https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2020/887/fr

L’auteur de l’étude est un professionnel suisse des risques systémiques, et il n’a pas ton avis. Je te suggère de lire le PDF que j’ai cité.

J’avais bien vu que le PDF concernait la Suisse. :slight_smile:

Ca ne me change rien pour moi. Si la Suisse et toute sa population s’est mis en ordre de marche pour survivre à une guerre atomique (dont les conséquences sont autrement plus catastrophiques), je serais très étonné qu’une coupure de courant conduise à un effondrement en 1 semaine.

Avec des abris équipés pour survivre à une guerre atomique pour toute la population, la faim ne peut pas s’installer en une semaine. Par ailleurs, les soldats Suisses conservant le fusil d’assaut à la maison, je serais tout autant étonné que le maintient de l’ordre soit aussi catastrophique au bout de seulement une semaine.
Idem pour les hôpitaux et bien d’autres choses. Si tu prévois de survivre à une frappe atomique, tu es capable de faire tourner les installations essentielles en mode dégradé sans réseau électrique.

Donc, les trucs qui peuvent survivre à une attaque nucléaire sont :

  1. les fourmis
  2. les blattes
  3. les scorpions
  4. les suisses

Conclusion :

  1. Le monde déclare la guerre à la suisse
  2. La Suisse dit qu’ils arrêtent leurs exportations de fromage, montres et comptes numérotés
  3. Le monde capitule et la suisse devient le centre du monde
  4. Le monde est protégé des attaques nucléaires
  5. les armes nucléaires disparaissent
  6. On fait des SMR avec les armes
  7. comme y a plus de guerre, on utilise l’énergie nucléaire pour éliminer les externalités
  8. Le monde est sauf ad vitam eternam et on est débarrassé de l’eurovision

#Jesors :innocent: :wink: :laughing:

J’ai reçu une réponse de Grégoire Chambaz. C’est une version d’un entretien non publié avec un organe de presse suisse.

Faut-il prendre au sérieux le risque d’effondrement ?

L’effondrement “rapide” d’une société, en quelques jours, est un processus complexe peu probable. Un tel scénario impliquerait des destructions massives et coordonnées d’infrastructures, de réseaux et de réserves critiques à l’échelle continentale. En revanche, un effondrement “lent”, notamment sur fond d’impacts convergents du changement climatique, de pénuries énergétiques et de dégradations environnementales, est un scénario concevable dans le futur.

Sur une autre échelle et de manière plus rapprochée dans le temps, les sociétés modernes sont exposées à un risque proche de l’effondrement : le blackout. Les sociétés actuelles sont interconnectées et donc beaucoup plus vulnérables. Aujourd’hui, par exemple, en cas d’attaques informatiques coordonnées ou de catastrophe climatique, l’Europe pourrait être plongée dans le noir. Or, sans électricité, la plupart des systèmes ne peuvent plus fonctionner. Ce risque met bien en évidence les vulnérabilité systémiques de nos sociétés.

A quoi ressemblerait un black-out en Suisse ?

Le blackout, avec les risques de pandémie et de crise financière, est considéré comme étant un des risques à court terme les plus importants pour la Suisse. L’Office fédéral de la protection de la population estime la probabilité d’un blackout de trois jours touchant un grand nombre de cantons à une fois tous les 40 ans. Une journée sans électricité provoque des perturbations et des angoisses majeures. Si l’aire touchée dépasse le périmètre régional et que des secours extérieurs ne peuvent pas être organisés, le risque devient majeur. À noter que les ménages suisses ont en moyenne trois jours de réserves alimentaires.

Au-delà de 5 à 7 jours, les dommages sont exponentiels et un possible redémarrage du réseau devient de plus en plus difficile. Les pertes économiques se chiffrent en plusieurs milliards de francs par jour. Et même si la Confédération a fait constituer des réserves stratégiques, l’acheminement des vivres sans coordination téléphonique ou électronique pose d’immenses défis.

La Suisse est-elle préparée au risque de black-out ?

Partiellement. La Confédération organise tous les quatre ans des exercices de conduite stratégique, dont les trois derniers ont intégré un scénario de blackout partiel. Ces exercices sont louables. En revanche, il est inquiétant qu’ils soient dimensionnés de manière à être “réussis” et qu’entre la moitié et deux tiers des recommandations post-exercices ne soient pas appliquées.

Sur un plan technique, le réseau à haute tension est vieillissant et doit être renouvelé. Le coût de cette opération est estimé entre plusieurs et une dizaine de milliards de francs. Injecter cette somme impliquerait de renoncer à financer d’autres projets ou secteurs (social, santé, formation, etc.) dont la légitimité politique à court terme dépend. Investir pour maintenir le statu quo dans la fourniture d’électricité n’est pas politiquement porteur. La temporalité des risques n’est pas celle du politique, dont l’horizon est limité à la réélection.

Pourtant la Suisse a une tradition de préparation très ancrée…

Le passé de préparation de la Suisse n’est pas une garantie d’une préparation actuelle adéquate. Lors de la guerre froide, les menaces étaient simples et tangibles : une invasion du pacte de Varsovie et/ou des frappes nucléaires / retombées radioactives. La Suisse s’y est graduellement préparée, les menaces étant constantes et perceptibles. Aujourd’hui, la plupart des menaces ne sont pas perçues par la population. La nature probabiliste des risques, sans intentionnalité, les rend intangibles, y compris pour une partie importante des responsables. La conscience de la vulnérabilité du pays a été lentement érodée par septante ans de « dividendes de la paix » et de prospérité croissante. Pour le plus grand nombre, la sécurité actuelle est considérée comme un donné. La vigilance qui pouvait prévaloir pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide a été remplacée par une ignorance de la réalité des risques et une arrogance sur la capacité de la Suisse à y faire face.

Les abris ne constituent-ils pas un bouclier solide ?

Les abris font partie de la mythologie de la défense suisse. Leur utilité est en réalité limitée. Leur fonction primaire était la protection contre des explosions nucléaires et les retombées radioactives. Aujourd’hui, les abris constituent principalement des lieux d’accueil en cas d’urgence mais ne sont généralement pas autonomes en énergie et en vivres. Les installations protégées de la Confédération sont bien mieux fournies et équipées. En revanche, leur utilité repose sur la présomption qu’en cas de problème majeur, les personnels continueront à venir travailler, même si leur famille est en danger. Ces réflexions en « best case scénario » sont structurellement insuffisantes.
Quelle solution préconisez-vous ?

La mise à l’agenda des risques et menaces est impérative. L’expérience indique que la contribution des autorités à un discours lucide sur les problématiques futures est essentielle. Ici, la revendication d’Extinction Rebellion “dire la vérité [sur les risques]”, bien que limitée au climat, est ici pertinente. Une exposition limitée aux risques est menaces pourrait être pertinente : c’est-à-dire suffisamment légère pour ne pas provoquer de dommages importants mais suffisamment marquante pour sensibiliser la population et mettre le traitement des risques à l’agenda politique. Ce concernant, selon une partie des spécialistes du blackout, une expérience d’interruption de courant « limitée » pourrait être nécessaire pour préparer le pays à un épisode de black-out majeur.

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:heavy_plus_sign:

:arrow_right: Tant que l’on ne vivra pas un black-out ou des conséquences radicales et tangibles par tous du réchauffement climatique, rien ne bougera. Seul les chocs ont la capacité de débloquer rapidement la prise de conscience des risques.

Ou vous voyez d’autres solutions :question:

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